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L'histoire de Volmunster

 Volmunster, ancien chef lieu de canton, est formé du village et de deux annexes: Eschviller et Weiskirch et quatre écarts: les moulins de Weiskirch et d'Eschviller, la ferme de la Voie lactée et la zone artisanale.

  

Les nombreux tumuli celtes  


Après la fin de la dernière période  glaciaire (-1100) des agriculteurs   et des éleveurs sédentaires s’installent en Lorraine.

 La période celte en Lorraine s'étend d'environ 600 avant J.-C. Ils ont laissé des traces grâce aux nombreux  tumuli ou tombes dans  nos  forêts. Le plus grand tumulus se trouve  dans la forêt 



Le  tumulus celte d'Altheim


d’Altheim qui était un village  lorrain jusqu’en 1781.



Des Romains aux Carolingiens


A la fin du 1er siècle avant notre ère, les celtes ont été latinisés. 

La rue des Romains  menait à une ferme gallo-romaine. Il en fut de même sur le site du  Moulin d’Eschviller. Pendant trois siècles, la région était occupée par les Romains, puis à la fin du 3ème siècle arriva le christianisme. Et au cours des VI ème et VII ème les abbayes ont été construites. Au VIII ème siècle, démarre l’aire des carolingiens. Pendant plusieurs  siècles le territoire est souvent convoité.


La terrible guerre de Trente ans


En 1618, c’est la guerre de Trente Ans, et en 1627, la peste a ravagé à nouveau  tout le Bitcherland. En 1633, les Suédois ont occupé la région et l'ont mise à feu et à sang. Très peu d’habitants ont survécu. La preuve, en 1681,  une seule naissance a été enregistrée pour une paroisse de quatre villages.



La borne des Suédois

A la fin de la guerre de Trente ans, Volmunster a fait partie de la prévôté de Rimling et de la seigneurie de Bitche. En 1680, le roi Louis XIV a pris un arrêté donnant la faculté aux habitants des gouvernements de Hombourg et Bitche de défricher autant de terres incultes qu’ils pourront labourer. Elles sont  assignées et distribuées  par l’intendant de la province, sans rien payer, pendant dix ans. Ceux qui ont mis en valeur ces terres sont restés les propriétaires.


La Schwalb


Volmunster, Weiskirch  sont arrosés   par la Schwalb, qui prend sa source au nord de Lemberg et se jette dans la Horn à Hornbach. Elle a   26 km de long et alimentait dans le temps 16 moulins, dont quatre sont situés sur le ban de Volmunster.



La Schwalb sur le point de déborder


Le premier est celui de Weiskirch qui avait dans le temps deux roues à aubes, entraînées par le courant de la Schwalb. Le canal avait été creusé uniquement pour réguler la hauteur de l'eau.

Le second, est la Oligmuhle, moulin à huile, qui fournissait l'électricité au village  dès 1914, avant la construction de la ligne électrique en 1928. Ce fut Jean Schaff, que tout le monde connaissait encore après guerre qui avait aménagé cette petite usine électrique.




Le Moulin Arnet

Le troisième est le moulin de  Arnet, qui a été reconstruit par son arrière grand-père Joseph Arnet après la dernière guerre. La roue à aubes a été remplacée par une turbine. Il fait partie des quatre derniers moulins à farine du département de la Moselle. Sa farine, reconnue comme produit du terroir par le Parc Naturel Régional des Vosges du Nord  a également reconnue pour le  label Qualité Mosl.  Elle est très appréciée par celles qui aiment faire des pâtisseries car il n’utilise  que des blés tendres de la région.


Le site du Moulin d’Eschviller


Le quatrième est également très connu, le Moulin d'Eschviller, dont nous connaissons exactement l'historique grâce au livre écrit par  Antoine Schleininger. Il accueille actuellement de nombreux  touristes et beaucoup d’élèves  de la maternelle au secondaire par an. Le visiteur est toujours accueilli par un animateur ou un  guide bénévole qui met le moulin en marche et produit de la farine devant tous les visiteurs. Cette farine est broyée par deux meules actionnées par une grande roue à aubes de 5,2 m de diamètre, développant une force de 8 chevaux vapeur. 



A l'intérieur de la salle d'exposition, chaque visiteur découvrira l'historique des moulins à grains, une exposition sur le grain et le pain. Il est ouvert du 1er avril  au 31 octobre.


 

La roue  Poncelet à aubes courbes

Un group est accepté durant toute l'année sur réservation.

Les groupes aiment  également faire une courte incursion dans la vallée de la Schwalb, gérée écologiquement grâce à la mise en place des Highlanders ou poilus cornus.


La paroisse Saint-Pierre


Volmunster formait jadis une vaste paroisse, relevant de l'archiprêtré de Hornbach qui comprenait jusqu'à la Révolution 7 paroisses: Eschviller, Weiskirch, Nousseviller, Dollenbach   Epping, Urbach et Ormersviller.  Le patronage de la paroisse a été donné à l'abbaye de Herbitzheim par le dernier comte épiscopal de Metz, Albert de Dagsbourg († 1211) à laquelle l'évêque de Metz incorpora la paroisse en 1275; le lieu-dit «Abtissenbesch» rappelle encore cette appartenance. Après la suppression de l'abbaye (1554), le patronage passa au seigneur de Bitche. Depuis 1802, la paroisse de Volmunster a été érigée en chef-lieu d'archiprêtré avec 4 anciennes annexes: Eschviller, Weiskirch, Nousseviller et Dollenbach.

L'église, trop petite, fut interdite en 1782,  rebâtie en 1816. 

L‘église Saint Pierre de Volmunster rebâtie en 1816, puis en 1854 de Volmunster a été entièrement  détruite puis  reconstruite après la guerre de 1957 à 1960.  



Son clocher a 29 m de haut et la croix qui le surmonte mesure 3,5 m. A l'origine, Volmunster était à la tête d'une vaste paroisse de l'archiprêtré de Hornbach.




La mosaïque représente Saint Pierre, patron de l'église ainsi que Saint Bernard de l'abbaye de Sturzelbronn  et Saint Firmin de Hornbach qui ont prêché au Bitcherland. Le carton  a été conçu par Jean-François Favre. C’est l’artiste parisienne Michèle Massiou qui a réalisé cette mosaïque géante dans la niche du fronton de l’église de Volmunster en l’été 1996. 




Dans le choeur est accroché une belle tapisserie réalisée au point Gobelin réalisé  par quinze dames de Volmunster en 1992. Le carton a été conçu par Jean-François Favre Elle raconte la vie de Saint Pierre.


L’école élémentaire


Le concile de Trente  (1547) avait prescrit aux curés  d’entretenir un maître d’école en accord avec la municipalité. On lui attribuait encore d’autres charges comme chanteur, sonneur de cloche, bedaud durant toute l’année et maître d’école durant l’hiver…Jusqu’en 1776,  l’école n’a été fréquentée qu’en hiver. Le 28 juin 1833, la loi Guizot  imposa aux communes de plus de 500 habitants de financer une école de garçons. Le 23 juillet 1836, aménagement d'une extension de la loi  Guizot aux filles sans obligation communale. Le 15 mars 1850, promulgation de la Loi Falloux sur l'instruction primaire et la liberté des enseignements primaires et secondaires. A Volmunster, la première  école était dans le premier presbytère  dans la rue des Juifs, puis  en 1895, une nouvelle école a été construite dans la  rue du Hausberg. Après la guerre, l’école élémentaire a été ouverte dans un baraquement le 16 janvier 1946 par André Schutz, puis en octobre 1946 soeur Concilia a enseigné  dans l’école de filles. En 1960 l’école de filles et celle des garçons sont entrés dans le bâtiment  actuel. En 1972, l’école maternelle a ouvert après les vacances de Pâques.


 La mairie école

Les écoles sont  depuis 2018 fermées dans les petits villages autour de Volmunster, les élèves sont tous regroupés à l’Ecole Adolphe Yvon. Elle  regroupe les élèves des communes de Breidenbach, Lengelsheim,  Loutzviller, Nousseviller-lès-Bitche, Schweyen où les effectifs étaient insuffisantes  pour maintenir une école. L’école maternelle Le Petit prince regroupe les élèves des mêmes villages dans deux classes.

 Il y a en 2026, trois classes élémentaires et deux maternelles.


Activités dans la village.

En 1860, ily avait un jege de paix, une perception des contributions directes, un bureau de l'enregistrement, 2 notaires et 2 huissiers, une brigade de gendarmerie, un bureau de charité,  une commission administrative , une poste, une école de filles avec 56 élèves  et de garçons avec 50 élèves.

De plus en plus de services  publics ont fermé avant l’année 2026 comme la gendarmerie, la perception, mais aussi les deux médecins, le  dentiste,  l’atelier de machines agricoles, l’atelier de couture et de fabrique d'articles pour enfants. Il reste en 2026 la poste, la pharmacie, une banque, la boucherie, la boulangerie, le tabac et épicerie, trois restaurants, un salon de coiffure, un garagiste,  plusieurs artisans en peinture, arts ménagers, sanitaires, couvreur, etc. 


La Table paysanne

Les associations sont regroupées dans l’Interassociation. Les plus actives sont  les arboriculteurs, les apiculteurs, les amis du moulin, 



  Age d'or au restaurant en  2018


l’Âge d’or, le Colimaçon, les vétérans de l’ASV,  les Charentais, Eschviller plus, la chorale Saint-Pierre, les sapeurs-pompiers, le conseil de fabrique, les pêcheurs, les parents d’élèves, les mandolinéros, l’AMEM, le club d’épargne Sans souci, le club d’épargne Les Copains d’abord…Certaines  associations sont actuellement moins actives qu’il y a trente ans.

Par contre l’organisation de la foire  aux marchandises diverses créée en 1979 n’avait que 40 stands le première année, et actuellement, ils sont quatre fois plus nombreux, sans compter les stands de restauration de plusieurs associations.



La fin des paysans  


Alors qu’après  la guerre 1939/1945, la plupart des familles géraient une ferme, tout a changé à partir de 1960.  Ainsi on a vu la diminution considérable de la petite paysannerie de subsistance, et après  le remembrement en 1999 c’est l'avènement des fermes modernes gérées par les paysans-agriculteurs, cultivateurs, éleveurs. 




En deux générations, les exploitations  agricoles ont été broyées, bousculées, car avec le remembrement les exploitations se sont  spécialisées et sont de plus en plus étendues. Les fermes ont été construites en dehors  du village.


Que font nos nouveaux paysans?


Plusieurs exploitants agricoles  font de l’élevage. Deux fermes  élèvent des vaches laitières, trois autres  des vaches allaitantes. Par contre, la ferme de la voie lactée à Eschviller élève des chevaux et produit du lait de jument. 

On ne voit plus de champs de betteraves ou de pommes de terre, mais surtout du blé, du maïs et du colza. C’est ainsi  que  des silos à grains ont dû être agrandis. 

Avec ces regroupements, les arbres ont été déracinés et de nombreuses haies ont été arrachées. C’est ainsi que les paysages ont complètement changé. Par contre,  beaucoup de petits vergers ont été créés derrière les habitations, par contre les  jardins potagers sont rares.

Avec tous ces changements,  les traditionnelles  maisons rurales sont transformées en logements pour abriter des rurbains.


De plus en plus d’Allemands s’installent à Volmunster 

  

Les Allemands sont nombreux à résider à Volmunster. Plusieurs paramètres entrent en jeu (immobilier, choix du cœur). C’est surtout la fiscalité allemande  qui pèse lourd dans la décision.

 « Quand je bossais chez Ford à Sarrelouis, j’avais 4 000 € de salaire mensuel, explique un jeune binational. En vivant en Sarre, je payais 8 000 € d’impôt sur le revenu par an. En m’installant en Moselle, je suis passé à 4 000 € d’impôts par an. » m’a confié un transfrontalier.

Contrairement à l’idée reçue, nos impôts sur le revenu sont plus favorables que dans bien d’autres pays. Y compris l’Allemagne !  Voilà comment certains Allemands font le choix de devenir frontaliers de leur propre pays. De plus, certains n’hésitent pas pas à entrer dans les conseils municipaux.

Changement constant

L’identité de Volmunster  est en  changement permanent, il en est ainsi dans les écoles, dans la vie communale. En 1959, les jeunes gens se déplaçaient à  bicyclette ou en autobus, partaient travailler  en bus. Certains travaillaient dans les houillères, dans les usines en Allemagne, les  femmes ont travaillé dans les fabriques   de chaussures, les jeunes commencent à  faire des études secondaires et universitaires. La plupart passent leur permis pour  se déplacer en voitures, les épiceries dans les villages ferment à cause des supermarchés de Bitche et de Rohrbach-lès-Bitche. Avec l’arrivée du téléviseur,  on parle de moins  en moins avec les voisins, on ne se déplace plus à pied, on prend la voiture pour acheter le pain. On devient solitaire., c’est ainsi que l’on ne connaît plus tous les habitants du village. 


 

La rue du presbytère rénovée 

La vie communautaire change complètement. Volmunster se trouve dans un espace  ouvert, une zone d’échanges et de contacts facilités par leur bilinguisme qui génère une certaine ouverture d’esprit. C’est ainsi que de nombreuses rencontres avec les Charentais  continuent à s’organiser.

Une eurorégion 

Grâce à la pacification des relations franco-allemandes, la frontière continue à exister, mais il n’y a plus de barrières. Grâce à  l’euro, une monnaie commune, et   notre bilinguisme les relations  sont  bonnes non seulement entre les habitants, mais aussi les politiques. Le château d’eau franco-allemand  d’Ormersviller en est un exemple. Malgré la guerre de 1939-1945, j’ai constaté qu’à notre retour en 1946 il n’y avait aucune haine contre les Allemands. J’accompagnais souvent mon père, il allait plus souvent à Brenschelbach qu’à Volmunster.

François Roth, historien disait: Lorraine, terre de passage, d’accueil et de contact


Joseph Antoine Sprunck


Bibliographie: 

  • l’Arrondissement de Sarreguemines de Joseph Rohr
  • Histoire de la Lorraine et des Lorrains de F. Roth
  • Des enquêtes personnelles
  • Photos  Joseph Antoine Sprunck


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