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Joseph et Denis Schaff, Alphonse Vogel, tombés dans les griffes de la Gestapo

 

« Il n’y a pas une région française ayant payé un si lourd tribut à sa patrie entre 1940-1945 et si cher à sa libération »


René Cabroz, historien militaire, résistant et ancien de la Brigade Alsace-Lorraine.


Joseph et Denis Schaff, deux frères et Alphonse Vogel leur beau-frère, des résistants mosellans qui sont tombés dans les griffes de la Gestapo et ont été envoyés dans les camps de concentration.


Les Mosellans qui sous l’annexion de fait de 1940 à 1945 ont été emprisonnés et envoyés dans les camps de concentration ont tous  été très courageux pour défier l’occupant nazi, soit en cachant un malgré-nous ou  un évadé, soit par des actes de malveillance. 5 812 ont été déportés, dont 2 960 ne sont plus rentrés. A partir du 12 octobre 1943 et jusqu’au 17 août 1944, près de 1 400 Mosellans dont 173 femmes ont été ainsi détenus.  


Joseph et Denis Schaff, passeurs de  prisonniers français a été déportés à Dachau.



Joseph Schaff


Joseph Schaff, charron à Ormersviller, a été expulsé par l’armée allemande  en novembre 1940 à Guébestroff près de Dieuze, comme  9 000 autres habitants du Bitcherland. Puis il a été arrêté  le 26 décembre 1943,  emprisonné  au Fort de Queuleu, au Struthof puis dans le camp de concentration de Dachau. 



Denis Schaff


Son frère Denis, garagiste à Metz, également passeur, a été arrêté le 18 décembre 1943. 


Alphonse Vogel

Son beau-frère  Alphonse Vogel, réfractaire à l’incorporation, profite des filières de son beau-frère pour rejoindre sa soeur religieuse Barbe à  Landres (Meurthe et Moselle). Il est arrêté le 9 avril 1944 suite à la dénonciation d’un douanier français.


La filière Sarralbe-Dieuze


A partir de 1941, de nombreux prisonniers  de guerre français, évadés des camps en Allemagne se présentaient en Moselle,  très souvent aux portes des presbytères. Ils y cherchaient une aide pour passer  clandestinement de la Moselle annexée pour gagner la Meurthe et Moselle, puis la France de l’intérieur. De plus des jeunes Mosellans ne voulant pas être incorporés de force ou ne pas participer au Service du Travail du Reich (R.A.D.) utilisaient les mêmes  filières. Plusieurs réseaux de passeurs s’étaient constitués avec des Lorrains courageux et désintéressés. Ils risquaient tous leur vie.


La filière Sarralbe-Dieuze


Sarralbe était devenu le relais d’un de ces réseaux, organisé secrètement avec le concours de l’abbé 




En souvenir de la Saint-François le 3 décembre 1946, des confrères d'infortune lorrains et luxembourgeois entourent François Goldschmitt


François Goldschmitt, curé de Dieuze et de sa soeur  Marie, occupant  le presbytère de Rech. Participaient également à ce réseau plusieurs autres prêtres comme le Père Joseph Haller, qui a remplacé  l’abbé Jean-Pierre Karp, ancien curé d’Ormersviller,  expulsé dans le Sud  de la France par les Allemands. Joseph Schaff   étaient surtout en relation avec le père Joseph Haller, curé de Kerprich près de Dieuze. Plus d’une centaine de personnes ont participé de ce réseau pour passer clandestinement les prisonniers français et les insoumis en France de 1941 à 1944.


La combine des passeurs


Les prisonniers français évadés se présentaient au presbytère de Rech où ils trouvaient refuge. Certains habitants de Rech ont également abrité des prisonniers. Ils gagnaient ensuite Dieuze, en se cachant dans un train. D’autres ont été escortés par Joseph Lang, policier municipal de Sarralbe. Grâce à de nombreux habitants de Rech, Sarralbe ou Dieuze, les prisonniers  ont pu changer leurs vêtements. De plus, on leur  remettait de l’argent français. L’abbé Goldschmitt ou sa soeur Marie leur procurait de faux papiers, grâce à l’imprimeur Marcel Pierron ou l’ingénieur Demange à Dieuze. Très nombreuses ont été  ses interventions pour les Mosellans, restés au pays, et ses protestations contre les expulsions, les incarcérations et l'introduction du R.A.D. et du service militaire. Il a été   l'intermédiaire de l'Evêché et de la Gestapo de la Westmark, dirigée par le général SS Anton Dunkern qu’il avait rencontré avant 1936.


Arrestation de l’abbé Goldschmitt


Comme l’abbé François Goldschmitt   s’est opposé à de nombreuses décisions  prises par les nazis, rapidement la Gestapo l’a soupçonné de participer au passage  en France des prisonniers français évadés et des Mosellans réfractaires. Il est arrêté le 24 septembre 1942 «  car il met en danger l’existence et la sécurité du peuple et de l’Etat. Il abuse d’autre part de sa fonction sacerdotale pour exciter((les gens ) contre tout ce qui est allemand, cela d’une manière  si pernicieuse et si provocante… ». Il  a été  interné à la prison de Sarrebruck le 8 décembre 1942, 



Poteau indicateur à Dachau

puis  transféré à Dachau  où il a porté secours au futur ministre Edmond Michelet. Il sera libéré le 29 avril 1945 par les Américains.

Après la Libération, l’abbé François Goldschmitt a été élu conseiller général de la Moselle et a été fait chevalier de la Légion d’honneur.


Fin du réseau

 

Ce ne sera qu’en février 1944, lors de l’interrogatoire d’un Lorrain que la Gestapo a eu vent  du réseau. Plusieurs ont alors été arrêtés à partir du 9 février 1944: Jules Klinger à Dieuze, le Père Andrès, le Père Seiler, le père Joseph Haller

Marie Goldschmitt a été arrêtée le 7 mars 1944. Elle sera incarcérée à Sarreguemines, puis à  Sarrebruck, enfin  au Grand séminaire de Metz, transformé en prison. Là un gardien complaisant  lui donna une piqûre dans le pied pour provoquer un oedème pour lui éviter la déportation à Ravensbruck. Après la libération de Metz le 22 novembre 1944, elle a pu retourner à Rech.

 

Joseph Schaff arrêté et incarcéré au Fort Queuleu


Le 26 décembre 1943, Joseph Schaff est arrêté à Metz par Grachmar de la Gestapo. Le 1er janvier 1944, il est interné au Fort de Queuleu à Metz. Le père Joseph Haller, arrêté le 27 décembre 1943,  a




été et incarcéré au Fort de Queuleu,  puis  au Struthof et à Dachau.  Joseph Schaff raconte son incarcération: « Quand je suis  arrivé au Fort de Queuleu, les geôliers m’ont bandé  les yeux, m’ont précipité   sous une douche glaciale et m’ont brossé vigoureusement pendant toute une heure. J’ai gardé le bandage mouillé pendant cinq semaines sans pouvoir le défaire une seule fois. Sous ce bandage, l’oeil gauche s’est infecté, et ma vision s’est affaiblie  fortement. Ensuite, on m’a conduit devant le sous-officier Georg Hempen, commandant  de la prison. Après mon interrogatoire, j’ai été méconnaissable en raison des nombreux coups que j’ai  reçus. Ensuite j’ai  dû m’asseoir tout droit sur un banc, pieds et mains liés, sans bouger, ni parler. » nous a -t-il raconté.

« Tous les jours, tous les internés ont été obligés  de sortir par un large couloir avec les yeux bandés, et le chef de camp les  a fait avancer avec son chien berger allemand. Un jour, j’ai été mordu à la jambe droite, cette blessure non soignée a mis neuf mois pour guérir. » a-t-il poursuivi. 



Mémorial du Fort Queuleu

Le programme d’une journée


« Il y avait deux interruptions d’une heure.  La première, le matin de 7 à 8 heures, la seconde de 18 à 19 heures pour les besoins naturels qui se font dans une lessiveuse : une heure pour les 84 occupants de la cellule. A midi, il n’y a que dix écuelles : les dix premiers, mangent dans les assiettes,  passent ensuite l’écuelle de soupe ou de café aux dix suivants et ainsi de suite. Mais comme on mange les yeux bandés et mains liées, cela consiste surtout à tremper son visage dans la gamelle qui tient péniblement. La nuit, les détenus dorment à deux sur la même paillasse, mais tête bêche pour ne pas pouvoir se parler »  Après avoir entendu ce récit, presque incroyable, tout le monde a été bouche bée.

Le commandant du camp George Hempen, disait : « Ici c’est l’enfer et moi je suis le diable »

Il a été condamné à mort par contumace en 1951, bénéficia de la loi d’amnistie allemande, et malgré plusieurs autres jugements, il n’a jamais été incarcéré.


Transfert au Struthof, puis à Dachau



Arrivée de nouveaux sur la place de l'appel au camp de Dachau 


Le 17 mars 1944, Joseph Schaff est transféré dans un wagon cellulaire pour rejoindre le camp de concentration du Struthof à Natzweiler, où il est rejoint par son frère Denis, garagiste-carrossier, de là,  il sera transféré à Dachau.  Comme il était charron, Joseph Schaff a moins souffert à Dachau, car il a été chargé d’effectuer des travaux d’entretien dans la camp. Il a également été chargé de construire des charrettes à quatre roues, de brouettes et de petits cercueils. Ces derniers ont servi à recueillir les cendres des déportés luxembourgeois. Joseph Schaff, a profité de sa semi-liberté, pour les cacher sous une des machines dans l’espoir qu’après guerre les familles puissent les récupérer. De plus, il  a fait un peu de troc.  Il a échangé un kilogramme de clous pour un kg de pain. Après son séjour à Dachau, il a été transféré à Allach où 10 000 détenus ont  travaillé au profit des usines d’aviation de la firme BMW. 

Il a été libéré par les Américains le 31 mai   1945 et autorisé à rentrer chez lui le premier juin 1945.  Ne pesant plus que 45 kg, pour une taille de 1,75 m, il a eu du mal pour se remettre de ces différents séjours d’incarcérations inhumaines. Très courageux, il est rentré avec sa famille à Ormersviller où il a remonté son atelier de charron où toutes les machines avaient été prises par les nazis pour alimenter en fer les usines d’armement. Il a été libéré par les Américains le 29 avril 1945 et autorisé à rentrer chez lui le premier juin 1945.  Ne pesant plus que 45 kg, pour une taille de 1,75 m, il a eu du mal pour se remettre de ces différents séjours d’incarcérations inhumaines. Très courageux, il est rentré avec sa famille à Ormersviller où il a remonté son atelier de charron où toutes les machines avaient été prises par les nazis pour alimenter en fer les usines d’armement. 


Sa dernière lettre


  Allach, le 23 mai 1945


                                 Chers frères et famille,


Enfin, je puis une nouvelle fois vous écrire quelques mots en retour à votre lettre que j’ai eu l’année dernière le 26 août. Merci également pour le colis qui l’accompagnait. Je puis vous rassurer sur mon état de santé qui est bon, état dans lequel je vous souhaite être aussi. Vous avez dû traverser des situations difficiles jusqu’à la fin de la guerre. Depuis le 24 août 1944, je n’ai pas eu de nouvelles de ma femme et des enfants, je les espère en vie et en bonne santé. 

Le 4 septembre 1944, j’ai quitté le Struthof  de Natzwiller pour rejoindre Dachau et de là on m’a transféré à Allach près de Munich, la belle ville qu’on dit animée, mais  qui malheureusement s’est enlisée. A Allach, ma tâche était de forger des couteaux. Vous pensez bien que souvent la peur m’envahissait en voyant arriver les vautours. Bien souvent, je pensais porter la chemise de la mort, mais comme vous le savez bien et comme dit le dicton « les mauvaises herbes ne crèvent pas »

Les derniers jours ont été très longs, car les Allemands savaient bien ce qui les attendait. Himmler voulait nous faire fusiller, mais il avait mal calculé son coup, car notre soulagement a été énorme, lorsque les Américains nous ont libérés le 30 avril à 11 h30. Maintenant, nous sommes  redevenus des êtres humains et c’est nous qui observons le traitement infligé aux bottes noires. Cela nous réjouit, enfin  le ménage est fait. Nous n’avons plus besoin de travailler, maintenant, nous passons notre temps à nous promener et fumer des cigares que nous avons à volonté. Le traitement est bon, mais je  préfèrerais rentrer le plus vite possible.  Cependant, je dois prendre mon mal en patience, car ici le camp est infecté par le typhus. La vaccination est en cours. A la fin de la semaine prochaine, on nous emmènera à Constance près du Bodensee. Nous y séjournerons quelques jours, puis nous prendrons la route pour la France, sans connaître notre vraie destination.

Espérons que cela ne prendra pas trop de temps, car le mal du pays est   présent depuis les 17 mois que j’ai quitté la maison.

Durant tout ce temps, bien souvent je m’interrogeais si, à la maison, tout le monde est encore en vie et en bonne santé. J’ai écrit plusieurs fois à ma femme et prononcé son nom à la radio.  J’espère que vous avez de ses nouvelles, car je ne sais pas ma famille est encore à Guéberstroff ou ailleurs. Si par chance, vous recevez cette lettre, soyez gentils et prévenez ma femme. Mon frère Denis était avec moi à Dachau. Nous avons été séparés, mais je n’ai pas su où on l’emmené. Peut-être a-t-il  déjà rejoint notre maison? A Dachau, j’avais également rencontré l’abbé Goldschmitt et l’abbé Haller de Kerprich. 

Je dois arrêter d’écrire, car la voiture de la Croix rouge vient d’arriver. Tous les jours, elle nous ramène des vivres et emporte notre courrier au retour.  Aujourd’hui, c’est une voiture française avec à son bord un fils qui est venu récupérer son père au camp. Cela a été une joie immense pour tous les deux. Je termine avec l’espoir de vous revoir. Je vous embrasse tous très fort.


Joseph Schaff


P.S. Beaucoup de pensées et de bises à ma femme et à mes enfants. Bonjour également à Martin et à sa famille en espérant qu’il possède encore du bon vin blanc comme à l’époque.



Denis Schaff, passeur, a également été déporté






Manuscrit de Denis Schaff


Denis Schaff, arrêté le 18 décembre 1943 dans son garage, 51, route de Magny à Metz pour ses activités de passeur de réfractaires à l’incorporation dans la Wehrmacht et de prisonniers de guerre par la filière d’ Amanviliers. De plus, il fabriquait de fausses cartes d’identité. Son arrestation semble avoir été provoquée par la capture d’un prisonnier passé quelques jours plus tôt. « J’ai été est interné au camp de Woippy jusqu’au 24 mai 1944 puis j’ai été transféré au Struthof.  C’est ici que la vie a été le plus terrible, car mon moral baissait rapidement à la suite des pendaisons et des exécutions.   J’y suis resté cinq mois, et le 5 septembre 1944,  je suis   transféré à Dachau avec mon frère. Le 27 septembre 1944 je suis envoyé à Flossenbürg, puis au commando de  Grödiz (Saxe) où j’ai travaillé avec très peu de nourriture au Mitteldeutsche Stahlwerke comme soudeur électrique. J’ai toujours eu un peu de chance de garder un peu de santé ce qui m’a permis de travailler. Sans cela, j’étais irrémédiablement perdu. Pourtant de 83 kg, j’étais descendu à 50 kg. A l’approche des alliés, les SS nous ont emmenés en plein hiver à travers les montagnes à pied à Budweiss (Tchécoslovaquie) où les Russes nous ont délivrés le 6 mai 1945 »


Alphonse Vogel, réfractaire à l’incorporation dans la Wehrmacht


Alphonse  Vogel, né le 30 août 1915 à Ormersviller a été expulsé avec son père Georges veuf à Hampont (Moselle) qui  a été Siedler. En septembre 1943, il reçoit son ordre de mobilisation. Grâce à la filière de ses  deux beaux-frères, il rejoint sa tante Barbe Vogel, religieuse, à Landres en Meurthe-et-Moselle où il a été employé  comme journalier chez le maire du village. Puis il a suivi sa soeur Barbe mutée à Longwy où il restera huit jours. M. Schang , professeur, fils de l’instituteur de Hampont lui trouvera une place de journalier chez un fermier de Longuyon. Le jour de Pâques, le 9 avril 1944, il a rendu visite  à bicyclette à sa soeur. 


Dénoncé par un douanier français


Assistant d’abord à la messe avant de se rendre chez Barbe,  il a rencontré à la sortie un douanier français, en poste  avant 1939 à Ormersviller. Ce dernier l’invite à boire au café. Tout à coup, deux policiers de la Gestapo, sont entrés  au café, se sont accoudé au comptoir, en observant les clients et puis ils se sont dirigés   tout droit sur Alphonse et le douanier. Ils lui ont réclamé les papiers et l’ont invité à le suivre. Le douanier a laissé faire. Arrivés à la mairie, ils l’ont fouillé et ont trouvé sur lui un livre de messe en allemand et une photo de son cousin Rémy Sprunck, mort sur le front russe en 1943. Ce qui confirme son appartenance à une famille mosellane. Il est  emprisonné de suite dans la cave de la mairie, sa soeur  apprend l’arrestation de son frère par la population, et un gendarme vient la chercher  dans l’après-midi, pendant le repas des gestapistes pour une très courte entrevue avec son frère. Elle pourra le revoir, le jeudi, avant son départ pour la prison de Longwy puis à Nancy à Partir du 11 avril. Barbe raconte toute l’histoire de son frère au douanier qui compatit sur son sort.  Le dimanche suivant, le fermier qui avait hébergé Alphonse, est arrêté à son tour. A partir de là,  Barbe se doute de l’origine de la dénonciation. Fin mai,   Alphonse   est transféré au camp de Woippy vers la fin mai. Le 31 août il est placé dans un convoi de détenus qui passe par la caserne  SS de Morhange.  où tous les insoumis arrêtés sont rassemblés avant d’être transférés en Allemagne. Lors du transfert à Morhange, Barbe en est informée   par un gardien complice.  Elle voit son frère Alphonse pour la dernière fois.. Quand il passe devant elle, il lui dit: « C’est le douanier qui m’a dénoncé. » Les doutes de Barbe se confirment. 


Au camp de torture de la Brême d’or


Le 31 août, il est placé dans un convoi pour  camp de la Neue Bremm,   un camp de torture de la Gestapo à Sarrebruck, en Allemagne. Il s'agissait d'une « prison élargie de la police » située à la Brême d’Or. Ce lieu de sinistre mémoire était géré directement par la Gestapo. Ce camp de transit  de Sarrebruck, est situé à quelques centaines de mètres de l’actuelle frontière entre France et Allemagne. Un historien local nous a rapporté: «  Le prisonnier  était attaché avec une laisse, et  devait marcher comme un canard autour du plan d’eau, attaché à une laisse comme un chien. Comme cette marche est très pénible, il tombait souvent dans l’eau et se noyait »  Il a aurait  dû probablement rejoindre le camp de concentration de Sachenhausen, car un transport était organisé à partir de la Nouvelle Bremm pour ce camp le 4 septembre 1944. Après ce transfert, on n’a plus eu de nouvelles de lui. Il sera déclaré mort en 1951, par un jugement du Tribunal de Sarreguemines. 


Joseph Antoine Sprunck, 

Cousin de Joseph et Denis Schaff et de Barbe Vogel


Sources: 

-  Le Pays de l’Albe N°24

-  Ormersviller, au fil des siècles article de Joseph Antoine Sprunck

Les carnets de Dachau de François Goldschmitt

-  Les années noires, La Moselle annexée de Bernard et Gérard Le Marec

-  Documents transmis par l’Association  du Fort de Metz- Queuleu. pour la mémoire des internés déportés et la sauvegarde du site

-   Mon arrière-grand-père, le charron dans la tourmente de 1939-1945 de Emilie Besenwald

-  Témoignages de Denis Schaff et de sa fille Annie

-  Témoignages de Joseph Schaff et de son fils Lucien

-  Témoignage de Barbe Vogel







 




 

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