La ville de Deux-Ponts ou Zweibrücken qui a pu célébrer en 1952 son six centième anniversaire, l'octroi du droit de bourgeoisie par l'empereur Charles IV remontant à 1352, est naturellement beaucoup plus ancienne. Si l'on ne tient pas compte de l'occupation romaine sur les terrasses fluviales de la Schwartzbach et de la Hornbach à Ixheim et Niederauerbach, qui s'étendaient de Ernstweiler jusqu'à Schwartzenacker et qui disparurent dans la tourmente des grandes invasions, c'est vers 1150, que les comtes de Sarrebruck édifièrent dans un méandre de la Schwartzbach, un peu au-dessous de son confluent avec la Hornbach, un château fort auquel on ne pouvait accéder que par deux ponts.
Ce château fort et la cité qui se développa rapidement sous sa protection, sont ensuite attestés pour la première fois par les documents, à l'époque de Frédéric Barberousse, aux environs de 1170.
Vente du comté
Le dernier des comtes de Deux-Ponts, vendit et mit en gage le château et la ville de Deux-Ponts au Palatinat, et le comte palatin Stéphane,
fils du roi Rupprecht III du Palatinat, hérita en 1410 de l'ancien conté de Deux-Ponts, le réunit à l'héritage de sa femme, donnant ainsi naissance au futur duché de Deux-Ponts dont Deux-Ponts devint capitale. La ville prend un essor relativement rapide. En 1488, on mentionne déjà en ses murs, le premier imprimeur Jörg Gessler et, c'est à lui que Deux-Ponts doit le privilège de compter parmi les 64 villes qui en Allemagne sont connues pour être les lieux d'impression des éditions dites « incunables"
Le duc adopte la réforme
Vers la fin du 15ème et au début du 16ème siècle, après un pèlerinage du duc Alexandre, fut construite une église à qui plus tard, on donna son nom et, dans laquelle un peu plus de dix ans plus tard, Johann Schwebel s'engagea en faveur de la réforme; le duché de Deux-Ponts fut ensuite une des premières principautés allemandes à l'adopter. Le duc Wolfgang fonda dans le cloître sécularisé de Hornbach une école de latin qui devint plus tard le "Gymnasium bipontinum illustre" , dont la bibliothèque constitue encore aujourd'hui le coeur de la "Bibliotheca Bipontina" le duc Wolfgang fit arpenter et décrire 1'"Oberamt" (circonscription administrative) de Ponts par le géomètre Tileman Stella, originaire de la ville de Siegen.
C'est de cette description que provient une des premières reproductions de la ville de Deux-Ponts. Ie duc Wolfgang périt en 1569, près de la ville de Limoges en France, lors d'une expédition guerrière entreprise pour y soutenir les Huguenots.
Détruite lors de la guerre de Trente ans
Pendant la guerre de Trente Ans, la ville fut détruite et mise à feu et à sang, après avoir une première fois résisté sous les ordres du colonel suédois Reinhold von Rosen à une attaque impériale.
Suivirent les guerres de réunion menées par la France sous Louis XIV, au cours desquelles Deux-Ponts subit également des dommages considérables et de nouvelles destructions importantes. Jusqu'à la paix de Ryswik de 1697, Deux-Ponts resta sous occupation française. Ensuite, le duché revint au royaume de Suède. Les rois de Suède descendaient de la maison des Princes Palatin de Deux-Ponts et Charles XI et Charles XII étaient à la fois ducs de Deux-Ponts et rois de Suède. Ils ne voyaient certes pas les provinces dont ils avaient hérité, et ils se faisaient ici représenter par des gouverneurs qui administrèrent bien le duché, et contribuèrent beaucoup à sa reconstruction. De cette époque date l'église Charles (1711), oui prit le nom du roi de Suède Charles XII, le "lion du Nord". Devant les portes de la Ville Haute, se constitua un nouveau quartier, le faubourg du Haut, avec les bâtiments d'habitation des fonctionnaires de l'administration suédoise, qui correspond à l'actuelle rue d'Ixheim.
Arrivée du roi polonais Stanislas Leszcynski
C'est également à cette époque, où la ville était sous influence suédoise, qu'y séjourna le roi polonais Stanislas Leszcynski envoyé par le roi de Suède Charles XII à Deux-Ponts où il trouva asile. C'est à lui que la ville de Deux-Ponts doit l'actuelle faisanderie, un château de plaisance de style turc, construit par Stanislas, auquel il avait donné le nom de "Tschifflick".
Parmi les artistes et les fonctionnaires de l'administration qui vinrent à Deux-Ponts sous l'occupation suédoise, se trouvait aussi l'architecte Jonas Erikson Sundahl, qui fit édifier après la mort de Charles XII pour le nouveau duc de Deux-Ponts Gustave Samuel Léopold dans les années 1720 - 1725,
Une période florissante
C'est sur son initiative que se constitua le nouveau faubourg ou faubourg du Bas. A cette époque Deux-Ponts connut sa période la plus florissante au plan culturel et économique. Dans le musée municipal se trouvent quelques témoignages remarquables de cette grande époque. En 1757 Christian IV créa le Régiment ROYAL DEUX-PONTS qui était au service de la France et participa à l'expédition du Comte de Rochambeau en Amérique. Sous le commandement des comtes Wilhelm et Christian de Deux-Ponts, fils du fondateur du régiment, ils prirent la redoute 9 et contribuèrent par cela définitivement à la victoire des Américains dans la Bataille de Yorktown en Virginie le 19 octobre 1781. Le dernier duc qui régna à Deux-Ponts dut fuir à Mannheim devant l'armée révolutionnaire française qui avançait régna à Deux-Ponts et du duché brûlèrent.
Développement de la ville
Mais l'originalité de la ville déjà remarquée par Johann Wolfgang Goethe, lors d'une courte visite, était restée intacte. La ville de Deux-Ponts en perdant son statut de capitale, était ramenée à un rang insignifiant, elle se souvint alors de ce qu'elle avait été et commença à chercher sa nouvelle vie. La grande tradition des imprimeries fut maintenue, les entreprises artisanales dynamiques devinrent des fabriques métallurgiques, qui constituèrent au fil du temps d'importantes entreprises qui constituèrent au fil du temps d »importantes entreprises.
L'usage du Code civil créé par Napoléon I en vigueur dans le Palatinat, et d'autres idées venant de France et aussi d'Amérique et que l'on avait reprises, avaient laissé des traces, en particulier chez les juristes et les avocats. C'est ainsi que Deux-Ponts vit naître l'association allemande pour la patrie et la presse, ainsi elle constitua également l'un des points de départ de la fête de Hambach, le premier mouvement démocratique allemand.
L'industrie métallurgique, les fabriques de chaussures et de tissu, et les brasseries représentèrent l'essentiel de la vie économique de la ville de Deux-Ponts jusqu'à l'aube du XXème siècle. Les courses de chevaux mentionnées pour la première fois en 1821, étaient devenues depuis 1875 une institution annuelle. En 1914 fut plantée la roseraie de Deux-Ponts sur l'emplacement des anciens jardins ducaux, entre temps elle est devenue une des plus importantes roseraies en Allemagne et au-delà.
Augmentation des habitants
Le nombre des habitants passa de 15.000 au début du XXème siècle à 30.000 quand la seconde guerre mondiale éclata. La fusion des communes achevée seulement en 1972, constitua entre autres un facteur déterminant en apportant de nouvelles populations. Lors d'une attaque aérienne, le 14 mars 194 la ville fut détruite à plus de 80 %. Comme la ville était en partie évacuée le nombre de 211 morts resta en dessous des pertes habituelles survenues lors de pareils raids. Les années après 1945 furent très dures, mais comme déjà si souvent dans le passé, on se mit courageusement à reconstruire la ville.
Une ville nouvelle vit le jour, Juste un petit nombre d'édifices historiques rappelle encore le passé. Et pourtant, ils témoignent de la richesse historique de la ville: l'église Alexandre avec l'ancienne tombe des Wittelsbach, l'église Charles, le château, le nouveau Faubourg où de nos jours, se trouve avec la mairie, le centre administratif de la ville.
De nouvelles installations et de nouveaux quartiers virent également le jour.
Deux-Ponts même resta marquée par les emblèmes historiques. La ville de Deux-Ponts est aujourd'hui "la ville allemande des roses et des chevaux", une ville agréable et de tradition ancienne.
Verkehrsamt von Zweibrücken