La capitulation de l'Allemagne nazie, le 8 mai 1945, n'a pas mis un terme aux malheurs des expulsés du Pays de Bitche, qui sans nouvelles de leurs fils depuis plus d'un an, attendent alors leur retour. lls ont entre 17 et 31 ans.
Capitulation à Bitche Photo DR
Quelques chiffres.
De 1942 à 1944, 132 000 Alsaciens-Mosellans ont été incorporés de force dans l'armée allemande. 125 000 sont envoyés sur le front russe, 7 000 seront engagés ailleurs sauf en France. 30 000 d'entre eux sont morts,30 000 furent blessés ou invalides, et 10 500 sont portés disparus.
Mêlés à la population allemande, polonaise, roumaine, serbe, et dispersés dans de nombreux villages du Saulnois, les habitants des 18 communes transportés de force dans le sud du Département, avaient beaucoup de difficultés à cacher les insoumis. lls n'étaient pas chez eux, ils ne connaissaient par leur voisins, ils se méfiaient de tout le monde. Bannis, spoliés, déracinés, asservis, ils se résignèrent à ce que leurs fils endossent l'uniforme abhorré de l’occupant.
Vexations.
Pour les survivants de ces « Malgré-Nous", la capitulation du Ill ème Reich n'a pas signifié la fin des combats, ils ont connu la détresse morale de se retrouver dans les rangs des vaincus et d'être associés à leurs crimes. La France, grâce à l'intervention de l'Association des Evadés et Incorporés de force, n'informera que le 29 juin 1945 les alliés de la situation des" malgré-nous" pour que les Alsaciens et les Mosellans ne soient pas assimilés aux prisonniers allemands de la Wehrmacht. Beaucoup se méfiaient de ces Français qui avaient porté l'uniforme allemand, car ils les assimilaient à ceux qui s'étaient engagés dans la Légion des Volontaires Français. D'ailleurs tous les "Malgré-Nous" seront interrogés par le 2ème Bureau avant d'être démobilisés. En automne 1946, 14 780 seront libérés, et en octobre 1950 on n'est sans nouvelles de 13 669 d'entre eux. Le 16 avril 1955, Jean-Jacques Remetter retrouve son village natal après 10 ans de détention dans les goulags sibériens. A Volmunster, certains seront libérés
en juin 1945, mais Jean Faber de Weiskirch est seulement rentrer en juillet 1948.1949
Pour mieux comprendre la situation de ces Malgré-Nous, j’ai interviewé cinq, dont chacun a combattu sur un autre front.
Malgré-Nous en Italie.
André Schutz, né le 14 septembre 1923 à Strasbourg, élève de l'Ecole Normale de Strasbourg a été mobilisé le 15 mai 1943.
- Dans quelle arme avez-vous été affecté.?
- Après avoir fait mes classes dans l'artillerie à Muhlhausen (Thuringen) j’ai fait la campagne d'Italie où j'ai été blessé par des éclats d'obus à la fameuse bataille de Mont Cassino le 27 juillet 1944. J'ai été rapatrié et hospitalisé à Sankt Wendel en Sarre jusqu'en septembre 1944. A l'approche des Américains, tous les malades ont pu rentrer chez eux, sauf les Alsaciens-Lorrains. J’ai été transféré à l'hôpital de Badewiller, près de Fribourg où j’ai pu rester jusqu'en novembre 1944.
- Vous êtes alors retourné sur le front.
- Pas tout de suite, car à ma guérison, une infirmière alsacienne m'administra, à ma demande, une piqûre de térébenthine. Cela fait très mal, un furoncle s’est formé
et j’ai pu rester à l’hôpital. A ma guérison, alors que les autres pouvaient rentrer, après quelques jours de convalescence dans un hôtel, j’ai été envoyé au front en février 1945, alors que l'Alsace était libérée.
Le train que j'avais pris fa été bombardé par les avions français et américains, et une bombe incendiaire est tombée non loin de moi, m’a transformé en torche vivante. Je me roulais sur le sol pour éteindre les flammes, et j’ai à nouveau été hospitalisé. Guéri, le 19 mars 1945, j’ai dû retourner en Thuringe. Arrivé à Gotha, j'essayais de me me cacher. Les Américains arrivaient, alors que tout le monde fuyait, un civil m'emmena chez lui pour me cacher dans la cave. C'était extraordinaire qu'un Allemand cache un déserteur.
- Avez-vous rejoint les Américains?
- Habillé en civil, je me présentais aux Américains à la mairie. Ces derniers m’ont demandé d'aller chercher mes affaires, et ont promis ma libération..
Au moment de dire au revoir à ces Allemands sympathiques, ils m’ont remis leur appareil photographique pour ne pas devoir le remettre aux Américains, ainsi qu'une photo de famille, et grâce à celle-ci, j’ai pu les revoir en janvier 1995. Ceci est encore une autre histoire.
- Quand avez-vous été libérés.
- Le 6 avril 1945, j'ai passé la nuit à l'orangerie de Gotta avec les autres prisonniers allemands. Nous avons été transportés par camions, puis par train dans des wagons à bestiaux jusqu'à Marseille où nous sommes arrivés le 2 mai 1945 au camp 404, d'où nous devions être embarqués pour les Etats Unis. Lors de notre transfert en train, les Français nous jetaient des pierres du haut des pont. C'était humiliant. Arrivés au camp, nous avons été sous la coupe de soldats polonais qui nous prenaient également pour des Allemands, et de plus nos parents ne savaient pas que nous étions prisonniers en France. Grâce à l'intervention du Directeur de l'hôpital de Colmar, dont le fils était avec nous, les Alsaciens-Lorrains ont été libérés le 7 juillet 1945. Deux mois après la fin de la guerre. Durant cette captivité, j'ai souffert de mauvais traitements, de la faim, de la soif, de la chaleur. Notre moral était à zéro. Notre libération a été une véritable délivrance.
Libéré par subterfuge.
Alphonse Kirsch né le 3 octobre 1924 à Volmunster est mobilisé le
25 octobre 1943, il aidait son père Joseph, expulsé dans le Saulnois, où il gérait une "Siedlung". Alphonse Kirsch a tenu un carnet journalier où, il inscrivait tous les événements importants du 1 er septembre 1939 à son retour de captivité.
- Comment se fait-il que vous ayez tenu un carnet journalier?
- Si vous le lisez, vous constaterez que je n'y ai inscrit que les mauvais souvenirs. Les événements étaient tellement nombreux qu'il était difficile de tout retenir par coeur. D'ailleurs, ce carnet ne me quittait jamais, c'était mon confident. Quand j'ai inscrit le 9 janvier 1944, que les sous-officiers nous ont fait marcher, coucher et sauter durant toute la journée dans l'eau et la boue. Pour moi, ce fut la plus terrible journée de ma vie. En le confiant à mon carnet, cela me calmait.
- Pourquoi vous ont-ils fait subir cette manoeuvre en plein hiver?
- Tout simplement parce qu'ils n'avaient pas eu le droit de rentrer en permission, ni à Noël, ni au nouvel An, seuls les officiers y ont eu droit. Alors, ils se sont défoulés sur nous.
- Vous avez été sur quel front?
- J’ai été affecté dans une unité des transmissions au Sud de Varsovie en Pologne. Nous avons été logés dans des baraquements pour les classes, mais après, nous logions très souvent chez l'habitant. Comme j'étais dans les transmissions, j'étais toujours à l'arrière du front où, en règle générale nous étions bien nourris. Nous n'avons jamais pillé les maisons."Celui qui pille est abattu" on nous le répétait sans cesse.
- Par qui avez-vous été fait prisonnier?
- Au moment où dans notre région, l'armée allemande s'était rendue, mon unité se trouvait entre les Russes et les Américains. Nous nous sommes rendus aux Américains qui nous ont laissé toutes les affaires sauf les armes. C'était le 4 mai 1945 à Burghausen. Ils nous ont enfermés dans un camp où nous étions 80 000 prisonniers allemands. Nous étions dans un grand parc entouré de barbelés et de miradors. Il était formellement interdit de s'approcher des barbelés à moins de 5 m. sinon, les gardiens tiraient.
Nous dormions tous à la belle étoile pendant tout cette période, heureusement que ce n'était pas l'hiver. Quand il pleuvait, nous étions trempés, et les vêtements séchaient ensuite sur notre corps. Nous étions moins bien lotis que les bovins dans un parc qui peuvent s'abriter dans les haies ou sous les arbres.
- Quand avez-vous été libéré?
- A partir du 1er juin, 1945, les Américains, ont décidé de libérer les prisonniers par régions, afin de remplir les trains mis à leur disposition. Dans ce camp, j'ai retrouvé Théo Klein de Dollenbach, et nous nous retrouvions tous les jours. Toutes les régions allemandes ont été appelées au haut parleur, sauf l'Alsace et la Lorraine. Comme Volmunster était sur la frontière sarroise, je me décidais de me présenter dès qu'ils appelleront les Sarrois. Le 5 juin, le haut-parleur demande à tous les Sarrois de se présenter au rapport en vue de la libération. J'y vais, et je suis libéré. Nous prenons le train en direction de Sarrebruck, je suis sauvé. Après avoir été démobilisé, je me rends à Metz, chez mon cousin Denis Schaff. Je ne le reconnais presque pas, tellement il était maigre. Il m'apprend qu'il revient de Dachau, où il avait été déporté le 18 décembre 1943 avec son frère Joseph d'Ormersviller et libéré par les Américains le 29 avril 1945.. Tous les deux avaient été passeurs et ont été arrêtés suite à une dénonciation. Sa femme me fait savoir que mes parents ont quitté Louvigny pour Volmunster.
- Comment avez-vous rejoint Volmunster?
- J‘ai pris le train jusqu'à Bitche, où mon oncle me prêta un vélo et le 13 juin 1945, à la Saint Antoine, à 23 h. j'ai trouvé ma famille à Volmunster dans la maison Paltz, qu'ils venaient d'emménager le 22 mai 1945. Tous les ans, nous fêtons ce jour. Théo Klein, qui n'avait pas rejoint les groupes des Sarrois comme moi, ne sera libéré qu'au mois de juillet. Aucun pont n'était encore réparé à Volmunster, il fallait utiliser les gués pour traverser les ruisseaux.
Le malgré-nous francophone
Robert Gaspard, francophone, né le 15 décembre 1922 , tourneur sur métaux, a été incorporé le 15 janvier 1943 dans l'artillerie.
R.L.Comment se fait-il que les Allemands n'aient pas expulsé vos parents, alors qu'ils étaient francophones?
M.G. Comme mon père a remplacé le boulanger du village, tué à la guerre, il a pu rester. Bien sûr il a aidé la population dans le mesure du possible, de plus il est entré de suite dans la résistance et devint passeur de prisonniers et de mosellans réfractaires. D'ailleurs, celui qui est devenu mon beau-père Joseph Vogt, cachait résistants dans son fenil. Au moment de la libération il en cachait 14.
Mon père avait appris à parler l'allemand, car il avait fréquenté l'école allemande avant 1918. Mais la population continuait à parler le français, bien que cela était interdit. Chacun avait intérêt à rester discret, sinon c'était la déportation. Tout le monde vivait dans la crainte d'être arrêté, d'autant plus que nous étions francophones.
- Comment cela s'est passé votre incorporation?
- Le premier jour, un sous-officier allemand tria les francophones et les dialectophones. On nous sépara, et pendant toute la nuit, le sous-officier dans la cour de la caserne nous fit faire des exercices:"Couché, debout" et le matin, il nous dit."Maintenant, vous savez l'allemand".En réalité, j'étais un francophone pur, et je ne savais pas un mot d'allemand. Les Allemands croyaient que nous faisions semblant de ne pas connaître leur langue. Je fus affecté dans une section où j'étais le seul mosellan avec 20 Allemands. J'étais toujours le dernier à réagir, car je devais d'abord regarder ce que faisaient les autres. Ces derniers n'ont jamais fait de politique avec moi, et se comportèrent comme de vrais camarades.
- Où avez vous fait campagne?
- En Pologne, où nous devions nous battre contre les partisans, j’ai fait connaissance avec un autre mosellan Alex Schneider. Nous avons essayé de nous rendre malades en buvant un mélange de poudre et d'aspirine pour pouvoir bénéficier d'une permission, au cours de laquelle nous devions nous évader grâce à la chaîne de passeurs de mon père. Ce breuvage provoqua de la fièvre, nous avons été hospitalisés et nous eûmes droit à une permission. Alex Schneider eut sa permission le 11 juillet 1943, et a réussi de passer la ligne de démarcation et rentra dans la résistance. La mienne a été accordée accordée le lendemain, je pris le train. mais je dus rejoindre à nouveau mon unité, car toutes permissions étaient suspendues, et je dus faire une croix sur mon évasion, car je n'eus plus droit à aucune permission. Je fus envoyé sur le front russe où je fus blessé par des éclats d'obus.je fus opéré en Russie dans un hôpital de campagne, puis transféré à Minsk, puis à Leipzig et à Wiesbaden.
- Etes- vous retourné au front?
- Le 15 janvier 1945, alors que j'étais en convalescence, j'ai déserté avec neuf autres Allemands.J'avais pris soin d'emmener mon dossier médical et mes papiers, et nous avons marché pendant cinq semaines, en prenant la direction de la frontière suisse. Nous avons traversé les champs et logé chez l'habitant. Mais le 25 avril nous avons été faits prisonniers par les Américains, emmenés au camp de Ludwigshaffen où il y avait 60 000 prisonniers. En tant que mosellan, j'ai été libéré le 7 juin 1945 et transféré au centre de démobilisation de l'on devait garder l'uniforme abhorré allemand jusqu'au dernier jour. Je rejoignis Avricourt en train, et j’ai fait le reste du chemin à pied. C'est à trois heures du matin que je retrouve mes parents qui étaient sans nouvelles depuis plus d'un an.
Malgré-nous sur une île norvégienne.
René Sprunck agriculteur, né le 14 août 1926 à Ormersviller,
incorporé le 14 mars 1944 dans la marine, alors que ses parents ont été expulsés et transférés à Manhoué dans le Saulnois.
- Comment cela se fait-il que ayez été affectés dans la marine?
- J’ai été incorporé avec 800 autres Alsaciens Lorrains, j'ai fait mes classes à Pommern dans la marine nationale, alors que je ne savais même pas nager. En juin avec 30 autres malgré-nous sans avoir eu une permission, nous avons pris le bateau, et après quatre semaines de mer nous sommes arrivés dans l'lle d'Alta où nous étions une unité de 100 soldats chargés de surveiller et défendre le sud de la Norvège avec des batteries d'artillerie.
Nous avions seulement à nous battre contre les partisans. Par rapport à mes camarades, c'est moi qui ai le moins souffert de la guerre. J'avais vraiment de la chance. Nous avons été faits prisonniers par l'Armée anglaise. Avant de nous rendre, nous avons jeté toutes nos armes dans la mer.
- Etiez-vous également dans un camp?
- Pendant la nuit, nous étions dans un petit camp de prisonniers, et pendant la journée, nous aidions dans les familles à faire des travaux domestiques. Au mois de septembre, tous les Alsaciens-Lorrains ont
été rassemblés dans un camp où j'ai rencontré Jean Meyer de Volmunster, puis transféré par bateau en France. Arrivés, au Havre nous avons été accueillis par une fanfare . Après une réception dans une grande salle, nous avons été emmenés par train à Châlons sur Saône où nous avons été démobilisés le 29 septembre 1945.
- Où avez-vous rejoint vos parents?
- Je n'avais plus de nouvelles de mes parents depuis août 1944.J’ai pris le train pour Nancy, d'où je partais à pied avec Jean Meyer à Manhoué, où nous les avions quittés quand nous avons été incorporés. Hélas, ils n'y étaient plus. C'est à Bioncourt, que j'ai appris qu'ils avaient été évacués à Nancy, qu'ils avaient quitté pour Dieuze en avril 1945.
Je les retrouvais le 2 octobre, ils ont été étonnés de me revoir, car ayant toujours été sans nouvelles, alors que la guerre était terminée depuis cinq mois, ils avaient commencé à perdre espoir.. Ce fut une très grande joie dans toute la famille. Ne pouvant revenir à Ormersviller, où notre maison était entièrement détruite, nous sommes seulement rentrés le 1er mai 1946, et nous avons logé dans un baraquement, à côté des prisonniers allemands. Cette fois, j'étais de l'autre côté des barbelés. En fin de compte, ma famille dans les tribulations de la libération, a beaucoup plus souffert que moi, d'autant plus qu'ils avaient perdu pour la deuxième fois leurs biens.
Malgré-nous en Yougoslavie.
Gustave Vogel, né le 2 février 1921 à Ormersviller, agriculteur, a été incorporé dans le génie militaire le 21 mai 1943.
- Où habitiez vous lors de votre incorporation?
- A partir de 1941, mes parents, affectés à la ferme d'Etat à Ormersviller, ont pu à nouveau habiter dans leur propre maison, mais devaient payer un loyer à l'Etat, qui se l'était appropriée, lors de l'agrandissement du camp de Bitche, où les habitants de 18 communes ont été expulsés et expropriés sans indemnité.
- Où avez-vous été affecté?
- J’ai tout de suite été envoyé en Yougoslavie où mon unité était chargée de réparer ce que les partisans avaient saboté. Nous avons reconstruit des ponts et réparé des voies de chemin de fer.
- Aviez-vous des contacts avec les partisans ?
- Le 14 juillet 1943, les dix Alsaciens- Lorrains de l'unité, nous nous sommes retrouvés au café pour fêter la fête nationale française. Bien sûr, nous avons chanté la Marseillaise. Grâce à cet acte de rébellion, les partisans ne s'en prenaient jamais à nous..
- Où avez-vous été faits prisonniers?
- Le 8 mai 1945, nous avons jeté nos armes dans le Danube, et avons essayé de rejoindre notre domicile. Mais le 13 mai, l'armée anglaise nous fait prisonniers et nous a emmenés à Ulm où nous sommes affectés dans un camp dirigé par les Américains et où je rencontre un compatriote Joseph Beckerich. Là nous avons beaucoup souffert de la faim. Tout d'abord, nous avions un pain blanc pour 5 hommes par jour, puis plus rien du 5 au 15 juillet. Quand j'ai été libéré le 26 juillet avec 150 Alsaciens-Lorrains à Kehl, je ne pesais plus que 52 kg. Nous avions pris le train jusqu'à Sarreguemines, d'où je suis rentré à pied. Joseph Beckerich, ne pourra pas m’accompagner, car ses parents habitaient encore à Blanche Eglise près de Dieuze.
Epilogue
Pendant plus de cinquante ans, les "malgré-nous" n'ont pratiquement jamais parlé de leurs " aventures" vécues pendant la guerre, car ces souvenirs, qui sont de mauvais souvenirs, ne correspondent point à l'image qu'ils voulaient se donner d'eux-mêmes. C'est pourquoi, ils les ont longuement refoulés, car ils les gênaient. Leur douloureuse histoire est peu connue, et il a fallu attendre 1979 pour le principe d'une réparation. Leur humiliation continue actuellement, car pour prouver leur nationalité française, malgré les circulaires du ministère de l'Intérieur, ils doivent produire l'acte de réintégration de leurs parents.
Joseph Antoine Sprunck



