Lors de rédaction du livre "Ormersviller, au fil des siècles" en 1995, Antoinette Fuss, 67 ans, enseignante retraitée originaire d'Ormersviller, m'a adressé ce texte poignant afin que je le publie. Préparation de l'évacuation Ma grand-mère Marie Neu, née Vogel voit le jour en 1870 à Ormersviller où elle passe toute sa vie dans ce petit village, situé sur la frontière sarroise au Bitcherland. Tous les villageois parlent le dialecte francique, leur langue maternelle. Très peu savent le français. Justement, notre grand-mère est née française en 1870, mais comme les Allemands gagnent la guerre, jusqu'en 1918 la Moselle est allemande, et évidemment, c'est cette langue qui est apprise à l'école. Ma mère Clotilde, son 3ème enfant, née en 1901 n'étudie que l'allemand, mais en 1918, à la fin de la grande guerre, elle suivi des cours d'adultes en français, dispensés par l'instituteur du village. Ma soeur jumelle Elisabeth-Charlotte, appel...
" Il n’y pas d’amis, d’épouses, de pères et de frères que dans la Patrie. L'exilé partout est seul . " Lamenais. L’évacuation. En septembre 1939, la population de notre région frontalière a vécu l'une des pages les plus dramatiques de son histoire : l'évacuation. La préparation du plan avait débuté aussitôt après la première guerre mondiale, et l'ensemble des mesures seront tenues secrètes jusqu'au dernier moment, afin de ne pas alerter la population civile. Ainsi tout, ou presque, était prévu depuis 1922. André Maginot, ministre de la guerre, avait signé le 11 février1922 une première instruction provisoire sur la protection individuelle contre les bombardements aériens des populations des villes, des gares et des usines du territoire national. C'est la première instruction recensée. Le principe de l'élaboration du plan de protection est lancé. Au fil des années, le champ des préoccupations va évoluer vers une protection totale des ressources et...