Accéder au contenu principal

Les causes psychologique de la défaite de 1940

 

      

La France est coupée en deux et l'Alsace-Moselle est devenue allemande

L’armistice du 22 juin 1940 est une convention signée en en forêt de Compiègne entre leTroisième Reich, représenté par le général Wilhelm Keitel et le dernier gouvernement de la Troisième République, dirigé par le maréchal Philippe Pétain et représenté par le général Charles Huntzige. 

La population civile 

Le 11 novembre 1918, la France sort vainqueur de la première guerre mondiale. Le pays est vainqueur, certes, mais il y  a des millions de morts, de blessés et de mutilés. Le pays est traumatisé par la boucherie, tout le monde a le même mot d'ordre, plus jamais cela.

La France va devenir un pays fondamentalement pacifiste, y compris dans les plus hautes sphères de son commandement militaire. Pour vivre heureux, vivons cachés, ou protégés par la Ligne Maginot.

La Ligne Maginot reflètera bien la psychologie de tout un pays qui se replia sur lui-même.


La vie politique 


Le pays replié sur lui-même subira à partir de 1930 une tension sociale intense. On frise la guerre civile. La guerre d'Espagne traumatisera toute la classe politique qui dans une ambiance de lutte des classes se méfie de plus en plus des militaires, le putsch de Franco hante les esprits.

La classe politique a une culture pacifiste, le parlement accorde volontiers des crédits pour construire des fortins sur les frontières, mais il s'oppose à la création de divisions blindées.

Le système politique de la troisième république est complètement sclérosé et empêche l'émergence d'un pouvoir fort.


Les militaires 


Pendant que les politiciens s'entre déchirent, on note aussi un conflit larvé chez les militaires, entre les anciens (largement majoritaires), adeptes des positions préparées à l'avance et les modernes, favorables à l'arme blindée et à l'aviation. Les politiciens, évidemment soutiennent les anciens, qui paraissent à leur yeux moins tumultueux et moins dangereux.

Le pacifisme influence la doctrine militaire française qui se veut essentiellement défensive. Elle se résume à se battre sur des positions préparées à l'avance, assurer à tout prix l'intégrité du territoire, disperser ses moyens pour assurer une défense linéaire.

Visiblement une grande partie de la classe militaire a souffert d'amnésie et a oublié les enseignements de la grande guerre. Tout comme, aveuglée, elle n'a pas su tirer les enseignements de la campagne de Pologne en 1939.


Le haut commandement de l'armée française 


Maurice Gamelin, brillant officier, général à 44 ans, remplace le 9 février 1931 le général Weygand au poste de chef d'état-major général de l'armée et membre du conseil supérieur de guerre.

Il cumule en janvier 1938, au moment de la réorganisation du haut commandement français trois fonctions : 

- vice-président du conseil supérieur de guerre, 

- chef d'état-major général (dont la mission théorique est de coordonner l'action des armées de terre, air et la marine) et celle de - - chef d'état-major général de l'armée de terre.

En 1939, lorsque la guerre éclate, il devient commandant en chef des forces terrestres et commandant en chef des armées alliées en France.

De 1931 à 1939 Gamelin remodèle l'armée française et commet de nombreuses erreurs.

  • Au lieu d'unifier le commandement, il le dilue, il crée de nombreux échelons intermédiaires et complique inutilement la chaîne de commandement.
  • A la veille de la guerre, il crée deux théâtres d'opération en France, le nord-est, de Dunkerque au Jura et le sud-est, le front des Alpes.
  • C'est lui qui planifie l'opération Dyle, contre l'avis du général Georges qui est chargé de l'exécuter.
  • Gamelin ne comprend pas le rôle de l'aviation dans la guerre moderne et s'oppose à la création de grandes unités blindées comme le font les Allemands.
  • En 1939, il n'a ni la confiance de ses collaborateurs, ni l'estime de la troupe.
  • Enfermé au château de Vincennes, il ne communique avec ses troupes qu'avec le téléphone. Il déteste les transmissions modernes comme la radio.Le Plan Dyle

Avec le plan Dyle, c'est la défaite


 Le plan Dyle est adopté en novembre 1939 (finalisé jusqu'en avril suivant), La possibilité d'intervenir également dans le Sud des Pays-Bas est envisagée dès novembre 1939 sous le nom d’hypothèse Hollande et à partir de mars 1940, l’hypothèse Bréda, plus ambitieuse, y étend l'hypothèse Dyle. Motivés par des raisons militaires, économiques et politiques pour Les Franco-Britanniques comptent  établir en Belgique et aux Pays-Bas un front défensif pour y arrêter l'offensive allemande plutôt que de le faire sur la  frontière française Le plan  Dyle-Bréda est appliquée le 10 mai 1940, lorsque les Allemands déclenchent le plan jaune (Fall Gelb lors de la  Seconde guerre mondiale, est une hypothèse stratégique des Allemands où ils prendraient l'initiative de l'offensive contre les Franco-Britanniques avec lesquels ils sont en guerre, qui implique également, en dépit de leur neutralité l'invasion de   la Belgique, du Luxembourg et des Pays-Bas)Comme au Nord-Est la ligne Maginot comprend  de très grand ouvrages, les Allemands décident d'utiliser le plan jaune en ne tenant pas compte de la neutralité des trois pays neutres.





Le mystère Maurice Gamelin 


Photo DR


Comment un brillant officier, sorti premier de Saint-Cyr, a pu commettre autant d'erreurs, arrivé au sommet de sa carrière et faire preuve d'autant d'aveuglement ?


Le général avait contacté la syphilis avant 1930. Il a été traité au Val de Grâce avec les moyens de l'époque, mercure, arsenic et bismuth. Il sera traité une seconde fois en 1933 avec un nouveau procédé, la malaria thérapie (on avait constaté que le paludisme neutralisait les effets paralysants de la syphilis).

Malgré ces traitements il semble que la maladie a continué de progresser. En 1939 Maurice Gamelin souffrait des troubles sans doute engendrés par sa maladie. Il se contredit sans cesse, a des troubles de la mémoire, ses subordonnés sont incapables d'obtenir de lui une position ferme sur un sujet quelconque.

Mégalomanie, confusion et contradiction dans ses idées, le généralissime Gamelin a un comportement incompatible avec les fonctions de commandant en chef des forces terrestres et commandant en chef des armées alliées en France.

 Le général Gamelin sera limogé le 19 mai 1940, et remplacé (bien trop tard) par le général Weygand qui avait déjà occupé ce poste jusqu'au 9 février 1931.






Les politiques qui avaient toujours préféré Gamelin le malléable à Weygand le tumultueux, portent une lourde responsabilité face au destin de la France, en donnant autant de responsabilités à un grand malade.

Photo DR


Ne pas croire à l'inviolabilité de la ligne Maginot



Le Général Guillaumat (1843-1940) a dit : « ll est dangereux de laisser se répandre la notion fausse et démoralisante qu'avec la fortification on assure l'inviolabilité d'un pays, qu'un système matériel quelconque puisse être substitué au rude labeur de la préparation des volontés, des coeurs et des cerveaux. »

La France a déclaré la guerre à l'Allemagne, avec une population civile profondément pacifiste, un pouvoir politique sclérosé, une caste militaire aveugle et amnésique et un généralissime malade. La défaite de mai-juin 1940 était annoncée.


Mauvaise tactique:


 De septembre 1939 à juin 1940, les régiments français en poste sur la frontière française sont changés tous les mois. Le premier régiment français sur la frontière du Bitcherland est le 32 R.I de Tours. Le 3 octobre 1939, ils quittent le Bitcherland pour Thal (Bas-Rhin). Par contre  le 127 ème Grenz-Inf-Rgt  allemand restera en Place  à Zweibrücken durant toute la guerre. Lors d'une rencontre le colonel allemand qui commandait le 127 Régiment était étonné  de la tactique française: "En septembre 1939, presque toute l'armée allemande était en Pologne, les Français auraient pu aller jusqu'à Berlin sans problème, mais ils n'ont pas bougé. Changer les régiments tous les mois, était une mauvaise tactique, chaque fois, les nouveaux venaient, et dès qu'ils avaient pris connaissance du terrain, ils repartaient" m'a-t-il. expliqué.

Joseph Antoine Sprunck


Sources: Wikipédia et Google

 

Posts les plus consultés de ce blog

L'itinéraire d'un garçon durant deux guerres

C'est aussi l’histoire  d’une  famille paysanne du Bitcherland durant la dernière guerre   Quand Antoine Sprunck, cultivateur, âgé de 45 ans, père de 5 enfants, habitant d’Ormersviller (Moselle), situé à la frontière sarroise, à 11 km au nord de Bitche, est mobilisé le 23 août 1939 au 23 ème SIM à Dieuze (Sud de la Moselle), il ne se doute pas qu’il ne pourra pas exploiter sa ferme d’une quinzaine de hectares pendant sept ans.      Il quitte Ormersviller avec le “Poschtauto” Jost, prend le train à Bitche, puis à Sarreguemines pour Dieuze, où il reviendra fin 1944 avec sa famille après une longue pérégrination.  Il ne retournera avec sa famille habiter dans son village natal que le 1er avril 1946. Après avoir déménagé huit fois, il n’emménagera qu’en 1954 dans sa maison reconstruite.   Antoine avec ses deux chevaux dans la cour pavée devant l'écurie. Son fils René, âgé de 13 ans, monte un cheval en 1939. La mobilisation...

Guerre d'Algérie: témoignage d'un ancien appelé du contingent de 1961-1963

En 1962, je ne me promenais pas au Bitcherland, mais j’étais en Algérie avec 400 000 autres appelés pour combattre les Fellaghas et l’OAS. C’était pour le maintien de l’ordre, mais en réalité c’était une guerre qui a duré 8 ans de 1954 à 1962. Le rêve d'une "décolonisation en douceur" Pourtant  Ferhat Abbas voulait une  décolonisation en douceur".  C'est pourquoi il  publie e n 1943,  le " Manifeste du peuple algérien ", qui réclame  l’égalité entre Musulmans et Européens, une réforme agraire, la reconnaissance de la langue arabe et une "République autonome" . Puis il jette l’éponge en 1951.   " Il n’y a plus d’autres solutions que les mitraillettes" , s’attrista-t-il. " Toute sa vie, Abbas aura rêvé d’une décolonisation en douceur" ,     écrit Charles-Robert Ageron dans   Genèse de l’Algérie algérienne  . Le maintien de l'ordre se transforme en guerre  Elle a opposé l'armée française à des insurgés nationalistes al...

La riche histoire d'Eschviller contée par Auguste Lauer

Auguste Lauer , instituteur d'Eschvil ler membre fondateur de la Société d’histoire et d’archéologie de la section de Bitche, a enseigné de 1932 à 1936 à Eschviller. Il était originaire de Saint-Louis-lès-Bitche. Il était chevalier   des Palmes académiques et lauréat de l'Académie de Metz. L'école d'Eschviller avait deux salles de classe  Très intéressé par l’histoire locale, il a mené comme son collègue Paul Glad à Bousseviller, des recherches historiques sur Eschviller. Avant guerre, Auguste Lauer et son épouse, née Anne Schwartz, enseignaient dans les deux classes à Eschviller, annexe de Volmunster. Nous avons retrouvé un texte écrit en allemand très intéressant qui est une synthèse de nombreux documents connus en 1936. Il nous apprend mieux ce que les habitants d’Eschviller et de la région ont dû subir sous le joug des seigneurs, à cause des guerres et des invasions. Nous l’avons traduit en français pour vous faciliter la lecture. L...