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La riche histoire d'Eschviller contée par Auguste Lauer



Auguste Lauer, membre fondateur de la Société d’histoire et d’archéologie de la section de Bitche, a enseigné en 1936 à Eschviller. Très intéressé par l’histoire locale, il a mené comme son collègue Paul Glad à Bousseviller, des recherches historiques sur Eschviller. Avant guerre, Auguste Lauer et son épouse, née Anne Schwartz, enseignaient dans les deux classes à Eschviller, annexe de Volmunster. Nous avons retrouvé un texte écrit en allemand très intéressant qui est une synthèse de nombreux documents connus en 1936. Il nous apprend mieux ce que les habitants d’Eschviller et de la région ont dû subir sous le joug des seigneurs, à cause des guerres et des invasions. Nous l’avons traduit en français pour vous faciliter la lecture. Les textes en italique ont été rajoutés par le traducteur pour une meilleure compréhension.

L’histoire d’Eschviller
et de sa région proche


1. Lâge de pierre
Pour l’instant nous ne connaissons pas grand chose sur notre région pour la période antérieure à la naissance de Jésus-Christ.
Nicolas Suck trouva au lieu dit “Klostergarten” une “Donneraxe” une hache en silex d’une très grande taille, dont le tranchant est nettement caractérisé. (Pour les paysans pour qui l’archéologie en était à ses débuts, en découvrant une “Donneraxe”, croyaient avoir trouvé un objet magique dont l’origine semble assez bizarre: “Au départ la Donneraxe est constituée de poussière qui plane et se forme dans l’air. Ce phénomène nous pouvons le voir de façon assez nette dans un rayon de soleil. Ces formes de poussière sont attirées vers le ciel par des rayons du soleil. Cette poussière se mouillera au contact avec les nuages et sera cuite ensuite par la chaleur intense du soleil pour obtenir une pierre. Lors d’un orage, ces pierres sont surchauffées, entraînées avec la foudre, et projetées vers la terre”. nous dit la légende) Pour les archéologues, ces silex servaient aux hommes de l’âge de pierre pour couper et pour se défendre. On en trouva d’identiques dans la région de Roppeviller et de Haspelschiedt. Son origine fait l’objet d’affirmations contradictoires. Cette hache en silex que M. Suck a mis à notre disposition est en pierre très dure, cest du silex pyrophorique, que lon ne trouve pas dans notre région. Cest un quartz très dur, bien quendommagée, elle a encore 13 cm de long et 7cm de large. Elle pèse 460 g., cétait donc à lépoque une arme redoutable. Cette trouvaille nous prouve que notre région était habitée déjà plus de 2 000 ans avant JC et que le commerce y existait déjà, au moins avec ces armes en silex.
Notre supposition que le Bitcheland était fortement peuplé à l’âge de pierre, se conforte au fil des jours. Le colonel Lambert découvrit récemment, 8 km à l’Ouest de Bitche, les fortifications d’un ancien camp qui est situé au lieu-dit “Biessenberg” au-dessus de la “Main du Prince”. Cet endroit domine les sorties de Haspelschiedt et de Roppeviller. Le camp avait une longueur de 300 m.
Au lieu-dit “Buchenboesch” sur le ban de Rimling, Me Fluerer, notaire à Rohrbach-lès-Bitche, d’après les indications de  Paul Krebs et avec l’aide de M. Spannagel, a découvert plusieurs sépultures contenant des ossements humains, datant incontestablement du temps de l’âge de pierre.
Pour étayer ces affirmations, nous allons donner d’autres preuves. De nombreuses traces de ces habitations ont encore des fondations cachées dans le sol de notre région. Ainsi nous trouvons le long du chemin menant d’Eschviller à Loutzviller un lieu-dit “Schlossberg”. A ma connaissance, un château ne pouvait y être construit. On a probablement trouvé les vestiges d’une ancienne ferme qu’on a pris pour ceux d’un ancien château. D’où le nom “Schlossberg”. On retrouve le même cas dans plusieurs communes comme à Haspelschiedt où il s’est avéré, d’après les nouvelles fouilles, qu’il s’agissait bien de fondations d’une fortification de l’époque la plus récente de l’ère de la pierre polie.
De même, l’abbé Colbus d’Altrippe affirme que les lieux dits “Kuhl, Pfuhl, Merten, Mare” (mardelle) seraient d’anciens lieux habités. Dans ces endroits, on trouve des vestiges d’habitations et de foyers ainsi que des sépultures. Il en est de même de notre “Lehmkull” qui atteste d’une activité humaine. (Les carrières d’argile servaient pour la réalisation des poteries, mais aussi à la construction des murs et la fabrication du torchis) C’est ainsi qu’on trouve des tranchées artificielles dans la “Klam” (ravin), ce sont les restes d’une ancienne enceinte, dont l’âge ne peut être déterminé avec certitude. A ces endroits, on constate l’irrégularité du sol, due à un terrassement.
Pour confirmer cette thèse, il a fallu procéder à des fouilles. Nous avons trouvé les traces d’une activité humaine dans la “Klam” tout près du lieu-dit “Am gelben Weg” où subsiste encore en partie la trace d’un chemin. Enfin, sur le ban de Loutzviller, au lieu-dit “Heilige Ruten”, se déroulèrent sûrement des cultes durant l’ère païenne. Cependant, on ne connaît pas exactement la datation de cette appellation. Nous pouvons supposer avec l’abbé Colbus, que cela pouvait se passer environ de 400 avant JC. jusqu’à l’introduction de la civilisation romaine.
Dans son article “ Anciennes colonisations dans les Vosges Lorraines”, le Dr A. Reuch, proviseur du lycée de Sarrebourg, nous rend attentifs à lexistence danciennes habitations celtes sur les collines. Il cite les terrasses aménagées sur les pentes les moins abruptes des collines pour faciliter la culture des terres. Il parle également de stèles funéraires ayant la forme dune hutte. De semblables terrasses existent chez nous. Cest ainsi que lon en trouve au lieu-dit “Hinter der Alz” près de “Busbach am Gelben”, dans la vallée près dOlsberg où ces caractéristiques gagnent en valeur. Laménagement de ces terrasses transformées en prés, nest daucune utilité actuellement.
On pourrait maintenant se demander comment s’abritaient les Celtes. Était-ce dans des huttes sur pilotis dans les mardelles ou dans des fortins sur les hauteurs? De toute façon, il apparaît que les Celtes qui ont habité des grottes étaient ceux qui ont rendu notre région cultivable.
En conclusion, on peut affirmer que de 2 000 à 400 avant JC, des hommes habitaient notre région. Ils vivaient de la chasse et de la pêche. Le silex servait à la fabrication d’outils et d’armes. Peut-être avaient-ils aménagé une fortification au-lieu- dit “Schlossberg”, identique à celle de Haspelschiedt. Devenus agriculteurs, ces Celtes vivaient de 400 avant JC jusqu’à l’arrivée des Romains sur notre ban. Ils construisirent dans des excavations d’origine géologique et humaine appelées mardelles ou mares des huttes de branchages à forme conique, recouvertes de roseaux et de terre argileuse pétrie.
La civilisation romaine pénétra très lentement dans les manières de vivre des habitants indigènes. Les Romains colonisèrent la région. Ils firent d’abord les travaux nécessaires à leur propre confort sans se soucier des coutumes des Celtes qui continuèrent à vivre leur vie jusqu’à l’invasion des Germains au VI ème siècle après J.C.

2. Époque romaine
Pour nous rendre compte de l’importance de la population du temps des Romains nous parlerons des traces laissées par cette époque.

2.1 Les voies romaines
Rimling semble avoir été un important noeud de communications de voies romaines. C’est ainsi qu’une route reliait Sarre-Union à Rimling, en passant par Domfessel, Lorentzen, Rohrbach et Bettviller. Elle existe encore en partie. Elle est connue sous le nom de “Ritterstrasse” (La route des chevaliers). Une autre partait de Rimling en passant par Guiderkirch, Medelsheim, Altheim pour rejoindre Deux- Ponts. De Rimling partait également une voie sur la hauteur en passant par Heiligbronnen et Enchenberg. La quatrième route était stratégique. Elle passait par la vallée de la Schwalb, celle de lEichel, pour rejoindre Pirmasens. Cette dernière passait peut-être non loin de notre village.

2.2 Les vestiges
Des vestiges subsistent de cette période particulière: c’est tout d’abord le bas- relief, représentant une scène de chasse, connu sous le nom de “Pompöserbronn”(à la source Saint Hubert près de Lemberg) qui date de l’époque romaine. Près de Hottviller, on trouva des poteries romaines et à Bitche une statue. (1) Lors des derniers travaux des ouvrages de la ligne Maginot, des poteries romaines furent mises à jour près de la route menant à Lemberg. Enfin, la découverte de monnaies romaines à Urbach est pour notre travail très importante. Elles nous permettent de dater l’occupation romaine. M. J.B. Schwalbach trouva dans un vieux mur au lieu dit “Auf der Hart”, quelques vieilles dents de verrat et une quarantaine de pièces de monnaie datant de 268 - 361 après JC. Notre village est donc entouré de vestiges romains . (En 1972, les travaux d’exploitation d’une sablière à Bliesbruck par les établissements Eberhart ont entamé le site au lieu-dit “Steinfelder“ et ont mis à jour des vestiges architecturaux, ce qui conduisit à entreprendre les premières interventions de sauvetage. Jean Schaub s’investit à fond pour sauver ce site qui sera classé en 1978 en chantier de fouille et déclaré d’utilité publique en 1983. A l’heure actuelle, les vestiges d’une partie de la bourgade gallo-romaine ont été dégagés. La présence humaine est attestée sur le site dès le néolithique grâce à la découverte de “fonds de cabane” et de l’importante tombe de la “princesse de Reinheim” IVème siècle avant JC, découverte en 1954)

2.3 Que reste-t-il dautre de cette époque?
Tout d’abord, le nom de notre village. Les habitations romaines étaient appelées “villa”. Pour distinguer ces différentes “villas”, on ajouta des préfixes en rapport avec l’environnement: Bousseviller = Villa im Busch (forêt), Ormersviller, Hottviller, Loutzviller et beaucoup d’autres.
Le préfixe “Esch” provient sûrement du mot Isca= ruisseau, qui se transforma probablement au fil des ans en Esch. Ce qui donne la villa près du ruisseau, qui est sûrement la Schwalbach.(D’après Henri Hiegel ce serait la villa des frênes: Eschen.)
Nous constatons donc qu’entre 268 et 361 après JC, des villas (domaines ruraux, fermes) étaient implantées dans notre région. Pour en déterminer la place exacte, il faut savoir que les villas étaient implantées près d’une route et près de collines avoisinantes. Elle était probablement implantée au lieu-dit “Hinter der Alz”, un bosquet dont l’origine est due au sol rocailleux. D’ailleurs, on y trouve encore actuellement un éboulis, dont l’analyse exacte nous permettrait peut-être de répondre à la question. (A Volmunster, on trouve encore les vestiges d’une villa derrière le cimetière communal)
Ces villas sont des points qui nous permettent de retrouver ces anciennes voies. Il est frappant que le long de la Schwalb, seuls Eschviller et Loutzviller portent un nom d’origine romaine par rapport aux villas. Les noms Hornbach et Urbach ont également une racine romaine (Radical Bach = eau courante) Le nom Schweyen vient du mot médiéval (sweiga = bovins)
D’autre part, il est à remarquer que la route Rimling-Pirmasens ne traversait pas la Schwalbach, ni au Nord de Hornbach, ni au sud de Urbach, mais selon toute vraisemblance près d’Eschviller et de Loutzviller. (On franchissait à cette époque les rivières grâce aux gués)
Par ailleurs, la voie passant au lieu dit “Burg” à Ormersviller est appelée de tout temps Römerstrasse (voie romaine) et Königstrasse (la route royale). (2) Cela aurait pu être une voie de liaison entre Deux-Ponts et la route de Pirmasens. (Elle passe le long de la frontière à 300 mètres derrière la chapelle Saint Joseph) En outre, on peut signaler que près de Hottviller une partie de la voie romaine a été dégagée. Ce qui est frappant par rapport à la ligne Eschviller, Nousseviller, Hottviller, Reyersviller et Reipertsviller , c’est que de part et d’autre de cette ligne les villages se terminent par Bach ou Berg. Si une route, reliant Eschviller, Nousseviller, Hottviller avait existé, la portion de route romaine dégagée en serait une partie. Aussi pourrait-on supposer qu’au lieu dit “Tempel” se déroulaient des cérémonies religieuses. Il se pourrait même qu’un temple romain y fût construit. La domination romaine dura au moins jusqu’à l’année 361, ce qui est prouvé par la trouvaille d’Urbach. (D’après les fouilles à Bliesbruck, la bourgade aurait été détruite au milieu ou à la fin du III ème siècle, et partiellement occupée au IVème siècle, pour finalement être abandonnée à la fin de ce siècle.”Bliesbruck, bourgade gallo-romaine par Schaub et Petit)
Après ce sera l’invasion des Germains. De nouveaux villages se créent alors comme Epping venant du nom germain “Eppo” Chef de tribu. De l’époque franque il reste peu de traces concernant le village d’Eschviller. Peu après, débute l’ère chrétienne.

3. Introduction du christianisme et de la féodalité 3.1 Après les Romains
Les Romains n’ont pas touché à la répartition naturelle des peuplades celtes. Ils les transformèrent tous en “civitas”. Chaque “civitas” était répartie en plusieurs “pagus” (pays). A la tête de ces “civitas” et de ces “pagus” était nommé un “praeces” administrateur de l’empereur romain. L’invasion des Germains, de même que celle des Huns, n’ont rien changé à ces structures.

3.2 Christianisation
Eschviller se trouvait à cette époque en Bliesgau. Par ailleurs, on trouve des textes dans lesquels Volmunster, donc Eschviller, faisait partie du Westrich,( région boisée) Les “praeces” ou “comes”, plus tard “comté” ou “Grafen” ont pris lentement leur indépendance lors de la souveraineté affaiblie des Romains. Ils possédaient tous d’immenses propriétés et avaient de nombreux droits dans leur pays. Telle était la situation au VIIIème siècle, quand Saint-Pirmin a créé le monastère bénédictin de Hornbach. D’après les chroniqueurs de l’époque, Saint Pirmin serait né en 676, avait fait de nombreux miracles et a fondé le monastère de Hornbach en 742 à la confluence de la Trualb (Horn) et de la Schwolbe (Schwalb). Ces dates sont toutefois contestées. La fondation du monastère peut être considérée comme date du début de la conversion à la chrétienté de notre région. (En 740, le comte Warinher, de la lignée puissante noblesse franque descendant de Wido, donna à Saint Pirmin en 740 sa possession de Gamundia pour la fondation du “Monastérium St Petri” de Hornbach. C’est en 742 que Saint Pirmin a fondé ce “coenobium pulcherrimum” "très beau couvent", A sa mort en 753, il fut enterré à Hornbach.


Photo DR
Abbaye de Hornbach transformée en hostellerie

Elle sera dissoute quand le comte de Deux-Ponts en 1558 adopta la Réforme. Les locaux vides se transformeront en école de latin. Jusqu’en 1802, de nombreuses paroisses du Bitcherland dépendaient de l’archiprêtré de Hornbach)
A partir de Hornbach rayonne alors l’enseignement chrétien sur tout le pays. Des villages chrétiens seront créés comme Sankt Wendel, Hornbach et Pirmasens. Au XII ième siècle, nous trouvons un prieuré (Munster) à Volmunster. Il appartient à l’abbaye de Sainte Marie au Bois. Notre région était privilégiée. Beaucoup de saints se sont investis pour la convertir : Saint Pirmin, Saint Boniface, Saint Jacques.
Ces anciens “Comes”, maintenant “comtes” les soutiennent: ainsi le comte Narnar et son neveu le comte Lambert de Nantes, le comte Matfried, tous originaires du Bliesgau. Ils étaient les premiers propriétaires du monastère de Hornbach vers les années 800.

3.3 Influence des abbayes
Othon Ier fut le premier à donner le village d’Urbach au monastère de Hornbach. C’est à cette époque, jusqu’en 1200 que l’on construisait des monastères et des églises, etc...


Le tympan de l'abbaye de Sturzelbronn

D’après la légende, l’abbaye de Sturzelbronn fut fondée en 1135 par Saint Bernard. (D’après Paul Glad, Simon 1er (1113-1139) avait fondé l’abbaye en 1135, il y fut enterré en 1139) Le prieuré de Volmunster existait déjà avant 1200. Notre chef lieu de canton eut sans doute son nom à cette époque . Le suffixe “munster “ avait le sens d’un lieu de prière, alors que “Wol” veut dire forêt, et “Val” vallée.
Photo La  Lorraine se dévoile
Un monument historique de cette époque est le clocher de Schorbach qui fut construit en 1143. Son ancien tympan fut emmuré dans l’église construite plus tard Les nobles et les abbayes. se partagent à cette époque les biens et les villages.

3.4 Ladministration
Au XVIème siècle, le comté de Bitche ne comptait que 4500 habitants, il n’existait que le château de Bitche avec les villages de Kaltenhausen et Schor (330 habitants) A cette époque Wolmunster comptait 95 habitants, Weiskirchen 90 et Eschweiler 105. le village le plus peuplé du comté est Rahling avec 285 habitants et le moins peuplé Lambach avec 25.

3.4.1 Ladministration religieuse
A cette époque les curés sont des personnages très importants. Six curés dépendent de l’archiprêtré de Hornbach, dont celui de Volmunster. La paroisse dépend de l’évêché de Metz et de l’archevêché de Trèves.

3.4.2. Ladministration civile
L’administrateur le plus important est le prévôt de Rimling. Il est à la tête de la sergenterie de Rimling, dont dépend Wolmunster, Weiskirchen et Eschweiler, et d’autres villages. Il a juridiction et il est secondé dans d’autres villages par un Meier (maire), un Haimeier (maire-adjoint) et un Büttel (sergent de police) chargé de la force publique.
Le maire s’occupait de l’administration, de la justice, des finances et de l’organisation générale. Le maire-adjoint avait comme compétence la recette et l’emploi des deniers communaux, nommait les gardiens des troupeaux et surveillaient les pâtures et les jardins.

3.4.3 Ladministration judiciaire
Le comte de Bitche avait droit de haute, moyenne et basse justice sur tout son territoire. La basse justice était exercée par le maire, assisté de sept échevins, qui avaient pouvoir sur les sujets de sa mairie, tant pour les corvées que les autres affaires.

3.5 Le château dEschviller

Un acte de 1250 nous indique que le seigneur Reiner de Sarrebruck prend la ferme Eckelswire au seigneur Gottfried. Eckelswire, cest Eschviller. Je dirai plus loin pourquoi cet acte concerne notre village. Dans notre village existait à cette époque une ferme. Ce mot désignait au XIII ème siècle, non seulement une exploitation agricole, mais aussi la maison du seigneur qui avait les droits sur le village. Dans cet acte, on désignait également toutes les parcelles appartenant à la ferme. Cest ainsi quon y trouve un “Hofgarten”. Plus loin, on apprend que cette ferme ne fut pas construite en 1250, mais beaucoup plus tôt, puisque deux propriétaires précédents y étaient mentionnés.
Il est possible que cette ferme se soit transformée plus tard en “Burg” (château). En 1271, il est déjà fait mention du château d’Eckelswire. Plus tard, il appartiendra au comte du Fleckenstein.
Un acte de 1285 nous apprend ce qui suit: “Le 11 juin 1285, Johanne de Sarrebruck, avec l’assentiment de ses enfants (Jacques, doyen à Toul, Frédéric, et Othon),vend pour 800 livres de Metz leurs biens propres situés à Gemünd (Sarreguemines), Bliederstroff, Rohrbach, Ryswilre et au monastère de Wadgassen, et fait don de sa part d’héritage à l’abbaye de Kallekouve, de Eiswilre, Gemund, etc... Le nom “Kallekowe” n’est pas lisible dans le document original. Le suffixe “owe” est douteux. Le mot “Kallek” peut s’expliquer différemment. Il peut signifier chaux, dans l’expression “Kalikowen” et laisse supposer que Johanne possédait une part d’héritage du lieu dit “Kalofen” où se trouvait peut-être une petite activité artisanale. Toutefois, il est ainsi prouvé que le document de 1285 concerne notre village. Ce Eiswilre est à nouveau Eschviller. Cependant, il en existe près de Fénétrange, Bischdorf, Sarrelouis et Volmunster.
La maison Gérard Hoffmann se trouve à l’emplacement du premier château.
Cependant, nous pouvons nous appuyer sur les localités précitées, et situer le village d’Eiswilre dans la même région. L’éloignement du couvent de Wadgassen ne signifie rien, car à cette époque Loutzviller appartenait à l’abbaye de Bouzonville.
Un  document du 19janvier 1296 mentionne un achat à Eiswilre que Hugode Lutzelstein fait au nom de son épouse à ses enfants, sa soeur abbesse de Plaven qui dépendait du monastère de Wadgassen (N.O de Sarrebruck). Cela prouve que le couvent de Wadgassen possédait des biens (Klosterkopf) dans notre village qui appartenait en partie à une Vogtin (une abbesse qui était également vouée), d’où Abtisseboesch. En dehors de ces biens, existait une ferme (Burg) qui fut dirigée par H. Reiner. Peut-être existait-il un château et une ferme qui étaient des biens séparés?


4.XIV et XV èmes siècles 4.1 Apogée du christianisme
Au XIV ème siècle, le christianisme est à son apogée. La frontière de l’évêché de Metz était limitée par la Zorn. Sa frontière suivait la vallée de l’Eichel, passait à Soucht et Sturzelbronn où elle touchait l’évêché de Spire. Il comprenait l’archidiaconat de Sarrebourg auquel fut rattaché l’archiprêtré de Hornbach.

Tombeau de Saint Pirmin


Tombeau de Saint Pirmin

Hornbach est devenu le siège de l’archiprêtré et joua un rôle important dans la vie religieuse de notre région. Jusqu’au 14ème siècle, Hornbach a gardé son avance sur Sturzelbronn. En 1327, l’archiprêtré de Hornbach donne 10 livres pour soutenir le pape, alors que Sturzelbronn n’est pas mentionné dans le document. Malheureusement, les paroisses dépendant de l’archiprêtré ne sont pas énumérées.
Dans les pouillés (État des bénéfices ecclésiastiques d’une province) de 1360 sont mentionnés: abbaye de Hornbach: 10 florins, abbaye de Sturzelbronn: 6 florins
Dans l’archiprêtré de Hornbach, la paroisse de Loutzviller 8 gros, celle de Wolmunster 6 gros.
Les annexes ne sont pas mentionnées dans ce document, de telle manière quon ne peut constater si Eschviller faisait partie de Volmunster ou de Loutzviller, qui était une paroisse plus importante au XIV ème siècle que Volmunster. Cela est dû au fait que Loutzviller avait plus de paroisses annexes que Volmunster.

4.2 La cense dEschviller
Le monastère de Hornbach a agrandi ses possessions et amélioré ses rendements. Un document de 1484 dit ceci: “Essvilre, le 26 juillet 1484. L’abbé Ulrich de Hornbach loue à Thomas de Soetern les droits , que ses ascendants possédaient. Particulièrement le droit de l’abbaye à la grande et la petite dîme de Megelingen (Mehlinger Hof), la Meierei (cense) d’Eschviller et sa justice, 6 maldres d’avoine du domaine d’Altheim et les droits de l’abbaye à Loutzviller, faisant partie de la cense d’Eschviller.” Ceci est pour nous un écrit important. Il nous permet de revenir sur les actes de 1250, 1285 et 1296. Tout d’abord, nous constatons qu’à Eschviller existait une cense, qui fut autrefois une ferme, une propriété, ce qui me conforte que le document de 1250 concerne notre village. (Dans une Vogtei, vouerie ou baillage de cette époque la hiérarchie était la suivante: à sa tête, le bailli ou voué disposait des “Herrschafliche Meier”, maires seigneuriaux, des “Heimeier ou Ortsmeier”, maire des lieux, des “Schöffen”, échevins, puis des “Büttel”, sergents de police. C’est une hiérarchie que l’on trouve dans le Livre “Guerre des Rustauds” de Lepage lors des auditions faites par les commissaires des maires, puis les Heimeier, les maires des lieux.)
De plus, Krausse donne comme orthographe d’Eschviller “ Eckervilre, Eckswilre (1271) Egkiwilre (1274) Eckeswilre (1296)” qui confirme notre supposition. En outre, il ressort de ce document que l’orthographe Eiswilre était courante, ce qui nous rapproche des écrits de 1285 et de 1296. Bien que dans la Sarre actuelle et dans le Bas-Rhin, il existe des villages comme Eiwiller et Ersviller, nous pouvons supposer que “Eiswilre” signifie Eschviller. Ayant constaté, que dans ces actes on ne parle que des villages de notre région, que sur le ban d’Eschviller ou dans le voisinage
immédiat, existe un lieu dit “Klosterkopf”, nous sommes confortés dans notre supposition. Cependant, il serait intéressant de rechercher les ascendants de Thomas de Soeter, pour aboutir aux personnalités mentionnées en 1285.
Passons maintenant à l’explication du document lui-même. Qu’est-ce qu’une cense? (cense: territoire donné à charge de cens. ) Depuis le XIII ème siècle, les seigneurs ne se contentaient plus d’exploiter les terres de leurs possessions. Déjà, depuis le VIII ème siècle, les habitants devaient payer une taxe appelée “Fall” (la main morte, droits de succession actuels), lors d’un décès afin qu’il puisse acquérir l’héritage du défunt. Bientôt, il devint également coutumier que le seigneur du village puisse exercer la justice, cela lui rapporta évidemment de nouveaux revenus.
Jamais, le manant n’avait le droit de quitter la terre du seigneur sans avoir payé ses taxes. De plus, il était contraint de payer le “census capitis” (le cens par tête ou chevage): somme fixe annuelle à payer par le serf à son seigneur ) et à assurer des corvées. Afin que les droits du seigneur soient respectés, un “major”, plus tard le “Meier” (maire), habitant au village, était désigné. Il levait les impôts et faisait exécuter les corvées. Son siège était la cense.

4.3 Eschviller dépend de labbaye de Hornbach
Thomas de Soetern, cité dans nos documents, avait loué à l’abbaye de Hornbach le droit de lever les impôts cités plus-haut à Eschviller et d’y exercer la justice. Le monastère possédait également des droits à Loutzviller, qui appartenait à la cense d’Eschviller. Le village d’Eschviller était donc jadis un lieu important sous l’influence de Hornbach. A Loutzviller, nous trouvons encore aujourd’hui des jardins (Frohngarten) et des champs (Schaffacker) cultivés et aménagés grâce aux corvées.
Thomas de Soetern gérait la cense d’Eschviller jusqu’à sa mort. Après son décès, l’abbaye reprit la cense à son compte, sans doute pour la redistribuer , ce qui ressort de l’acte suivant:
“Esswilre, le 30 mars 1503. L’abbé Ulrich de Hornbach loue à vie à Jean de Soetern, fils de Thomas de Soetern, mais sans la cense d’Eschviller.”


5.XVIème siècle et Réforme

5.1.La guerre des paysans
Le XVIème siècle commence avec des troubles. Le vice était entré dans les châteaux et les monastères. Une domination sans limite et la cupidité caractérisent les seigneurs féodaux de cette époque. Les habitants des villages étaient sans protection, ils disaient: “Quand le seigneur voit un habitant assis sur le toit, et l’abat, il est dans son droit.” Qui aurait pu lui dénier ce droit qu’il incarnait lui-même? Cette
situation éveilla l’insatisfaction générale des paysans. Le nouvel enseignement de Luther transforma cette insatisfaction en fanatisme. En Alsace, en 1525, les paysans se groupèrent en énormes bandes, s’en prenaient aux châteaux et aux monastères, ils en dévastèrent plusieurs. Près de Wissembourg s’était rassemblée une telle horde. Les participants avaient rasé leur barbe, c’est pourquoi on les appelait les “rasés”. Ils traversèrent les forêts du Bitcherland, dévastèrent l’abbaye de Sturzelbronn, attaquèrent le presbytère de Volmunster et les monastères de Hornbach et de Herbitzheim. Ce soulèvement ne servit à rien: le duc de Lorraine réprima dans un bain de sang les dommages causés. Les monastères furent reconstruits et les anciens privilèges furent maintenus.Au XVIème siècle, on trouvait les annotations suivantes dans les registres paroissiaux de l’archiprêtré de Hornbach:
Redevances de Walsporn, dépendant de l’abbaye de Sturzelbronn
Redevances de Stierbach (Schorbach) idem
Redevances de Luzelwire, dépendant du monastère de Busendorf (Bouzonville) Redevances de Walmunster dépendant de l’abbaye d’Herbitzheim (c’est pour cette raison que Volmunster a les clefs en sautoir dans le blason)

Eschviller n’est pas mentionné dans cette liste.


Le blason de Volmunster

5.2 Les premières verreries
Vers 1550, dans la vallée de la Schwalbach, de nombreuses verreries furent fondées, comme à Hottviller et à Holbach. Ils obtinrent le droit de couper du bois dans les forêts proches pour alimenter leur four. Une telle verrerie fut également construite à Eschviller au lieu dit “Glasenberg”. Ces verriers prirent le bois sur la colline voisine appelée Holzberg, puis Olsberg. Aussi existe-t-il des familles dont le patronyme ou le nom d’usage “Glaser” ou “Glase” fut donné au XVIII ème siècle.

5.3 La réforme
L’enseignement de Luther continua cependant à faire des vagues. Même notre région, généralement si paisible, se laissa entraîner dans le tourbillon, ce que prouve l’événement suivant. En 1570, le comte de Bitche se convertit au protestantisme. Aussitôt, il interdit la pratique de la religion catholique.(Il applique le principe du “Cuius regio, eius religio: de tel pays, de telle religion, c’est-à-dire l’homme doit avoir la même religion que le seigneur) Comme l’abbaye de Sturzelbronn ne voulait pas obtempérer, il la fit occuper par ses soldats. Également à Volmunster, plus aucun office dominical public ne fut célébré. Le duc de Lorraine envoya alors un messager, un certain von Hausen, (Christophe von Hausen , bailli de Siersburg) dans les villages pour rouvrir à nouveau les églises. Ce von Hausen, vint le 7
octobre 1570 à Volmunster, lut l’ordonnance du Duc devant la porte de l’église et s’en retourna.
A Hottviller, il voulut faire de même, les habitants l’attendaient à l’entrée du village et lui demandèrent de continuer son chemin, s’il ne voulait pas être renvoyé de force. Ainsi, les gens avaient pris parti pour Luther. Les idées de Luther persistèrent. En l’an 1701, il y a un protestant “reconnu” à Schweyen.
Daniel Beck a possédé une pièce de monnaie datant de 1574, donc du temps de la réforme et des guerres de religion. A l’endroit, elle porte l’inscription: Carolus IX, Deo Gratia, Francorum rex. (Charles IX, de par la grâce de Dieu, roi des Francs) , et trois lys. A l’envers: Sit Nomen Domini benedici (Que le nom du seigneur Dieu soit béni) Cette pièce a une valeur inestimable pour les numismates.

5.4. La condition des habitants dEschviller
Nous allons essayer de décrire le plus exactement possible la vie à Eschviller au XVIème siècle. Le village d’antan n’était pas exactement au même endroit (Il était près de l’actuelle rue de la Fontaine) 


Plan d'Eschviller en 1756. Sur ce plan on constate que le Bolmen n'existait pas, ni le chemin du Moulin actuel. Le grenier du moulin d'Eschviller
n'y figure pas.

C’était une cense de l’abbaye de Hornbach. Le vieux château n’était sûrement plus habité, et nous pensons que le siège du seigneur à la fin du siècle était dans la ferme actuelle de Thomas Heckel qui avait des fenêtres Renaissance. Un bâtiment renaissance existe également à Volmunster près de l’église. Il était construit à côté de la maison Freyermuth dans la rue des Juifs. C’était le premier presbytère construit au village, qui sera transformé en école en 1796. En raison du mauvais état des plafonds, une nouvelle école sera construite en 1895 dans la rue du Hausberg) Ces maisons datent du XVIème ou début du XVIIème siècle. Les routes départementales n’existaient pas, ni le chemin communal passant au Bolmen. La circulation se faisait particulièrement sur la route Bitche-Nousseviller-Eschviller, Zweibrucken. Elle s’appelle aujourd’hui encore, et dans les actes du 19ème siècle:la “Zweibrückener Chaussée” (C’est la voie rapide actuelle qui passait ensuite par la rue du postillon, puis la rue du Baron, la rue de la forêt, et prenait la direction de Loutzviller-Schweyen.)
Les habitants étaient des serfs qui appartenaient en bien propre au seigneur. Au cas où ils partaient sur la terre d’un autre seigneur, ils avaient à payer le “droit de départ” S’ils se mariaient ailleurs, ils payaient le “Leibett” (formariage) qui en 1594, s’élevait à un sol et dix Pfennigs. Comme ils étaient serfs, à la mort du paysan, tous les biens revenaient au seigneur, de sorte qu’ils n’avaient aucune chance de devenir propriétaires. Comme ils n’étaient pas propriétaires de leur maison, le seigneur touchait le “Herrzins” (le loyer du seigneur, actuellement les anciens appellent encore le loyer des terres, “die Zinse”).
Le seigneur avait promis protection, c’est pourquoi ils devaient également payer le “Schirmhafer” (avoine de protection). Pour les boissons fermentées, ils


Plan de Volmunster en 1756( On constate que dans la partie inondable de Volmunster, il n'y aucune construction, à  part  les deux moulins Oligmuhle et Arnet)

devaient s’acquitter d’une taxe de 1 sou par Ohm (muid= 274 l environ), on l’appelait Ohmgeld.
Enfin, ils devaient , au bon vouloir du seigneur, faire des corvées sans limites. Ces corvées furent converties en valeur argent . Les paysans avaient donc comme bien ce qu’ils pouvaient acquérir eux-mêmes durant leur vie. Pour engraisser leurs propres porcs dans les forêts, ils payaient six “Pfennigs” pour trois porcs. Toutes les taxes précitées rapportèrent en 1594 au comte de Bitche 1490 Gulden (florins). Pour pouvoir évaluer cette valeur actuellement, il faut comparer cette somme à la valeur d’un habit de greffier qui revenait à 9 florins. Ces impôts étaient les moins élevés que les paysans payaient. Il faut penser aussi à la grande et la petite dîme, à la gabelle, au cens, pour comprendre que le paysan avait peu de chances de s’affranchir. (dîme= 1 dixième, la grande dîme est perçue sur le froment, le seigle, l’orge et l’avoine, la petite sur le produit des jardins et les vergers) (lors du dénombrement du comté de Bitche en 1593, nous constatons qu’à Eschviller on avait compté treize foyers. Etaient affranchis : José le maire-adjoint, Jacques le vacher, Nicolas le porcher, Fritzch le berger, les autres sont tous serfs.)
C’est à cette époque qu’on a pris l’habitude de vivre en autarcie en tissant par exemple son tissu soi-même (Seidenweber, Weber, etc....). Pour moudre sa farine, on devait pourtant aller au moulin banal (de Loutzviller). La plus grande partie du ban était laissée en friche, et de ce fait sans propriétaire. On qualifia cette terre d’infertile, “allegmeinde”, plus tard “Allemende”, et maintenant “Allmend”. L’utilisation de cette “Allemende” était réglementée par décision seigneuriale et était utilisée comme pâturage. Les Eschvillérois allèrent avec leur bêtes sur cet Allemende jusqu’à Lengelsheim près de Schorbach.
En 1602, Oswald de Schorbach, âgé de plus de 60 ans, après avoir prêté serment, témoigne que les troupeaux de porcs de Louztzviller et d’Eschviller venaient paître de l’autre côté du ruisseau. Il s’était plaint à Sire Tavagny. Cela leur fut interdit par le prévôt du comté. (D’après le jugement du 15 septembre 1602, les habitants de la rive gauche de la Schwalb n’étaient pas autorisés, conformément à la coutume, de conduire leurs troupeaux en grasse pâture dans le pays couvert de la rive droite du ruisseau de la Schwalb)

6. Le XVIIème siècle

6.1. Larchiprêtré de Hornbach


Au début du 17ème siècle, l’archiprêtré comprenait 42 paroisses. En 1603, lors de l’inspection de l’archiprêtre, la paroisse de Volmunster comptait les annexes suivantes: Weiskirch, qui avait déjà sa chapelle, Urbach, Epping, Ormersviller.



Chapelle castrale actuelle d’Eschviller

Epping et Ormersviller n’avaient pas encore de chapelle. On comptait 
également Eschviller comme annexe “a parte”. Que signifie lexpression “a parte” ? Cela peut sexpliquer de différentes façons. Peut-être le village était-il directement desservi par labbaye de Hornbach, bien quelle fasse partie de la paroisse de Volmunster. Peut-être le village avait-il ses propres offices religieux, étant donné que le village avait sa chapelle, ce qui est invraisemblable, car elle nest jamais mentionnée.
Un document dit par ailleurs, que la paroisse de Volmunster devait verser ses revenus au duc de Lorraine et qu’elle comptait Ormersviller et Weiskirch comme annexes. Eschviller, n’est pas cité, ce qui confirme notre première supposition. A la même époque, Loutzviller avait Schweyen comme annexe.

6.2 La guerre de Trente ans

Bientôt la guerre de Trente Ans dévasta notre contrée. Pour en décrire les atrocités, nous vous relatons ce qui suit: “ A Bitche, un habitant ne voulait pas se soumettre aux exigences des Suédois. Il fut arrêté. On lui perça la langue, y enfila un crin de cheval avec lequel on scia littéralement la langue par mouvement de va et vient. On lui coupa ensuite les quatre membres, on l’éventra puis on dansa sur son corps qui bougeait encore. Ces atrocités ont fait fuir les habitants de la région.”
Dire que le village fut entièrement détruit serait une affirmation hasardeuse. Certains villages furent entièrement détruits et ne furent plus reconstruits. Il en fut ainsi pour Krauchen, Truchen (ou Trousch : Ban limité au nord par celui de Rolbing, au sud par ceux de Breidenbach et de Lickerhof, à lest par celui de Riedelsberg et de la Horn, à louest par celui de Schweyen), sur le ban de Schweyen, et un village près de Hanviller. Eschviller est à nouveau habité en 1681. Le village actuel fut construit entre 1701 et 1800. Sil y avait des habitants en 1681, ils devaient habiter dans des masures. En 1635, pendant loccupation des troupes allemandes, on trouve pour la première fois le nom de Vitzhtum. Un certain Vitztum était venu en Lorraine avec ses troupes en tant que commandant en chef, chargé de diriger les batailles. En 1635, il fit sauter un pont sur la Blies. Le château dEgersberg est en Bohême. La famille séjourne à Wissembourg, puis à Lembach. 



Château d'Eschviller, tableau retrouvé auprès des descendants.

En 1792, Louis de Vitzthum se réfugie au château Eschviller où il sera arrêté puis emprisonné par les révolutionnaires à Strasbourg, puis à Mirecourt où il décèdera à lâge de 52 ans.  En 1793, le duc de Brunswick et le prince prussien von Hohenlohe, ont installé leur PC au château avant de lancer  une offensive avec 1800 hommes sur la citadelle de Bitche dans la nuit du 16 au 17 novembre. Ils sont repoussés et auront près de 500 tués. En représailles, les Prussiens emmènent des otages, dont quatre membres de la famille  de Vitzhum, Jean Vogel, marchand de bois de Volmunster, Jean Gorges Sprunck, maire de Schweyen, Jean-Pierre Schmidt, curé d'Obergailbach, , Jean Jacobs, ancien juge de paix de Volmunster,  le Père Gélase, aumônier de l'hôpital de Bitche, Charles Boulard, maire de Bitche, François Thaiser, conseiller générale de Bitche, Wendel Mauss de Liederschiedt, des soldats français, faits prisonniers. Ils  ont été emprisonnés à la forteresse d'Ehrenbreitstein près de Coblence . Il est à noter que Jean Jakobs et Jean Georges Sprunck ne sont pas revenus de leur captivité.

6.3 Les charges qui pèsent sur les serfs
Le comte de Bitche avait cédé ses droits d’Eschviller à ses vassaux. En 1681, son administrateur s’appelle Steyer. Le sieur Steyer n’avait ni propriété, ni terres à Eschviller. Il n’y percevait que les taxes relevant du comté. Ces droits étaient si nombreux et compliqués qu’on ne peut plus déterminer avec exactitude leur origine. Il y en avait trente:
“Aveu et dénombrement en 1681”
1. Droit de régale: droit du roi touché sur les revenus des évêques
2. Droit de minérale
3. Droit de monnayage
4. Droit de conduit
5. Droit de péage
6. Droit de vasselage
7. Droit de Chasse
8. Droit de pêche
9. Droit des eaux et forêts
10.Taille et de collecte: impôt qui était levé sur les roturiers

La taille arbitraire: ponction opérée par le maître sur les biens mobiliers 11. D’aide de la saint Jean et de Noël
12. Droit de confiscation
13. Droit d’amendes

14. Droit d’épaves
15. Droit de départ: impôt prélevé aux habitants quittant un lieu pour un autre où la

religion n’est pas pratiquée
16. Droit de gabelle: impôt sur le sel
17. Droit d’impôt sur le passage (péage)
18. Droit d’entrée et de sortie
19. Droit de dixième denier
20. Droit de réception et de protection des Juifs
21. Droit de Guldengeld
22. Droit des héritages qui se vendent
23. Droit de corvée à volonté
24. Droit de suite
25. Droit de Becktump
26. Droit de marcum Domini
27. Droit des taxes des métiers
28. Taxe de chancellerie
29. Droit de justice
30. Droit de main morte (prélèvement sur la succession)


6.4 Ladministrateur Steyer
La chasse et la pêche étaient les seuls droits du sieur Steyer. Un habitant d’ici lui payait donc régulièrement son dû le jour de la saint Jean et à Noël, à savoir le vingtième ou le dixième de sa récolte ou de ses revenus, six parts de chaque porc, et un impôt direct qui s’appelait la taille. Il était obligé de faire des corvées aussi souvent que l’administrateur le lui demandait. (On disait que le serf était taillable et corvéable à merci) Les jours de corvée étaient très nombreux. Il y en avait au moins douze par an. (Pour l’entretien des chemins communaux, les municipalités ont recouru à la corvée jusqu’en 1939. A Nousseviller-lès-Bitche, cela se pratiquait même directement après guerre.) Il était contraint de suivre son seigneur à la guerre. Il devait lui acheter une quantité prescrite de sel. En plus du prix, il devait verser cinq florins pour 24 hl de sel. Au cas où ces taxes n’étaient pas payées dans les délais, le sieur Steyer pouvait confisquer les biens de l’intéressé.
Tous les habitants étaient les serfs du sieur Steyer. Ils n’avaient pas le droit de se marier en dehors de la seigneurie, parce que les enfants étaient alors considérés comme un bien perdu. Si cela arrivait tout de même, ses biens étaient confisqués. De même, les serfs n’avaient pas le droit de déménager dans une région où l’on ne pratiquait pas la religion catholique. Il pouvait cependant s’affranchir en payant la somme de trois florins. Un florin était une pièce d’argent pesant entre 10 à 12 grammes.
Les impôts énumérés n’étaient pas les seuls imposés aux serfs. L’Eglise, ainsi que le propriétaire terrien, avaient également certaines sources de revenus.
Le sieur Steyer exerçait de plus la basse justice à Eschviller. Si un habitant avait à se plaindre d’un vol ou d’un mauvais traitement, il allait chez le sieur Steyer. Dans le cas d’un crime, c’était le juge du comte qui était habilité à juger. (Sous la
Révolution, un tribunal cantonal avec juge de paix sera mis en place à Volmunster. Ce tribunal sera supprimé en 1870. A partir de 1904, il servira de dépôt d’incendie et de local de dépôt pour la mairie. Jusqu’en 1939, le garde champêtre était habilité d’y enfermer dans la pièce servant de prison au tribunal les maraudeurs, avant de les remettre aux gendarmes, il était situé dans la rue Emile Gentil, en face de la maison d’Alphonse Kirsch)
D’autres villages dépendaient directement du comte. Hormis ces droits cités, le comte percevait à Ormersviller les revenus de la paroisse et les 2/3 des grandes et des petites dîmes.
A Volmunster, il touche les revenus de la paroisse, les 2/3 de toutes les dîmes, le moulin paie un loyer annuel de huit maldres d’orge, deux porcs, deux jeunes coqs et 13,5 sols.
A Loutzviller, il touche les revenus de la paroisse et les 2/3 des petites et grandes dîmes, le moulin paie un loyer annuel de 31 maldres d’avoine, deux jeunes coqs et 13,5 sols, etc....
A Schweyen, il touche les revenus de la paroisse et les 2/3 de toutes les dîmes et le cens du moulin d’Opperding.

6.5 . Eschviller devient français
En 1681, (le 22 décembre 1681, le comte de Vaudémont fit serment d’obédience par lequel il reconnut l’autorité du roi de France) le comte de Bitche prête serment au duc de Lorraine, ce qui met le comté sous la souveraineté française, alors que jusqu’à ce jour c’était un alleu, un petit état libre de l’Empire allemand. (L’alleu est une terre tenue en propriété complète et directe. Le propriétaire ne devait aucune redevance)

6.6. Colonisation du Bitcherland
Afin de réparer les dévastations des Suédois lors de la guerre de Trente Ans, Louis XIV envoya des colons français dans notre région. Ces derniers fondèrent de nouveaux villages. Ainsi fut créé Olsberg, dont le village n’était mentionné dans aucun écrit antérieur. De cette époque datent les premiers noms de famille , qui aujourd’hui encore ont une consonance française: Laporte, Hussot , Faber, Martin, Schuliar. Un peu plus tôt, tout de suite après la guerre de Trente ans, des Suisses se sont installés chez nous. Les noms comme Sprunck, Funck, Suck sont d’origine suisse. Il en est de même de la chapelle sainte Vérène (Véronique) près d’Enchenberg, elle a été construite par des Suisses, dont la sainte est une compatriote.
Il est à remarquer que les noms Laporte, Hussot, , Schuliar, Cagnat, Martin, Faber, Homer, Gentil prouvent que les immigrés français étaient très nombreux. (Sur les conseils de l’intendant de Lorraine et de Sarre M. de la Goupillère, le 8 avril 1886 tous les habitants du gouvernement de Hombourg et de Bitche, ainsi que ceux qui viennent s’y établir deviennent propriétaires des terres qu’ils ont défrichées avec exemption du paiement des impôts durant dix ans.)
A partir de 1681, il est possible de réaliser l’arbre généalogique avec facilité, du fait que les actes sont conservés depuis cette date. Dans les recherches on constate qu’on rencontre actuellement les mêmes noms au village qu’autrefois. Plusieurs familles se sont éteintes. D’autres sont établies ici depuis 1681, soit dix générations. On serait surpris, en faisant l’arbre généalogique d’une famille de constater que beaucoup de familles sont apparentées, alors qu’elles s’en doutent à peine. De même, on découvrirait que depuis près de trois cents ans dans certaines familles, il n’y a pas un élément de sang nouveau.
De cette époque date également le calvaire qui se trouve au bord de la route départementale, au croisement de l’ancienne chaussée. Ce calvaire a été érigé par J.P. Brix en l’an 16..(Les deux derniers chiffres sont illisibles). Les personnages ont été délibérément mutilés. Il en est de même du calvaire à la maison Rebmann, à l’entrée du village près de Loutzviller et de beaucoup d’autres. La dégradation a dû se produire sous la Révolution française.
Ce calvaire est un monument qu’il faut conserver. Il prouve que la chaussée était carrossable et une route fréquentée. De plus, il mentionne une famille d’Eschviller éteinte: la famille Brix. En outre, c’est une oeuvre d’art, du fait que la cambrure de la pierre, ainsi que son socle sont bien travaillés.
Il peut s’agir d’un ex voto du temps de la guerre de Trente ans.
Calvaire devant la maison Charles Rebmann

7.Questions religieuses et scolaires sous la Révolution
7.1 Persécution religieuse
Le nouveau régime exige que tous les prêtres prêtent serment à la nouvelle administration. (Le décret du 27 novembre 1790 impose à tous les curés et celui du 29 novembre 1791 à tous les prêtres de prêter serment à la constitution civile du clergé). Le curé Becker et l’abbé Bettinger refusèrent. Le 1er juillet 1794, l’administration de Bitche inscrivit l’abbé Becker sur la liste des suspects. A partir de ce jour, il ne pouvait plus exercer son ministère. En outre, il fut dénoncé par l’administration départementale le 4 primaire an II (1794). Toutefois, il semble qu’il n’ait pas été arrêté. Il s’est sans doute enfui en passant la frontière. En l’an 1809, il fut gracié. Bien que l’abbé Bettinger fût également réfractaire, il continua à officier à Volmunster. Sans doute, ne pouvait-il le faire ouvertement, du moment qu’il ne pouvait y résider, c’est pourquoi il célébrait secrètement la messe au presbytère. Quand cela s’ébruita, il fut condamné à la déportation. L’ordre d’arrestation arriva à la mairie le 21 septembre 1795. Le maire Jean Adam Brix et son adjoint Adam Wurst ”oublient” l’ordonnance sur le bureau de la mairie. Quand ils revinrent le lendemain, l’écrit avait disparu et ne fut plus retrouvé. C’est pourquoi, l’administration fit une enquête. Quelques habitants qui en furent informés, demandèrent à la mairie de leur établir une attestation certifiant qu’ils n’ont jamais été en relation étroite avec M. Bettinger.
A partir de 1793, il n’y eut plus aucun culte religieux officiel. Pourtant, un prêtre de Hornbach fut nommé curé de Volmunster. Il s’appelait Peterman et avait prêté le serment de fidélité.
En 1795, la mairie de Volmunster établit une attestation qu’il n’y avait aucun reproche à lui faire quant à son parler, ni à sa conduite au regard de la loi. La même année, lesbiens de l’église, le presbytère et son jardin furent confisqués, puis vendus aux enchères. Les noms des adjudicataires ne furent pas publiés pour éviter tout commentaire inutile et superstitieux.
La situation religieuse resta identique jusqu’au concordat de 1801. Les nombreux calvaires mutilés prouvent que notre région comptait des opposants contre le système religieux de l’époque. Hormis les calvaires mutilés cités, d’autres l’ont également été comme celui du chemin de l’église; l’agneau figurant sur le calvaire a la tête tranchée, celui près de la carrière a été certainement complètement saccagé. Le premier a de nouveau été érigé sur son ancien socle.

7.2 Lenseignement
Avant la Révolution , aucune école ne fonctionnait dans notre village. Une loi de la Convention ordonna que chaque village devait ouvrir une école. A Volmunster le presbytère fut transformé en école en1796. Martin Frischmann, un compagnon de passage à Volmunster, fut le premier régent d’école. Il signa un contrat avec la municipalité. Tout d’abord, l’enseignant s’engagea à apprendre à lire et écrire à tous les enfants d’âge scolaire. D’après la loi, l’école commençait le 5 novembre et se terminait le 25 mars. Elle fonctionnait tous les jours de 8h à 11h et de 13h à 16 h. En contre partie, la municipalité promet d’allouer pour chaque enfant scolarisé trente sous en monnaie sonnante. Il appartint cependant aux parents de régler cette somme avant le 25 mars, conformément à la loi. La municipalité aménagea les différentes pièces pour les transformer en salle de classe et fournit également le bois de chauffage. Dans le cas où le bois ne devait pas suffire jusqu’à la fin de l’année scolaire, les écoliers devaient fournir le bois manquant. Les enfants d’Eschviller n’avaient pas besoin de fréquenter l’école de Volmunster. On parle la première fois de l’école d’Eschviller en 1803.



L'école d'Eschviller en 2005.

(Comme, l'école n'a pas été détruite durant la dernière guerre, elle a été rénovée en 1946
Elle a été définitivement fermée le 4 janvier 2016 puis vendue à Adrien Assfeld, entrepreneur. La dernière institutrice a été Aurélie Bach. Sa classe a déménagée dans l'ancienne salle Sainte-Barbe à Volmunster)

  8. Début du XIX ème siècle

8.1 La commune dEschviller (1790-1813)

Le nouveau conseil municipal avait à réparer les dommages causés par la guerre. La municipalité de Volmunster engagea pour la livraison régulière de sel, deux voituriers de Hottviller qui livraient le sel tous les quinze jours. Le sel fut ensuite distribué aux villages du canton. Eschviller recevait environ 16,5 quintaux de sel par semestre. En 1795, les biens des de Zoller ainsi que ceux de Frédéric de Vitztum avaient été distribués aux habitants. L’exploitation des terres fut cependant très négligée à cause de l’incapacité des paysans qui n’avaient pas les bêtes de trait nécessaires pour cultiver la terre. C’est pourquoi en 1804, le conseil municipal décida d’intervenir. Quelques champs, particulièrement au lieu-dit “Dehren” étaient laissés à l’abandon. D’autres avaient été vendus ou partagés, ce qui était contraire à la loi, vu que les habitants n’en étaient pas propriétaires. Comme on ne connaissait pas les parcelles communales, et comme on ne pouvait pas exproprier les propriétaires des terres achetées, le conseil municipal décida que ces terres appartiendraient désormais à ceux qui les exploitaient. Pour éviter d’autres différends, il demanda l’établissement d’un cadastre en 1804. Mais ce ne sera qu’en 1837 qu’il sera établi.
Les terres concernées étaient celles des nobles condamnés, mais aussi celles qui faisaient partie de l’Allmend.
A cette époque, le conseil municipal décida que le taureau, habilité à saillir, sera acheté par la collectivité et la population y contribuera financièrement au prorata de ses impôts. Un troupeau communal, dont le vacher était payé en nature, existait à cette époque. Les travaux de l’aménagement du croisement ont été réalisé en 1897 dans la rue du Hausberg.
En 1795, un orage détruisit une grande partie de la récolte. Le conseil municipal renonça cependant à une aide de l’Etat à condition que le village soit dispensé de payer les impôts de l’année courante.

8.2 Rattaché à quelle paroisse?



Volmunster en 1935 avec son église

Suite au concordat, Eschviller devint l’annexe de la paroisse d’Ormersviller. Le conseil municipal d’Eschviller  (Eschviller était une commune  jusqu'en 1811, où le village est devenu l'annexe de Volmunster) s’y opposa en raison du long et pénible chemin que les paroissiens devaient emprunter. (Ils empruntaient le chemin de la vallée de la Schlossbach, passaient devant le moulin d’Eschviller, puis continuaient sur le sentier longeant la Trubach) Il demandait le rattachement à la paroisse de Loutzviller. Cette demande leur fut refusée, car l’archiprêtre et curé de Volmunster, (Jean Léonard Leurs, d’origine luxembourgeoise,(1802-1812) trouvait que le chemin menant à Loutzviller était aussi pénible que celui menant à Ormersviller. (Cet argument semble être très partial, car ce dernier était plus long). Les habitants d’Eschviller ne voulaient en aucun cas être rattachés à Volmunster où ils devraient contribuer pour la deuxième fois à la construction d’un presbytère. (L'ancien était transformé en école) C’était une belle maison avec des fenêtres renaissance, avec une belle cour à l’avant. Avant-guerre, elle n’était plus habitée. Après-guerre, elle servira de carrière pour construire la salle SaintPierre). Le second presbytère a été construit à l’emplacement actuel de la perception, et le troisième le sera en 1927, c’est celui que nous connaissons. (Une école-mairie sera construite dans la rue du Hausberg à l’emplacement de la maison Hubert Seibert, sous le mandat de M. Nicolas Schaller,(1887-1895) Maire domicilié à Eschviller. Cet emplacement avait été choisi par le maire afin que la mairie soit plus proche d’Eschviller. Durant son mandat, il sera demandé l’agrandissement du croisement et de la rue menant à la nouvelle école. La largeur de la rue du Hausberg sera doublée et passera à 8m jusqu’à la maison Pierre Spanier, actuellement Fernand Schmitt. La commune n’ayant pas assez de fonds pour payer le terrain pris à Nicolas Stauder, l’autorisera à se brancher sur la canalisation communale, alimentant les abreuvoirs communaux)

8.3. Exploitation dune veine de charbon
En 1809, la prospection du charbon fut accordée aux sieurs Dannecker et Boulard. Ils avaient obtenu l’autorisation du préfet. Toutefois, le résultat de leur prospection n’était pas rentable.(C’est en 1811 qu’on découvrit de la lignite, en partie pyrilisée, avec des efflorescences vitrioliques et alumineuses sur le territoire de
Volmunster, Eschviller et Olsberg).

8.4. La poste à Eschviller
La ferme Beck séparée par la “route des Romains”
En 1811, Jean Meyer fut nommé maître de Poste d’Eschviller, son arrêté de 
nomination est visible en mairie, c’était dans la maison de  Adolphe Beck. Le brassard du receveur des postes et des actes sont en possession de Jean Vogel. (Il faut rappeler qu’en 1811, la malle poste s’arrêtait à Eschviller et non à Volmunster,   où habitait Philippe-Maximilien-Louis de Vitztum d’Eguersberg qui sera maire de Volmunster de 1813 à 1830.

8.4 Annexe de Volmunster

En 1813, le baron de Vitzthum est nommé maire de Volmunster, d’Eschviller et de Weiskirch par Napoléon l er. Dès lors et jusqu’à son décès, il fit partie de toutes les associations et des commissions de bienfaisance. La famille Vitzthum ne comptait plus que le précité et sa mère, née Doering. Leurs biens ne furent pas confisqués et ils ont transformé leur château en exploitation agricole.
Mme Vitzthum décéda le 6 mai 1834 et fut enterrée dans la chapelle castrale. Le baron Vitzthum mourut le 26 mai 1855.
Le 30 janvier 1817 est né à Eschviller Henry Frédéric Adolphe YVON, fils de Pierre-Nicolas, receveur des douanes, et de Anne-Marie Neumeyer. C’était une famille très éprouvée. Leurs enfants Marie-Louise, Georges, Joseph, Jean Charles, Anne-Thérèse et Marie Thérèse moururent tous à Eschviller respectivement âgés de 4, 5,3,2 et un an. Quant à Frédéric, il devint garde à cheval, suivit Napoléon III lors des guerres et peignit des événements importants. Ses tableaux ornent les murs des plus grands musées et des édifices gouvernementaux de Washington (USA) et Saint Pétersbourg (Russie)
Rédigé en allemand par Auguste Lauer, instituteur à Eschviller de 1932 à 1936.
Auguste Lauer (1910-1977), historien du pays de Bitche, est originaire de Saint-Louis près de Phalsbourg. Après ses études secondaires du Collège de Sarrebourg, il entre en 1926 à l’école normale de Montigny-lès-Metz. Nommé instituteur à Ormersviller en 1929, à Eschviller en 1932, puis à Petit-Réderching en 1936, où il en devint le directeur d’école. Il prit sa retraite en 1966 et se retira à Enchenberg. Il était Chevalier des Palmes Académiques et Lauréat de l’Académie de Metz. Il consacra ses loisirs à l’histoire du Bitcherland qu’il s’efforçait de mieux faire connaître par des écrits, des conférences et des émissions de radio. Il était le vice-président de la section de Bitche de la Société d’histoire et d’archéologie de la Lorraine.

Le texte en allemand, trouvé par   Michel Mériaux, a été traduit par Joseph Sprunck, qui a rajouté les sous-titres et les explications en italique le 21 mars 2020.
Documents photographiques de Joseph Sprunck. Témoignages d’Antoine Conrad, Georges Deutscher, Alphonse Kirsch, Antoine et Pierre Meyer,.
Bibliographie de M. Lauer
- Die Maren und ihre Grubenwohnungen in Lothringen und seiner Haupstadt E.Colbus
- Alte Bergsiedlung in der Lothringische Vogesen. Dr A. Rausch
- Etwas der Donneraxten - Lothringer kalender
- Historische Errinerungen der glorreichen Festungstadt Bitche: Neu Nachrichten 1936 - Tumuli de Rimling, Cahier d’archéologie, d’histoire d’Alsace de H. Flurer
- Notice sur le pays de la Sarre, de Sarreguemines en particulier de Box
- Les cahiers lorrains: Trouvaille archéologique à Urbach (février 1935) de RS Bour
- Noms des rivières lorraines (École lorraine) de Kieffer
- Bulletin de la Sté d’archéologie Niederbronnaise. E. Glad 1936
- Genealogische Untersuchung zur Geschichte Lothringens und des Westriches. Jahrbuch der Geselleschaft für Alterkunde 1893 de PH. Witte
- Les anciennes républiques alsaciennes de Batifoll
- Ein Vasslenverzeichnis Jahrbuch 1895 de V. Cahtelin
- Les anciens pouillés de Metz de Dorvaux
- Registre du monastère de Hornbach
- Les anciennes verreries du comté de Bitche de Mareus
- Ortsgeschichte Lothringens Bitche XVII et XVIII ème siècle de J. Touba
- Registre des baptêmes de Volmunster
- Devis détaillé du dommage causé par l’occupation de l’ennemi en mairie de Volmunster
- Liste des émigrés - Gain
- Requête des habitants d’Eschviller - mairie de Volmunster
- Histoire de la Révolution française Tome I de Mathiez
- Petite histoire du comté de Bitche de Obringhausen
- Registre des délibérations de Volmunster et d’Eschviller.

Bibliographie pour les annotations
- Encyclopédie Larousse
- Dictionnaire du département de la Moselle de M. Viville (1817)
- Pour Dieu et Pour le Roi (Henner-Hiegel)
- Notre arrondissement de Joseph Rohr
- Nos ancêtres du Comté de Bitche au XVIème si!ècle de Joseph François Gross
- Un village lorrain: Bousseviller de Paul Glath
- Lemberg Son histoire, son patrimoine, ses enfants de Etienne et Philippe Oberhauser
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- Témoignages d’Antoine Conrad, Georges Deutscher, Alphonse Kirsch, Antoine et Pierre Meyer.
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- Il y a 150 ans Le Pays de Bitche (SHAL)

- Photos de Joseph Antoine Sprunck 
Nota:
(1) Récemment, lors d'une fouille pour construire un mur le propriétaire a trouvé   une statue Hercule en grès  et de nombreuses monnaies gallo-romaine à Ormersviller. Un lieu de pèlerinage, peut-être.
(2) La voie romaine passant derrière la chapelle Saint-Joseph est la Koenigsstrasse



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Les épreuves subies pendant et après la guerre de 1939-1945 par une famille lorraine

C’estl’histoire authentique d’une simple famille paysanne du Bitcherland
Quand Antoine, habitant d’Ormersviller (Moselle), situé à la frontière sarroise, à 11 km au nord de Bitche, est mobilisé le 23 août 1939 au 23 èmeSIM à Dieuze (Sud de la Moselle), il ne se doute pas qu’il ne pourra pas exploiter sa ferme d’une quinzaine de hectares pendant sept ans. 



Il quitte Ormersviller avec le “Poschtauto” Jost, prend le train à Bitche, puis à Sarreguemines pour Dieuze, où il reviendra fin 1944 avec sa famille après une longue pérégrination.Il ne retournera avec sa famillehabiterdans son village natal que le 1er avril 1946. Après avoir déménagé huit fois, iln’emménagera qu’en 1954 dans sa maison reconstruite.

Antoine avec ses deux chevaux et René monte un cheval La mobilisation En 1939, Antoine est père de cinq enfants, Yvonne 14 ans, René 13 ans, Marie-Thérèse 10 ans, Valérie 7 ans et Joseph 6 mois. A 43 ans et père de cinq enfants, il ne devrait normalement plus être mobilisé. Antoine va réclame…

Des Lorrains ont participé à un pèlerinage en Géorgie

Pendant huit jours, une trentaine de pèlerins lorrains ont participéà un pèlerinage en Géorgie. Il était initié et dirigé par l’abbé François Riehl. Ce fut l’occasion de découvrir ce pays occupé par les Soviétiques de 1921 à 1991.

Katia, la guide, nous accueille le samedi matin pour la visite de la capitale


Place Saint Georges



De  nombreux espaces verts avec des statues en bronze. Dans les églises,  il n'y a que des icônes, mais en ville on rencontre beaucoup de personnages en bronze.




 Il est midi, des marionnettes sortent de la tour




 Tbilissi est arrosé par la Koura


 Les bains turcs


Le bâtiment de la sécurité


Sur  un mont dominant la capitale se dresse les relais des communications. On y accède en funiculaire et on peut  prendre un repas dans le restaurant contigu.

Les tribulations de Hans Schmidt, prisonnier des Russes.

Hans Schmidt, 92 ans, habite actuellement à Brenschelbach (Sarre) un village limitrophe d’Ormersviller en Moselle. A 17 ans il a dû intégrer la Reichsarbeitsdienst, puis il a été mobilisé. Après les classes, il a été envoyé en Prusse orientale.Son unité a été attaquée par les Russes. Fait prisonnier, il devra travailler durant trois ans dans une mine de charbon en Ukraine du 17 avril 1945 au 29 avril 1948.
Reichsarbeitsdienst

Hans Schmidt lors de notre entretien

Hans Schmidt est né le le 20 juillet 1926 à Beckwiller (Sarre). Son père a été commerçant et a tenu une épicerie à Brenschelbach. Hans y a fréquenté l’école communale, puis a fait des études de droguiste à Zweibrücken puis à Homburg. Elles seront interrompues le 15 décembre 1943 par l’envoi au Reichsarbeitsdienst (RAD Service du travail du Reich) à Lebach (Sarre)

Hans Schmidt militaire

La RAD est une organisation de l'appareil du pouvoir national-socialiste du Troisième Reichdes années 1933 à 1945. À partir de juin 1935 chaque …