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Témoignage d'un appelé sur la guerre d’Algérie de 1962-1963


 Il y a 57 ans, je ne me promenais pas au Bitcherland, mais j’étais en Algérie avec 400 000 autres appelés pour combattre les Fellagas et l’OAS. C’était pour le maintien de l’ordre, mais en réalité c’était une guerre qui a duré de 1954 à 1962. Elle a opposé l'armée française à des insurgés nationalistes algériens regroupés dans l'ALN (Armée de libération nationale) encadrée par le FLN (Front de libération nationale). 
En Algérie, quatre départements français, les indigènes n’avaient pas les mêmes droits que les Européens. Comme l’injustice mène toujours à la révolte, la première commença à Sétif et à Souk-Arhas le 8 mai 1945, et  le 1er novembre 1954, tous les opposants  créent le FLN et commencent à commettre des attentats. En février 1956, les appelés partent pour l’Algérie pour le maintien de l’ordre  . Le 19 mars 1962 à midi, c’est le cessez le feu, le 3 juillet 1962,  c’est l’indépendance suite au référendum. Et le service militaire est à nouveau ramené à 18 mois, et c’est le rapatriement  d’une partie de l’armée française. Durant cette guerre d’Algérie plus de 25 000 militaires ont été tués et 65 000 furent blessés. Après le cessez le feu de nombreux militaires ont été enlevés et ont  été portés disparus. Du côté algérien, les morts furent également nombreux. 

Appelé

Le 1 er septembre 1961, je suis appelé sous les drapeaux à Verdun au 164 R.I. pour 27 mois, mais grâce à la fin de la guerre en 1962, je suis libéré au bout de 18 mois.
Le premier  jour, chacun passe chez le coiffeur qui coupe les cheveux comme s’il tondait un mouton, cela ne dure que trois minutes. Chacun touche son paquetage, des habits qui ne sont pas tous à notre taille, les chaussures sont des brodequins cloutés et des guêtres comme en 1939/1940.

Ma section au 16/4 à Verdun, on porte des brodequins et des guêtres en toile.

Durant les classes, j'ai fait le CA1. Pendant ces 4 mois j'ai découvert les champs de bataille où mon père a combattu en tant que Malgré nous lors de la première guerre mondiale. Les combats y étaient rudes, de plus avec une nourriture insuffisante, il  a beaucoup souffert de la faim, du froid, de la vie dans les tranchées… 


Un bivouac près du fort de Douaumont en décembre 1962

Désigné d’office

Le 20 décembre 1962, je me retrouve sur la liste de ceux qui doivent rejoindre l’Algérie. Etaient dispensés d’y aller: ceux qui n’ont  pas supporté les piqûres, ceux dont un membre de la famille était mort à la  guerre ou ceux qui sont indispensables pour l’entretien des casernes. En somme, la très grande majorité des appelés du contingent était destinée à participer à la guerre d’Algérie.  Quand je rentre en permission de détente, j’en informe mes parents et mes frères et sœurs, tout le monde pleure, et particulièrement ma mère, pour qui c’est la quatrième guerre.  Mon père, né en 1896, est mobilisé dans l’armée allemande  en 1916. Après ses classes, il est de suite affecté à Sedan, puis à Verdun, en 1918, il est fait prisonnier par les Anglais qui ne sont pas très tendres avec les Allemands.  En captivité, il est tombé malade, c’est une pneumonie qui a été mal  soignée. Il en portera les séquelles durant toute sa vie.  Fin août 1939, il est mobilisé à Dieuze. A Noël 1939, il est renvoyé dans ses foyers, car il est père de cinq enfants
En février 1944, durant notre expulsion à Manhoué, mon frère René, âgé de 17 ans, malgré nous, est incorporé de force par les Allemands, il est affecté dans la marine en Norvège. De juillet 1944 jusqu’au 1er octobre 1945, les parents n’ont eu aucune nouvelle de lui  jusqu’au  jour où il se présente chez nous à Dieuze.
Le père et le fils aîné sont revenus des guerres, et voilà que le plus jeune fils doit de nouveau partir à la guerre.
Comme pour les deux premiers, il faudra aller faire une photo chez le photographe, avant de rejoindre l’Algérie au cas où...

Départ pour l’Algérie

Je partais vraiment à contre coeur en Algérie. Je dois accomplir mon devoir en participant à une guerre « sans nom ».,J’avais lu à l’école normale « Les cahiers de Témoignage chrétien » où Jean Muller révèle aux Français dans ses lettres l’usage de la torture en Algérie. Cela m’a rappelé les tortures subies par deux cousins au Fort de Queleu à Metz par les Allemands. Heureusement durant mon séjour, il n’y a pas eu de tortures pratiquées dans ma compagnie. 
Pour l’Etat, c’était pour le maintien de l’ordre, alors que tout le monde parlait de guerre. On ne fait pas la guerre contre les habitants indigènes d’un pays. La France  a  déjà  dû capituler en Indochine. 
Après une permission de détente de 15 jours, je rejoins Verdun le 5 janvier 1962, d’où nous prenons le train le 6 janvier dans des wagons de troisième classe avec des banquettes en bois et après 24 h  de train, nous arrivons à la gare Saint-Charles de Marseille.
Nous passons trois jours dans le camp de transit Sainte-Marthe qui en fait était un centre d’accueil. Ce sont des baraquements avec deux rangées de lits à trois étages.
Nous en profitons pour découvrir   Marseille et bien sûr la fameuse rue des maisons closes. Certains s’y aventurent.


Le départ pour l’Algérie

Le 10 janvier 1962, nous embarquons dans le paquebot El Djezaïr. A peine sorti du port, une tempête se lève, tout le monde doit quitter  le pont pour la cale. Nous avons voyagé comme du temps des esclaves, à fond de cale sur des chaises longues. Comme la mer a été déchaînée durant toute la traversée, presque tout le monde a été malade, les vomissures ont rendu  le sol glissant. Comme le bateau tangue nous glissons sur nos chaises longues à gauche  et à droite, en avant et en arrière. Grâce au Schnaps que mon père m’a donné, mes trois camarades et moi restons en pleine forme. Après 19 h de traversée par une mer déchaînée, nous débarquons à Bône (Adiba). 

Cartographie Hugues Piolet

Après le débarquement, nous passons une demi-journée à la Tabacoop, puis en train nous rejoignons Guelma. Il roule  à environ trente à l’heure. Je suis affecté à la 4 ème compagnie du 151 RIM, stationnée à Kellermann. La compagnie est composée de cinq sections d’appelés et une section de harkis. Elle est commandée par le capitaine ORSA (Officier de réserve en situation d’activité) Jean Mouchot. Il a habité dans une villa avec son épouse et ses deux filles.  Il est très apprécié par ses hommes. Une section occupait  un poste à la Mahouna et une autre près d’un regroupement où un militaire faisait classe sous une tente. Bien qu’en guerre, la solde mensuelle de  l’appelé deuxième classe n’est que de 9 NF, après 18 mois,  55,20  NF et après 24 mois, 96 NF. Cela devait servir pour acheter le savon et le dentifrice. Alors qu’en France, l’appelé était nourri et blanchi, en Algérie, il était seulement nourri. Il fallait faire soi-même la lessive et la vaisselle. Avec la solde reçue, l’appelé a été pauvre et sans ressources, surtout quand les parents ne lui envoyaient pas de mandats. 

Kellermann

Ce qui me choquait en arrivant, c’était la différence de vie  et d’habitat entre les Européens et les Algériens.


L'école et l'église de Kellermann

En 1962, sur 10 millions d’habitants, 2 millions sont regroupés au tour d’un poste de l’armée. 9 millions sont des Algériens de souche et un million d’Européens.
Kellerman est un village à une rue, une école, une église, une mairie, une petite épicerie et un camp  


Un poteau téléphonique à côté des mechtas

de regroupement de mechtas dans lesquels 


Une Algérienne avec ses enfants devants sa mechta

habitaient  les familles  algériennes indigènes. Ces gourbis étaient construits avec des branchages et de la paille. Les trous étaient colmatés avec de la terre ou  avec de la terre et de la bouse de vache.


Le regroupement de Kellermann

Elles étaient recouvertes de chaumes. La fumée du feu traversait le toit en hiver, car il n’y avait pas de cheminée. Ils avaient très peu de meubles. La nuit, ils couchaient à terre sur des tapis. Les femmes cuisinaient et chauffaient leurs plats sur un trépied rempli de charbon de bois. Certains Algériens  plus fortunés ainsi que les harkis habitaient dans des maisons. 


Les hommes regardent l'incendie et attendent les sapeurs-pompiers. Une vingtaine de mechtas ont brûlé

Pendant mon séjour, tout un quartier a brûlé. Quand les pompiers de Guelma sont arrivés, tout un quartier avait brûlé. Dès que le feu s’est déclaré tout le monde a déposé.  le peu de meubles et les tapis dans la rue.


Après l'incendie



Activités des habitants

Un puits qui sert à irriguer les champs.  La pompe est actionnée par  un animal qui tourne autour du puits en poussant le  grand bras.

Beaucoup ont travaillé chez les Européens, d’autres sont paysans. Les outils des paysans ont été  très rudimentaires. On y bat encore le blé sur une aire où l’on fait marcher les vaches sur les gerbes ouvertes. On herse avec des branches. Les Européens habitent des maisons et cultivent de la vigne, du blé et des orangeraies. 


Une femme porte un seau d'eau et une charge sur le dos
On  a vu  surtout  les femmes algériennes qui ont  travaillé, qui ont ramené sur le dos le bois mort pendant que les hommes ont palabré sur la place du village. Beaucoup se sont ravitaillés dans les poubelles des militaires. 
Une fois par semaine, les habitants  allaient  à Guelma.



Les brêles restaient sur place sans être  attachées

 Alors que les hommes    allaient au marché  les femmes avaient d'autres occupations.Habillées de noir  elles montaient un âne de petite taille que tout le monde appelait brêle. Quand elles venaient au bureau de la compagnie, le visage était recouvert d’une dentelle. Une fois à l’intérieur,  elles enlevaient la dentelle et montraient leur visage. Seules les femmes étaient toujours habillées en noir, alors que les aînées avaient des robes et des coiffes de couleurs. Les enfants marchaient pieds nus même dans la neige en hiver.



Joseph Sprunck sur une brêle

Vie journalière


Joseph Sprunck et Daniel Goichon devant un cactus.

J’ai travaillé au secrétariat  du capitaine Jean Mouchot (ORSA)avec Daniel Goichon et Henri Brizais.

C'est l'abreuvoir, devant notre étable-dortoir, où l'on faisait la toilette, laver le linge et la vaisselle

Le dortoir est installé dans une étable, il n’y avait pas de vaches, mais des punaises de lit. On ne les voyait pas durant la journée, mais la nuit. Il suffisait d’allumer la lumière et on en  voyait  une multitude sur le sol. Nous dormions dans un lit gigogne avec un sac de couchage, réalisé avec un drap. Ce n’est pas agréable de coucher dans un sac de couchage quand il fait trop chaud. Pour dormir, il fallait  mettre une ceinture de flanelle pour que le ventre n’ait pas froid le matin, car les écarts de température étaient très  grands en été entre le coucher et le lever du soleil. Sinon, on avait des problèmes digestifs le matin. La toilette se faisait en plein air à l’abreuvoir.

La vie de soldat

 Daniel Goichon et l'auteur devant une oliveraie.

Le deuxième jour de mon arrivée, j’ai participé à une opération dans le djebel avec toute la compagnie. Comme nous étions nombreux, je n’avais pas peur. C’était la mise en condition.
En tant que 2ème classe, je devais monter toutes les nuits la garde pendant 2 h dans une tour munie 



C'était dans cette tour que j'ai monté la garde 

d’un projecteur, et comme arme, j’avais un fusil de chasse, et 5 cartouches enfermées dans un sac cousu. Il n’ y a pas de douche, alors qu’il fait chaud. Il y en  a une, uniquement réservée  aux gradés qui la prennent   dans une    cabine surmontée d’un fût de 200 l.                                  L’eau est chauffée grâce à l’essence versée dans un casque lourd. Lequel sert à faire la lessive, des frites, et à se protéger la tête. Chacun porte deux casques, un léger , recouvert d’un casque lourd en métal.  
Il faut prendre tous les jours de la nivaquine contre le paludisme. J’ai eu très souvent la diarrhée, car l’eau potable était infectée de bacilles et de têtards. J’ai encore maintenant des bacilles   dans mes intestins, d’où l’interdiction de retourner en Afrique. 

Missions dangereuses

Quand le major, l’intendant de la compagnie a eu la jaunisse, il est rapatrié. C’est moi qui l’ai remplacé pour m’occuper du ravitaillement du foyer,  de la comptabilité    et du secrétariat etc… Je ne suis jamais allé en opération, mais j’ai dû  souvent aller à Bône et à Guelma pour ravitailler la compagnie. Par contre,  quand nous faisions les 60 km pour aller au ravitaillement à Bône,  nous ne sommes qu’à deux dans le GMC, le chauffeur et moi, nous ne sommes pas rassurés. Si nous tombions dans une embuscade, nous aurions été cuits. Il en était de même pour Guelma distant d’une dizaine de kilomètres. Quand un Halftrack était libre, nous l’avons utilisé pour y aller . 
Pour divertir la troupe, j’ai souvent passé    des films 16 mm à la compagnie et aux habitants. Une fois par semaine, un camion transportait certains militaires à Guelma, afin qu’ils puissent fréquenter une maison close.
Chaque semaine, j’ai écrit à mes parents, et c’est ma mère qui me répondait. Les lettres la rassuraient, car elle n’a pas oublié la période où elle était sans nouvelles de son fils René pendant plus d’un an. 

Cessez le feu

Le premier mars 1962, je suis nommé caporal, et à partir de ce jour, je n’ai plus eu besoin de monter la garde en tant  que secrétaire. C’était très appréciable. Le 18 mars une section  est encore aller en embuscade durant la nuit alors que le matin du 19 mars, les radios nous apprennent que le cessez-le feu est fixé à 12 h. Tous les appelés font ouf. Huit jours après le cessez-le feu, la compagnie est dotée d'un fusil à infra-rouge. J'ai été envoyé à Constantine pour suivre un jour de stage et pour connaître son fonctionnement exact. Il était particulièrement conseillé pour les embuscades de nuit aux entrées des regroupement. Comme le cessez-le feu a été décidé, on ne s'en est pas servi.  En avril, toute une compagnie formée de soldats algériens déserte avec tout le matériel et les armes. On ne bouge pas. Ce qui est plus grave, les appelés ont maintenant à craindre l’OAS. Les appelés ne comprennent pas pourquoi, les Européens les attaquent. Le 22 mars l’OAS a tué   six appelés  et blessé plus de dix. En répression, lors de la fusillade de la rue d’Isly  il y eu 46 morts et 150 blessés. A partir de cette date le départ des pieds-noirs vers la métropole s’accélère. A Kellermann, tous les Européens partent sauf un retraité qui vit seul dans sa maison.
Des harkis, qui formaient une section désertent avec des armes. Au courant du mois d’avril, les harkis sont licenciés. Abandonnés par les autorités française, des Algériens ont commis des exactions dont les harkis sont particulièrement la cible.
Des régiments commencent à être dissous, nous quittons Kellermann.  


Joseph Sprunck avec un cigogne blessée.

Avant de rejoindre  la ferme Medgez Amar, il faut brûler le superflu dans le magasin d’habillement. A cette ferme j’y rencontre Joseph Bach d’Achen et Nicolas Meyer de Volmunster.



Un village de maisons construites, à côté de la ferme Medgez Amar pour abriter les habitants qui vivaient dans des mechtas. Elles sont toutes vides, car les Algériens refusent d'y habiter. 


 De là, nous sommes partis pour Penthièvre, puis Mondovi sur la frontière tunisienne. Nous sommes chargés de la surveillance des lignes  électrifiées Morice et Challe. A chaque déménagement, nous nous débarrassons du superflu.

Indépendance

Au moment du référendum le 3 juillet, le soir cela a été la fête et des manifestations des Algériens à travers les rues. 


Le soir du 3 juillet 1962, les Algériens défilent à Penthièvre

On entendait les youyous de l’indépendance  pendant toute la soirée. Nous n’avions pas le droit de sortir. Les pieds noirs continuent à quitter le pays et des familles de harkis se font massacrer. Quand on nous a signalé des familles en détresse, les militaires sont allés les récupérer avec des GMC bâchés et les ont emmenés  à Bône afin qu’ils puissent rejoindre en paquebot la France. 

Carte postale
La mairie de Bône avant l'incendie

Le samedi 18 juin, je  suis allé au ravitaillement à Bône,  je constate que de nombreux mariages attendent devant la mairie de Bône.   Au foyer du soldat, on m’apprend que l’OAS avait envisagé d’y mettre le feu. car l’OAS a devait  y mettre le feu. Effectivement, le mercredi 22 juin à 17 h l’OAS  y a le feu.   Deux charges de plastic ont mis le feu et détruit ce bel édifice. Plus de toit, de plafonds, de vitres, d'archives. Il ne reste plus que les murs et le rez-de-chaussée. La ville a rénové la mairie, mais avec un toit plat.

Affecté au PC Colonel

Le 5 juillet j’ai eu  l’unique  permission de 23 jours. Quand je suis rentré, j’ai  aidé mes parents à terminer la fenaison.  Quand je suis revenu au 15/1, la 4 ème compagnie a été dissoute, je suis affecté au PC Colonel comme secrétaire général. J’ai surtout travaillé avec le Colonel Guy et le commandant Hedan. Comme la caserne de Guelma a été livrée à l’armée algérienne, le PC
occupe désormais, la ferme Cheymol où se trouve également le stationnement des hélicoptères bananes.


La ferme Cheymol

Alors que jusqu’à présent, nous avons logé  dans des bâtiments, ce ne sera plus le cas à la ferme Cheymol. 



Le dortoir à la ferme Cheymol et un Halftrack. On voit la tente sous le tunnel en tôle.

Des lits de camp sans matelas sont installés dans des tentes militaires sous un tunnel en fer.  
Il fait très chaud, beaucoup   ont eu la jaunisse et ont été rapatriés.  Heureusement que le bureau a été installé dans un bâtiment où il faisait moins chaud. Nous y sommes restés jusqu’au rapatriement du régiment.

Rapatriement

Au mois de septembre, par un courrier ultra secret, que j’ai remis aussitôt au colonel, j’ai appris que le Régiment devait rejoindre la métropole avant la fin de l’année.
Un élément précurseur a rejoint la caserne Serret à Châtel-Saint-Germain  en Moselle pour  préparer notre venue et préparer les bâtiments avec de jeunes appelés.
Deux cargos sont chargés du matériel militaire et de nos valises, et nous embarquons dans un paquebot uniquement avec notre sac marin et une arme.
Le jour du départe de la ferme Cheymol pour la France une trentaine de soldats algériens s'étaient postés autour de la ferme. C'était impressionnant et inquiétant.
La traversée se fait sur une mer calme. Avec un camarde Henri Brizais, j’ai  loué une cabine de matelot, et nous avons dormi tête-bêche dans le lit de 80 cm  de large
Nous avons  débarqué à Marseille où un froid glacial nous a attendus. Quand nous sommes arrivés à Metz, il a fait - 15 °, le sol de la cour recouvert de neige  est gelé, la caserne est froide, il n’y a pas de chauffage central.
Je suis libéré à 18 mois, le 27 février 1963, et le 1er mars j’ai rejoint l’école à Volmunster.  

Ancien combattant



 On m’attribué la carte d’ancien combattant,  mais le bénéfice de la campagne double au titre des services militaires a été refusé, car il n’y avait que 10  jours de combats. Ce refus a été voté par des élus  qui n'ont jamais porté de treillis et qui n'ont jamais vécu la guerre. Beaucoup de militaires appelés  se sont faits tuer sans combat et ont disparu sans combat.   Nous vivions en danger de mort pendant toute notre séjour en Algérie. 
              


Joseph Antoine Sprunck

Crédit photos: - Joseph Antoine Sprunck
                        -  une carte postale








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