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Le mur des païens, le mont Sainte Odile et la manufacture d'armes blanches de Klingenthal

 Le mont Sainte-Odile


Le plan du couvent


Odile est née aveugle, à son baptême à 12 ans elle recouvre la vue. Son père, le Duc d’Alsace Adalric, projette de la marier à un jeune prince de son choix. Il a d’abord fait   construire une résidence, le Château de Hohenbourg, puis il a construit  un monastère en 700, dont il a fait don à sa fille Odile, qui le transformera alors en couvent. 


Tapisserie racontant la vie de Sainte Odile

Le lieu est rapidement devenu un lieu de pèlerinage très fréquenté, notamment pour les personnes atteintes de maladies oculaires. Bien national sous la Révolution Française, le Mont Sainte-Odile est racheté par l’évêché de Strasbourg en 1854, qui le rétablit alors à sa vocation monacale première.

L'entrée du Couvent

Le mur des païens



Nicolas Mengus expliquant le mur des Païens

Nicolas Mengus, membre de la SHAL,  nous a  fait découvrir le mur des païens dont les origines sont longtemps restées obscures et controversées. 



Porte Zumstein du mur des païens


La construction est en appareil cyclopéen aux blocs liés par des tenons en bois, à double queue d’aronde. Des analyses  réalisées sur les tenons en bois, prélevés au XIXe siècle sur le mur, ont permis de le dater  au septième siècle. La qualité de conservation du mur est assez variable. Il a en effet servi de carrière au Moyen Âge et a subi en outre diverses dégradations, outrages et vandalismes, notamment des fouilles archéologiques non autorisées.


Vue de la a plaine d'Alsace à partir du Mont Sainte Odile

La manufacture d'armes blanches

Comme au 18ème  siècle, la France ne possède pas de manufacture  d’armes blanches,  elle les achète à l’étranger. Louis XV décide de créer une manufacture royale et c’est  un Alsacien, Henri Anthès, propriétaire de forges et de fonderies à Rothau qui est chargé de le faire.

Il choisit vallée de l’Ehn, car elle est proche des ressources  nécessaires et surtout  son cours d’eau  qui grâce à l’aménagement de plusieurs biefs. Cet aménagement hydraulique permet aux   roues à aubes à faire tourner les machines.   Les premiers ouvriers viennent de Solingen en Westphalie et les premières armes sont livrées en 1731. 

Dans la  vallée de l’Ehn, d’abord  inhabitée,   les   bâtiments  de la manufacture y sont construits, le

L'atelier au rez-de-chaussée et l'habitation au premier étage

rez-de-chaussée était l’atelier et à l’étage à l’habitat. 

La manufacture d’armes de Klingenthal connaît une grande prospérité, mais ferme en 1836 suite à la construction d’une nouvelle manufacture plus éloignée des frontières. Elle est alors reprise par la famille Coulaux qui la transforme en manufacture d’outils agricoles, puis à nouveau d’armes jusqu’à sa fermeture définitive en 1962.

Visite très intéressante

La visite commentée par une guide débute par la visite  du village avec les différents ateliers ainsi 


Une vanne très rustique


que le ruisseau, le système de vannage et les biefs. Chaque atelier était muni d’une roue à aubes qui faisait tourner les martelets et autres machines. 

Grâce à cette visite,  on découvre  les différentes étapes de la fabrication d’armes blanches,  une très 

La forge

belle reconstitution d’une forge, comprenant son soufflet, le foyer, les enclumes, mais aussi les outils permettant de travailler les ébauches des lames. Une maquette animée montre le fonctionnement d’un martinet de forge. Les lames sont aiguisées sur les


Joël Beck faisant tourner la meule

 meules en pierre avant d’être marquées, gravées et pour les plus belles décorées. De petits ateliers très instructifs sont aussi présentés pour ces différents métiers. On y découvre des collections d’armes,


Une cuirasse

 mais aussi des cuirasses et des outils civils tels que des faux ou des couverts.


Joseph Antoine Sprunck

 Sources:

  • Commentaire de Nicolas Mengus, historien
  • Maison de la manufacture d’armes blanches de  Klingenthal et la guide.
  • Crédit photos: Joseph Antoine Sprunck

 

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