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Au retour en 1945 et 1946 les expulsés et les évacués étaient tous pauvres

Quand les expulsés des 18 communes rattachées au camp de Bitche reviennent  en 1946 dans leur village détruit, ils sont déçus mais heureux d'être vivants et de pouvoir revenir dans leur village et de retrouver leurs terres. Ils sont tous décidés de recommencer à zéro. Ils savent déjà que l'Etat fournira  le même nombre de chevaux et de vaches qu'ils avaient en 1939.

Le butin emmené par les Allemands en 1944


 Photo DR
Le 1 septembre 1944, c’était la retraite des Allemands dans le Saulnois où 9 400 habitants du Bitcherland ont été expulsés pour remplacer les habitants. Le 1er septembre 1940 tout un régiment allemand bat en retraite et traverse Manhoué.  A midi les  militaires se ont invités  chez l’habitant.  Ils en ont  profiter pour emmener tous 



les chevaux, toutes les vaches et toutes les bicyclettes. Dans la foulée, les  douaniers, les familles  allemandes et  roumaines les suivent.  Seuls restent sur place  les Mosellans  et les Polonais. D’après le rapport du directeur des services agricoles les Allemands ont emmené  27 000 chevaux de trait. 


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Au 1er octobre 1945,  3 000 d'entre eux sont retrouvés en Sarre et dans le Palatinat, 3 300 sont mis à la disposition des paysans mosellans par l'armée et 737 chevaux belges introduits dans le département. Il en manque encore 8 000 pour redonner un bon départ à l'agriculture. 

Le déficit en bovins atteint  47 000 têtes au début de 1945. Leur récupération en Allemagne est très aléatoire, car un grand nombre d'entre eux ont  été abattus. Les achats à l'extérieur ne donnent pas le résultat escompté, et il manque 15 000 vaches laitières pour que toutes les exploitations redeviennent viables. Le troupeau ovin de 1945 est réduit de 22 000 têtes par rapport à celui de 1939, quelques centaines de bêtes seulement ont pu être ramenées d'Allemagne. Les porcs et les animaux de basse-cour ont été décimés au moment de la Libération. La production forestière du département n'atteint que 40% de celle de 1939, dans les catégories des bois d'industrie et des grumes à sciage. 


L’enlèvement des bombes, des obus et des mines.


La production agricole de la Moselle ne retrouvera le niveau de 1938 qu'en 1949, après avoir surmonté un dernier handicap : 

l'enlèvement des bombes et des mines qui truffent les terres cultivables, empêchant tout travail, et qui causent parmi les cultivateurs de nombreux et tragiques accidents . Le déminage par les prisonniers allemands a duré jusqu’en 1948 dans les 18 communes du Bitcherland  rattachées au camp militaire de Bitche-camp. Les travaux de déminage commencent dès la fin de 1944 et, vers septembre 1945, 305 civils et 1 400 prisonniers de guerre allemands y sont occupés. Deux écoles sont créées pour instruire les démineurs : à Metz, pour la région de langue française et à Morsbach, pour la zone germanophone. Leur tâche est lourde : les superficies à déminer dans le département sont. évaluées à 50 000 hectares, dont 8 000 de forêt et 35 000 environ de terres cultivables, répartis sur 694 communes parmi les 764 que compte la Moselle. A la fin de septembre 1945, des travaux ont été entrepris dans 460

communes, sur une superficie de 28 570 ha, et 579 774 mines et  642 713 en engins ont été enlevés.


230 démineurs et 75 000 mines


 Dans l'arrondissement de Sarreguemines, 75 000 mines allemandes, américaines et anglaises sont ôtées par 230 hommes dont 80 civils et 150 prisonniers de guerre allemands (P.G.A.). On compte quatre morts et six blessés graves parmi les démineurs. Devant l'angoisse de la population, le service de déminage met les bouchées doubles. Près de 2 500 prisonniers de guerre allemands (P.G.A). et 304 démineurs civils travaillent dans trois zones bien distinctes qui suivent les lignes de défense allemandes : la vallée de la Moselle et de la Seille, la zone de Courcelles-Chaussy/Bénestroff/Fénétrange et celle de Forbach/Sarreguemines/Bitche. Au 1er juillet 1946, 35 680 hectares ont été prospectés et 18 141 autres contrôlés. La prospection est la première phase du déminage, elle est suivie d'un contrôle, or, en Moselle, les terrains prospectés et non encore contrôlés sont pourtant cultivés .En 1947, l'effectif du service de déminage se stabilise, mais sa tâche s'alourdit puisqu'au 1er octobre 1946, il est chargé des travaux de désobuage et de débombage, précédemment confiés à l'armée. En 1950 encore, ce service procède à l'enlèvement de 116 mines, 381 bombes, 6 957 obus et engins, de 20 560 cartouches, détonateurs et fusées et il ne s'est pas passé une année depuis lors, sans que l'on ait retrouvé de ces dangereux vestiges.


Reprise du travail


L'extraction du charbon reprend dès 1945 et, à la fin de cette même année, 12 000 tonnes par jour, soit 55% du tonnage de 1938, sont extraites, malgré le manque d'effectifs, de personnel qualifié, de logements, de ravitaillement, etc... La restitution à la navigation du Canal de la Marne au Rhin permet l'acheminement du bois des Vosges vers les régions houillères. Les combats pour la Libération ne touchent ni les mines de fer ni les usines sidérurgiques. Pourtant, leur situation n'est guère brillante. Le bas niveau de leur activité s'explique par la pénurie de combustible et un très grave manque d'entretien durant la période d'annexion. Après 1945, avec les attributions de coke allemand au titre des réparations

50 000 tonnes par mois soit 20% de la quantité de 1938. La production des hauts-fourneaux démarre. En septembre 1945, elle représente 17% de celle de 1938. Les aciéries Thomas et les fours Martin connaissent la même évolution : 22% de la production de 1938 pour les premiers et 15% pour les seconds.
Dans les laminoirs, le tonnage des produits finis atteint, en septembre 1945, 20 696 tonnes, soit 23% de la production de 1938. Dans les mines de fer, la production de septembre 1945 n'atteint que 31% de la moyenne mensuelle de 1938. 


 Un jeune garçon tué par un engin de guerre


Le jeudi 21 avril 1966, plusieurs garçons de Volmunster sont allés en bande au Moulin d’Eschviller. Ils  trouvent des engins de guerre dans les décombres d’un ancien bunker en ruines. Lors de la manipulation,  un engin a  explosé et a blessé mortellement Jean-Claude Ober, l’aîné   d’une famille de trois garçons. 





Jean-Marie Keller, Patrice Muller, Aloyse Weber et Antoine Kirsch seront seulement blessés et hospitalisés à l’hôpital de Saint-Avold. Patrice Muller, malgré ses blessures, réussit à arrêter l’hémorragie au cou de Jean-Marie Keller avec son pouce. Il se souvenait de la leçon sur les arrêts de saignements appris à l’école lors d’une leçon de secourisme en classe de  Fin d’études. Il sera décoré de la médaille d’honneur pour acte de courage et de dévouement par le député Etienne Hinsberger. 


La pauvreté des habitants expulsés en 1946 


Photo JAS
Les différents baraquements 


Ils ont tous été évacués ou expulsés avec 30 kg par personne. Ils sont revenus  soit dans leur maison plus ou moins détruite soit dans une baraque sans électricité et sans  eau. Tous recommençaient à vivre avec le strict minimum. Il fallait acheter une lampe de pétrole  et une lanterne pour  les étables en bois. Les écoles n’ont ouvert qu’en 1946. Heureusement que l’Etat a fourni des chevaux et des vaches. Chacun a fait de son mieux. Beaucoup de familles ont perdu leurs fils.




Sources

- Rapport du Directeur des Services Agricoles. Ouvr. cit., pp. C.G.

1945.Rapport du Conservateur des Eaux et Forêts, p. 16.
22)

Assemblée Nationale, 25 février 1949. Jules Thiriet, p.

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