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Volmunster, un village pôle, métamorphosé après la guerre de 39/45


Volmunster avec le  lotissement du Rebberg en arrière plan

En 1790, Volmunster est devenu commune et chef-lieu de canton. Le canton a été supprimé et rattaché à Bitche en 2014.
En 1851, Volmunster   comptait 1 250 habitants et de septembre 1939 à  mai 1945, aucun habitant. Au dernier recensement, la commune en comptait 802.
Volmunster, ancien chef lieu du canton, est formé du bourg et de deux annexes: Eschviller et Weiskirch et de trois écarts : les moulins de Weiskirch et d’Eschviller et la ferme de la Voie Lactée.
Située au Nord-Est de la Moselle,  la commune fait partie du pays découvert du Bitcherland, du canton de Bitche et de la communauté des communes du Pays de Bitche. Son ban a une superficie de 1 480 ha. Ses activités   rurales  disparaissent au profit d’une population ouvrière surtout frontalière.
Alors que les terrains sur les hauteurs sont de formation tertiaire  avec des couches argileuses très variées, les fonds de vallées sont un peu siliceuses, et le grès rose affleure au pied des versants.
Le climat est tempéré continental avec des hivers froids et humides et des étés chauds et orageux. Les écarts de température en été sont parfois très grands, variant de 10° à 35 °.  

La paroisse

Volmunster  était à l’origine une vaste paroisse


La tombe de Saint Pirmin, fondateur de l'abbaye de Hornbach

relevant de   l‘archiprêtré de Hornbach, jusqu’à la Révolution regroupant Eschviller, Weiskirch, Nousseviller, Dollenbach, Epping, Urbach et Ormersviller.  Le patronage de la paroisse fut attribué à l’abbaye de Herbitzheim par le dernier comte épiscopal de Metz, il passa au comté de Bitche en 1554.
Depuis 1802, la paroisse de Volmunster, érigée en chef-lieu d’archiprêtré,  comprend quatre annexes: 


La chapelle castrale d'Eschviller

Eschviller, Weiskirch, Nousseviller-lès-Bitche et Dollenbach. 


La chapelle de Weiskirch est dédiée à  la Visitation

L'archiprêtré de Volmunster a été rattaché à Bitche depuis le début du 21 ème siècle.


L'église Saint Pierre de Volmunster

Au fil des siècles

Des silex de l’époque néolithique (5 000 ans avant J.C) ont été trouvés sur le ban de Volmunster. La rue des Romains mène à l’emplacement d'une  villa gallo-romaine. Au 9 ème siècle, Volmunster fait partie du “Bliesgau” et de la centaine de Rimling. En 1150, notre village est cité comme village de la seigneurie de Bitche. En 1302, Volmunster passe aux comtes de  Zweibrücken, puis à ceux de Zweibrücken-Bitche. En 1570, au décès du comte de Zweibrücken, le village passe au comté de Hanau-Lichtenberg. En 1606, le comté de Bitche est rattaché au duché de Lorraine.
En 1618, c’est la guerre de Trente Ans, et en 1627, la peste ravage tout le Bitcherland. En 1633, les Suédois ont occupé la région et l'ont mises à feu et à sang. Il reste très peu d’habitants. La preuve, en 1681, il n’y eut qu’une seule naissance  pour une paroisse de quatre communes. Ce ne sera qu’à partir de 1681 que des habitants réapparaissent grâce aux fameux arrêts du Conseil d’état de 1681 et 1686 : les terres défrichées appartiennent paisiblement à ceux qui ont effectué le travail. Et très rapidement, des habitants viendront d’un peu partout pour peupler et défricher cette région. De nombreux habitants viendront du Tyrol et de Suisse. Le lieu-dit “Schwitzerberg”, actuelles rues du Presbytère et des Romains, rappelle cette origine.


Plan de Volmunster en 1756 (archives départementales) Les trois bassins à poissons alimentés par la Nesselbach appartiennent au châtelain (6)

En   1697, le duché de Lorraine est cédé par Louis XIV  à Léopold, duc de Lorraine qui s’efforce de faire repeupler la région. En 1753, on enregistre 20 naissances à Volmunster et 80 dans la paroisse. En 1789, Volmunster devient chef-lieu de canton. Dans le dictionnaire des communes du département de 1817, il est écrit: “Il est peu de cantons plus pauvres que celui-là.” et pourtant la population s’élève à 9 657 habitants.
En 1793, le duc de Brunswick qui a été battu le 20 septembre 1792 à Valmy, après avoir pris le camp retranché de Schweyen aux Français, a établi son 


Le château d'Eschviller au 18 ème siècle  

quartier général au château d’Eschviller. Dans la nuit du 16 au 17 novembre 1793, avec 1 800 hommes, il essaya de prendre la citadelle de Bitche avec la complicité de quelques Bitchois. Le coup de main échoua et le 18 novembre, le camp était à nouveau occupé par les Français. Dans leur fuite, ils ont emmené 36 otages dont quatre membres de la famille de Vitzhum, propriétaire du château d’Eschviller,  Jean Vogt, marchand de bois de Volmunster et  Pierre-Jean Sprunck, maire de Schweyen et administrateur du District de Bitche. Ce dernier a été également recherché par le Comité de salut public sous la Terreur pour avoir dénoncé la prise des Tuileries. Il a échappé à la guillotine, mais mourut en déportation en Allemagne et ce fut son fils qui le remplaça comme maire. D’autres sont revenus après 18 mois de captivité.
Le 2 août 1816, le juge de paix de Volmunster et les autorités municipales sont en opposition avec le curé qui fait établir les actes de décès et  qui fait inhumer là où il n'y a pas lieu de le faire...



Sur la carte d'EM. de 1833 la route de Bitche Deux-Ponts passe directement par Eschviller, Loutzviller et Schweyen. Ce n'était qu'un chemin de terre disparu avec le remembrement.


Guerre de 1970

Suite à la défaite en 1871, les députés français votent le 1er mars 1871, la cession de l’Alsace- Moselle par 546 voix pour et 170 contre et 23 abstentions. Les 35 députés des territoires cédés quittent la séance.  En Alsace Moselle ce vote est perçu comme un abandon de la France.

Par le traité de Francfort du 10 mai 1871, la Moselle est  abandonnée par la France à l’Allemagne. En novembre 1918, les troupes françaises font leur entrée à Volmunster qui revient à sa mère patrie. Ce sera par le traité de Versailles du 28 juin 1919 que les habitants deviendront français en se faisant inscrire sur le registre de réintégration à la mairie. Tout Mosellan dont le père était né avant le 11 novembre 1918 a dû présenter un extrait du registre de réintégration pour avoir un certificat de nationalité française. Ce document était demandé à ceux qui voulaient devenir fonctionnaires et avoir une carte d'identité française.


Volmunster avant 1939
                                                                                  La deuxième guerre mondiale.

D’après de nombreux avis, Volmunster avec les 17 autres communes rattachées au camp de Bitche en novembre 1940 ont été sûrement celles qui ont le plus souffert pendant la dernière guerre.
Faisons rapidement l’historique de cette période:


Départ en wagon à bestiaux pour Sigogne

- le 1er septembre 1939, les habitants sont évacués et arrivent le 13 à Sigogne en Charente
- le 10 octobre 1940, ils sont rapatriés en Moselle et arrivent le 13 à Sarrebourg. On leur interdit de retourner à Volmunster, mais la plupart y retournent sans autorisation. Plusieurs familles conseillées par le curé Humbert, restent en Charente jusque fin avril 1946.
- le 11 novembre 1940, ceux qui sont rentrés sont spoliés,  expulsés, transplantés de force dans le sud du département de la Moselle ou la région messine où ils deviendront “Siedler”. 9 400 habitants de 18 communes du  Bitcherland subissent le même sort.
- de septembre  à mars  1944  ils sont tous dans la tourmente de la guerre, certains sont évacués et perdent  à nouveau leurs biens.


Plaque commémorative  apposée sur le mur de l'église

- le 16 mars 1945, Volmunster, village fantôme depuis cinq ans sera libéré par l’Armée américaine, mais les Volmunstérois ne peuvent pas rentrer au pays, car la plupart des maisons sont détruites.
- ce qui n'est pas apprécié à la libération, c'est le taux de change appliqué. La population ressent  cela  comme une brimade d'autant plus forte que le taux de change du Mark a été fixé à 15 Francs par l'arrêté préfectoral du 18 novembre 1944 alors qu'il était à 20 Francs pendant l'annexion et a occasionné une perte certaine pour des réfugiés
- alors que la Moselle est le département le plus spolié de France, la partie du Bitcherland occupée par le camp de Bitche est le plus spolié de la Moselle. Il ne restait plus rien dans les maisons dont près de 90% ont été détruites ou endommagées en partie



Photo Marcel Pierron 
A l'arrière plan, on voit l'église de Volmunster entièrement détruite


Pour le courage et la fidélité à la mère-patrie de ses habitants, Volmunster sera cité le 11 novembre 1948 à l’ordre de la Brigade :
Commune de Lorraine dont la population évacuée en septembre 1939, n’a réintégré son village en ruines qu’après la Libération, n’avait cessé durant les années d’exil de manifester son attachement à la France. Compte six de ses enfants tués, un blessé et deux déportés.
Durement éprouvée par les combats qui ont été livrés sur son territoire est sinistrée à 62 %,
A supporté toutes ses épreuves avec courage et patriotisme”.
Cette citation comporte l’attribution de la Croix de guerre avec Etoile de Bronze.

Le retour au pays

La majorité n'est revenue qu’en 1946, lorsque les baraquements ont pu  les accueillir. Dans la rue du stade, ont été implantées la majorité des



Baraquements installés dans la rue Emile Gentil

baraques, et ce sera le “Barakeviertel”.
Ils recommencent tous à zéro dans le dénuement total, ils ne peuvent pas tout de suite aller dans les champs, il faut d’abord que les prisonniers de guerre déminent. Ils sont   logés dans l’ancienne école, rue du Hausberg et seront seulement  libérés en 1948.  Le culte a été célébré dans une construction en bois jusqu'en 1960, implantée dans la   rue de Sarreguemines.

La reconstruction

Après la mise en place des baraquements, des entreprises sont chargées de raser les maisons détruites à 100 % et réparer là où c'est possible. 
C'est ainsi qu'en 1948, quand on traversait le village, on voyait de grands tas de pierres à la place des maisons détruites, des baraques, quelques maisons réparées. Tous les habitants ont dû  établir des dossiers de dommages de guerre immobiliers et mobiliers, afin d'être indemnisés. 
Le ministère de la Reconstruction et de l'Urbanisme, couramment appelé MRU, est le ministère, créé en octobre 1944 par le Gouvernement provisoire de la République française  du Général de Gaulle pour s'occuper de la reconstruction. Comme le centre du village est détruit à 90 %, l'Etat propose de raser toutes les maisons,



Plan du centre de Volmunster en 1946, en pointillé sont les maisons entièrement détruites, les autres sont soit endommagées ou intactes.

et de reconstruire après avoir réalisé un remembrement. Il propose  d'élargir les rues, de construire des maisons ou des fermes individuelles non mitoyennes à cause des incendies. C'est ainsi que la rue de Sarreguemines est prolongée jusqu'à la rue de Bitche. 


L'entrée de la Place de la mairie

Grâce au remembrement, la place de la mairie a été créée avec  une nouvelle école-mairie, la caserne  des sapeurs-pompiers. des magasins et un café. Les abreuvoirs sont supprimés et le réseau d'eau potable est posé.
A Volmunster où la majorité des maisons ont été détruites détruites, la reconstruction s'est terminée en 1960 par la construction de l’église Saint- Pierre.
Pour régler tous les problèmes de reconstruction  Antoine Schaff, maire et Nicolas Faber, conseiller général se sont rendus une fois par semaine à Metz

Jumelage Volmunster-Sigogne




En 1981,  Joseph Sprunck de l’Ecole Adolphe Yvon fait réaliser une enquête par ses élèves qui interrogent les  anciens sur la guerre de 39-45 où toute la commune a été évacuée en 1939. A la suite de cette enquête, les élèves veulent mieux connaître ce village de Sigogne en Charente. La correspondance scolaire  entre la classe des cours-moyens de Volmunster et de Sigogne est mise en place. 


Accueil solennel des Sigognais à la salle Sainte- Barbe (La présidente du comité de jumelage de Sigogne, Micheline Jankowski (veste blanche), Jean Philippe Roy, maire de Sigogne (chemise bleue)Jean Seibert, Maire de Volmunster (chemise blanche)  
Aux vacances de Pâques, Alain Blanc, directeur d’école à Sigogne, rend visite à son collègue de Volmunster. Pendant les grandes vacances, l’abbé René Germanaud, curé de Sigogne, rend visite à l’abbé Marcel Rostoucher, curé de Volmunster

 Alain Blanc et Joseph Sprunck lors de la rencontre en 1989, cinquantième anniversaire de l'exode et 200 ème anniversaire de la révolution


Alain Blanc invite Joseph Sprunck invite à venir avec ses élèves de Volmunster à Sigogne  pour un séjour de cinq jours à Sigogne. Le 19 avril 1983, un autocar avec les élèves du cours moyen de Joseph Sprunck et ceux du cours préparatoire de Sr Marie-Claire Schwartz. Il sont accompagnés de quelques adultes ayant  des attaches à Sigogne. Jean Seibert, maire, et Lucien Paltz, premier adjoint, rejoignent Sigogne en voiture particulière.  L’accueil fut très chaleureux et émouvant. Un journal charentais  écrivait:   

"Cette délégation de Volmunster tenait “à donner à leur démarche collective quarante trois ans après, un aspect pèlerinageCharentais et Lorrains se retrouvaient donc dans l’église de Sigogne pour se souvenir, pour offrir les épreuves passées en demandant la paix, pour penser à ceux qui nous ont quittés.  Dans la salle de Foussignac, trop petite ce soir-là, les enfants et leurs maîtres ont fait connaître leur pays et son histoire, mais surtout sa volonté de reconstruire courageusement une cité très vivante. Quel bel exemple  de bonne entente, de dynamisme et de discipline.  Quand vous viendrez chez nous, vous ne serez plus des réfugiés, quand nous irons chez vous, nous ne serons pas des étrangers.” Durant les grandes vacances, de nombreux Sigognais vinrent rendre visite à leurs amis lorrains, et depuis cela continue.  

Les moulins

Quatre moulins sont situés sur la Schwalb qui prend sa source au nord de Lemberg et se jette dans la Horn à Hornbach. Elle a exactement 26 km de long et alimentait avant guerre 16 moulins, dont quatre sont situés sur le ban de Volmunster. 
 Le premier  est celui de Weiskirch qui fonctionnait grâce à deux roues à aubes, entraînées par le courant de la Schwalb. Le canal avait été creusé uniquement pour réguler la hauteur de l’eau.
Le second est la Oligmuhle, moulin à huile, qui fournissait dès 1913 l’électricité au village avant  la construction de la ligne électrique en 1928. Ce fut Jean Schaff, que tout le monde connaissait encore après guerre, qui avait aménagé cette petite usine électrique.  

Le moulin artisanal Arnet


MarieThérèse Arnet fabrique des nouilles pendant que son mari André Arnet, le meunier, explique le fonctionnement aux visiteurs

Le  troisième moulin   est tenu par André Arnet. Il  est l’un des quatre derniers moulins de farine de Moselle en activité. Son grand-père l’avait acheté en 1901. Spolié par les Allemands en 1940, puis entièrement détruit, il a été reconstruit de 1949 à 1951. C'est l'eau généreuse de la Schwalb qui fait tourner la turbine, mais l'électricité vient en aide en cas de manque d’eau.  Ses ancêtres possédaient à l’origine un moulin à Guiderkirch, qui était entraîné par une roue à godets. La roue à aubes sera remplacée lors de la reconstruction par une turbine horizontale.  
Depuis qu’André Arnet a repris la gestion du Moulin de Volmunster, le 1er janvier 1980, son moulin artisanal a été modernisé afin de répondre à une clientèle de plus en plus nombreuse et exigeante. C’est à la suite de la suppression en 1987 de l’échange de blé farine  avec les paysans qu’il a créé des tournées dans  53 communes de la  région et il est devenu le fournisseur de huit boulangers.  Grâce à cela, sa vente a augmenté et une nouvelle demande s’est fait sentir: les pâtes de la meunière. Grâce au dynamisme de son épouse Marie-Thérèse, il  a créé en 2015 un laboratoire pour produire les nouilles «Bien de chez nous» et le 15 juillet 2016, il a ouvert un magasin  où il vend non seulement la farine et des pâtes, mais aussi d’autres produits du terroir de la région. 
Actuellement c’est son fils Fabrice qui s’occupe de la ferme et son deuxième fils Jean-François l’aide au moulin. 

Le Moulin d’Eschviller 

Le quatrième est  surtout connu par les touristes: le Moulin d’Eschviller, dont nous connaissons exactement l’historique grâce au livre écrit par Antoine Schleininger.
Le bâtiment reconstruit en 1979, abrite :
-  une auberge
-  un hébergement
-  des salles de réunion
-  le moulin à farine


Le blutoir et le moulin à grains

-  la scierie


Le guide Bruno Perali met la scie à haut fer en marche 

-  le rucher pédagogique
-  le sentier nature et patrimoine
-  le verger de démonstration


Le site du Moulin d'Eschviller accueille actuellement environ 10 000 touristes par an. Le visiteur est toujours accueilli par un animateur-guide bénévole qui met le moulin en marche et  produit de la farine devant tous les visiteurs. 


La roue à eau Poncelet a des aubes courbes.

Les grains de blé sont broyés par deux meules actionnées par une grande roue à aubes de 5,2 m de diamètre, développant une force de 8 chevaux-vapeur. A l’intérieur de la salle d’exposition, chaque visiteur découvre la fabrication de la farine et l’historique des moulins à grains avec une exposition sur le grain et le pain. 
La scierie se visite également. Le guide met les scies en marche pour les visiteurs. 


Le verger de démonstration


Trois arboriculteurs en train de tailler

A flanc de coteau, sur le versant sud, de la vallée du ruisseau  Trubach, un verger de démonstration  y a été aménagé par le District de Volmunster en partenariat avec l’Union Départementale des Arboriculteurs. Il est géré par les arboriculteurs  du moulin d'Eschviller. L’action vise à sensibiliser les jeunes à l’arboriculture en leur apprenant à planter, soigner et tailler un arbre. Les élèves sont également sensibilisés à l'arboriculture.

Les ruchers pédagogique et école




Les ruchers pédagogique et école sont très intéressants à visiter, ils servent également à former de nouveaux apiculteurs. Lors des ateliers,  les élèves visitent d'abord le rucher pédagogique. 
Grâce à une vidéo-projection, le fonctionnement de la ruche et la vie des abeilles leur sont présentés. Ils y font connaissance des techniques et des outils de l’apiculteur. 

Le site du Moulin d'Eschviller 


La scierie  et le moulin

Le site est ouvert les samedis et dimanches de 14 h 30 à 18 h du 1er avril au 30 juin et du 1er septembre au premier novembre. Pendant les vacances d’été, il est ouvert tous les après-midis de 14 h30 à 18  h, sauf le lundi.
 Il est conseillé aux groupes de réserver à l’accueil du moulin au 03 87 96 76 40. Le grenier avec son préau  peut recevoir 100 personnes pour tirer le repas du sac.
Ainsi le visiteur peut découvrir les deux principales  usines  hydrauliques depuis le 18ème siècle par l’eau généreuse de la Schwalb,   16 moulins y étaient implantés ainsi que  deux scieries.
Ce développement du site du moulin d’Eschviller sera à l’origine de nombreux emplois. Grâce aux salles de réunion mises à disposition par la communauté des communes, de nombreuses associations y sont nées et ont permis aux artisans et commerçants de se regrouper, aux produits du terroir de se développer et de se faire connaître. 
Grâce aux fêtes des saveurs, la fête de la pomme et la fête des fleurs, les producteurs  et les spécialités culinaires locales sont mis à l'honneur.
A partir du site partent trois sentiers balisés par le Club vosgien, l'un vers Volmunster, un deuxième vers la chapelle Saint-Joseph et le troisième vers Hornbach

La jumenterie laitière de la Voie lactée.




Les juments et leurs poulains (race haflinger)

En 1990, dans le cadre d’une valorisation du site du moulin d’Eschviller et de ses richesses florales, une jumenterie laitière de 70 chevaux s’est implantée sur le versant de la Schwalb. Cette ferme est basée sur l’agriculture biodynamique. Dans le respect des règles de cette dernière qu’est élaboré le lait de jument JUMVOILAC, un complément naturel d’exception, un lait qui se rapproche le plus du lait  maternel humain, et qui doit sa haute valeur biologique à sa richesse exceptionnelle de plus de 40 nutriments, dont les principaux composants sont : les acides aminés, les immunoglobulines qui jouent un rôle essentiel dans le maintien du potentiel immunitaire, les enzymes et diastases qui ralentissent le vieillissement de la peau. Ses ferments permettent la régénération de la flore intestinale.

Vallée de la Schwalb.

Le site du moulin d’Eschviller est un lieu privilégié grâce à la présence de  quatre éléments que sont l’eau, la forêt, les paysages et l’air pur.
Les groupes, qui visitent, font également une courte incursion dans la vallée de la Schwalb, gérée écologiquement grâce  aux bovins des Highlands, qui entretiennent  la vallée du Moulin d’Eschviller à Volmunster. Appelés communément “poilus cornus”, ils broutent aussi bien la bonne herbe   que les mauvaises, tel le pétasite, plante ressemblant à de la rhubarbe sauvage, poussant en colonies dans des terrains humides  ombragés et non siliceux. Il fleurit au mois de mars, puis ses feuilles poussent et atteignent deux mètres de haut étouffant l’herbe. Il a la particularité d’avoir des fleurs femelles et mâles. On l’appelle également “le chapeau du diable”. Seules les orties et les reines  des prés réussissent à ne pas se laisser étouffer par lui. Grâce à cette gestion écologique, le lit supérieur de la Schwalb en aval de Volmunster est entretenu, et évite ainsi de nombreuses crues en périodes de fortes pluies.


Visite guidée du circuit botanique

Dans ce paysage exceptionnel,   un circuit botanique a été mis sur pied, permettant de faire découvrir la flore et les nombreuses essences d’arbres de la forêt toute proche, à l’orée de laquelle jaillit une source intarissable appelée : ”Walbrunnen”. Les nombreux porte-bois ou tricoptères à fourreau et les gammares qui s’y développent donnent au passant l’assurance d’une eau potable. Le cresson de fontaine profite également de cette eau limpide pour s’y développer. Avant guerre, les ménagères de Volmunster venaient le cueillir pour le servir en salade dès le mois de mars. Dans le bassin, près de la source Walbrunnen vivent des épinoches qui meurent dans les eaux polluées, et c’est là que les “poilus cornus” viennent se baigner. Près du sentier en direction  de Brenschelbach,  l'eau d'une


Deux hihgland Cattle  s'abreuvent à la source artésienne
source artésienne qui donne naissance à  un petit ruisseau.

Culte catholique

Volmunster formait jadis une vaste paroisse relevant de la paroisse de Hornbach jusqu’en 1802, date à laquelle Volmunster est érigé en archiprêtré (Epping, Urbach et Ormersviller y étaient encore rattachés avant cette date). Le patronage (droit de nommer le curé) fut donné à l’abbaye de Herbitzheim en 1275, puis au comte de Bitche en 1554.
L’église trop petite fut interdite en 1782, puis agrandie. Détruite pendant la dernière guerre, elle fut reconstruite en 1957, et consacrée en 1960 par Mgr Paul Joseph Schmitt, évêque de Metz. Elle est dédiée à Saint Pierre.

La nouvelle  église


Construite de 1957 à 1960, à l’emplacement de l’ancienne, entièrement détruite lors de la dernière guerre. Après les vitraux mis en place en 1966, une tapisserie au point Gobelin a été réalisée en 1992 par .une quinzaine de femmes, d'après un carton de Jean-François Favre. Cette tapisserie de 15 m2 raconte l'histoire de Saint-Pierre.


Après la tapisserie de 1992, Jean-François Favre a dessiné le carton de la mosaïque de 70 m2 qui frappe l’oeil du visiteur au-dessus du portail d’entrée. En 1996, Michèle Massiou a décoré le fronton de l'église avec pâte de verre multicolore qui   composent les “tesselles”.
Saint Pierre qui y figure en marin-pêcheur et son bras levé invite à le suivre dans l’aventure de l’évangélisation des peuples. Il est accompagné par les deux grands évangélisateurs du Bitcherland Saint Bernard et Saint Pirmin.   
Saint Pirmin a fondé l’abbaye bénédictine de Hornbach, située à 5 km de Volmunster en Allemagne.
Saint Bernard de Clairvaux a  fondé l’abbaye cistercienne de Sturzelbronn près de Bitche
Leurs moines apportèrent la bonne nouvelle de l’évangile dans toute la région.


La tapisserie raconte la vie de Saint-Pierre  

Les chapelles 

La chapelle castrale d’Eschviller, appartient à la Fabrique de l’église. Elle est dédiée  à la Présentation. Les quatre vitraux, représentant les apparitions de la Vierge ont été terminés  en 1996.
La chapelle de Weiskirch est dédiée à la Visitation. Lors des travaux d’assainissement, un trésor important de pièces de monnaies anciennes fut découvert et remis au musée historique de Bitche.
Un oratoire appelé “Bildgärtel” a été érigé à la rue de Bitche.
Dans les deux chapelles, on retrouve les deux autels latéraux de l'église paroissiale avant 1939. Ils ont été récupérés après la guerre en Allemagne. 


Les écoles

Elle n'a été rouverte que le 16 janvier 1946 par  André Schutz, alors que la guerre est terminée depuis près de 20 mois.  Ensuite les écoles de Weiskirch et d'Eschviller ont été ouvertes, mais faute d'effectifs suffisants, elles toutes deux été rattachées à l'école Adolphe Yvon. Depuis 1975, l’école Adolphe de Volmunster fonctionne sous forme d’un regroupement pédagogique. Avec la baisse des effectifs, les communes de Nousseviller-lès-Bitche et Loutzviller, puis Lengelsheim, Breidenbach et Schweyen en 2018 y  ont été rattachées. Trois classes primaires et deux maternelles fonctionnent actuellement. 


L'école maternelle le Petit Prince

L’école maternelle ne sera ouverte qu’à Pâques 1972 avec une classe unique, mais avec le développement du  quartier du Rebberg, une deuxième classe ouvrira en 1980. L’école de Weiskirch, fermée en 1994, sera transformée en centre de tri postal cantonal en février 1996. Le 1er janvier 2016 la classe d'Eschviller  a été rattachée à l'école Adolphe Yvon. Depuis  la rentrée 2017, les enfants scolarisés sont accueillis de 7 h à 8 h 30, de 11 h 40 à 13 h 30, de 15 h 45 à 17 h ou 19 h au périscolaire.


Au périscolaire, les enfants peuvent également se  se restaurer. 

Les élèves qui le désirent peuvent y déjeuner à midi. Pour beaucoup de parents qui travaillent, cette ouverture a permis  de faire garder les enfants avant et après l’école et de pouvoir déjeuner à midi dans les mêmes locaux  qui sont modernes et fonctionnels. Suite à ce nouveau fonctionnement, le transport scolaire a été supprimé entre midi.

Activités dans le village.

Les habitants ont encore plusieurs services de proximité, gendarmerie, poste, antenne des services de l’Equipement,  centre d’interventions, pharmacie,   un dentiste, un cabinet de chiropractie, deux cabinets d’infirmiers, un cabinet de kinésithérapie, une banque,  une boucherie, une boulangerie avec un salon de pâtisserie, une supérette avec un dépôt des presse, trois restaurants, un salon de coiffure, un garagiste, un atelier de machines agricoles,  plusieurs artisans en peinture, arts ménagers,  sanitaires, chauffage, maçonnerie.  

Associations.

Pratiquement toutes les associations se sont regroupées dans l’Intersociété : les deux plus importantes sont l’Association Sportive de Volmunster qui a fait une fusion avec Schorbach et Hottviller et le Colimaçon, Foyer de Jeunes de Volmunster.  Lequel regroupe de très nombreuses sections (tennis de table, gymnastique, Zumba, chi gong, yoga, badminton,  club ados, centre aéré, randonnée pédestre, jeux de société,   mercredis et samedis récréatifs).


Le Colimaçon a surtout été financé par le Foyer de Jeunes  

Les autres associations sont également très actives: la chorale Saint-Pierre qui regroupe des choristes d’Ormersviller et de Volmunster, la société de pêche qui gère les poissons de la Schwalb, le club de l’Age d’or qui regroupe toutes les personnes âgées d'Eschviller, Nousseviller, Volmunster et Weiskirch,   la section des vétérans qui comprend tous les anciens joueurs de football et la troupe de théâtre,


Nouvelle caserne sapeurs pompiers inaugurée en 2015
l’amicale des sapeurs-pompiers du Centre d’intervention du secteur de Volmunster, le club d’épargne “Sans soucis” et celui des Copains  l’association des Amis du Moulin, celles des arboriculteurs et des apiculteurs qui animent le Moulin d’Eschviller, Eschviller Plus qui organise des fêtes pour financer l’embellissement de leur village.


La salle Emile Gentil après sa rénovation et son agrandissement

Les associations  réunies en Intersociété et la commune ont investi 1 000 000 F dans la construction de la Salle Emile Gentil en 1982. C’est l’Intersociété qui la gère et qui prend presque tous les frais de fonctionnement à sa charge.
Dans cette salle, le Foyer de Jeunes “Le Colimaçon” organise un grand bal masqué le samedi soir à 20 h précédant le Mardi-Gras. Ce bal est la plus grande manifestation carnavalesque du Bitcherland depuis 1974. 100 personnes sont mobilisées pour faire le service. Il est animé par l’orchestre Les Chalax.
Le Colimaçon, animant des sections de centre aéré, samedis et mercredis récréatifs, Zumba, Chi gong, yoga, gymnastique, jeux de société pour enfants, s’est construit une salle spécifique appelée: “Le Colimaçon”.   Une animatrice engagée à mi-temps s’occupe des centres aérés;  des mercredis et samedis récréatifs.
Joseph Antoine Sprunck

12 février 2019
Sources: 
- L'arrondissement de Sarreguemines de Joseph Rohr
- Thèse de Bernard Meddahi 
- archives personnelles
- archives départementales
- archives  communales
- Les photos sont de l'auteur sauf celles qui sont mentionnées dans le texte.



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Reichsarbeitsdienst

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Hans Schmidt militaire

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Triste réouverture de l’école de Volmunster en 1946

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André Schutz (1), conseiller Pédagogique à la retraite, qui a ouvert l’école de Volmunster le lundi 16 janvier 1946, exactement 10 mois après la libération de la Commune par les Américains. Il faut se rappeler que Volmunster était inhabité depuis le 1er septembre 1939, date à laquelle la population a été évacuée en Charente. Puis ceux qui sont revenus en septembre 1940 ont été expulsés dans le Saulnois et la Pays messin par l’administration militaire qui a agrandi le camp militaire de Bitche et expulsant les habitants de treize communesdu canton de Volmunster et cinq de celui de Bitche. C’étaient les migrants de la deux…