Le 1er septembre 1939, tous les habitants de plus de 300 localités mosellanes, résidant dans la zone rouge le long de la frontière allemande sont évacués dans les départements de la Charente, la Vienne, le Pas-de-Calais ou encore la Loire et la Saône-et-Loire.
Suite à la défaite de la France en juin 1940, au courant de l’été les Allemands demandent aux réfugiés de rentrer au pays. Certains qui ont trouvé du travail décident de rester en attendant que la guerre se termine. Ce sont particulièrement, les paysans qui décident de rentrer et quelques autres.
Retour en Moselle
Pour le régime totalitaire nazi , c’est la suprématie d'une race, la domination, l’élimination des opposants et résistants de toutes sortes. Avec la victoire de l’armée allemande, la Moselle est abandonnée au vainqueur avec les départements alsaciens, au mépris de la convention d'armistice acceptée par le gouvernement du maréchal Pétain.
En septembre1940, le retour en Moselle est organisé par les Allemands qui vont contrôler tous les rentrés à Saint-Dizier. Certains, considérés comme indésirables, sont refoulés pour différentes raisons.
Bloqués dans la région de Sarrebourg
A leur grande surprise, les habitants des 18 communes mosellanes arrivent dans la région de Sarrebourg et y sont bloqués jusqu’à la mi-novembre 1940 et ils ne savent pas pourquoi. Cela concerne les communes de Bousseviller, Breidenbach, Epping, Hanviller, Haspelschiedt, Hottviller, Lengelsheim, Liederschiedt, Loutzviller, Nousseviller-lès-Bitche, Ormersviller, Rolbing, Roppeviller, Schorbach, Schweyen, Volmunster, Waldhouse et Walschbronn arrivent dans la région de Sarrebourg et y sont bloqués jusqu’à la mi-novembre 1940 et ils ne savent pas pourquoi. A leur grande surprise, les Allemands éparpillent les réfugiés mosellans dans différents villages du Saulnois en novembre 1940. Ceux qui sont retournés dans leur village au Bitcherland sont expulsés en novembre 1940 par les militaires allemands du camp de Bitche, et sont tous affectés dans les fermes du Saulnois où les propriétaires étaient également expulsés.
En novembre 1940, la police et l'administration allemandes expulsent de 80 000 à 100 000 Mosellans indésirables au motif qu'ils sont inassimilables, irrécupérables ou simplement inutiles. Ainsi, des familles dont l’un des parents est originaire de l’Intérieur sont expulsés.
La mauvaise surprise des rentrés de Charente
A leur grande surprise, les habitants revenant de Charente des 18 communes de Bousseviller, Breidenbach, Epping, Hanviller, Haspelschiedt, Hottviller, Lengelsheim, Liederschiedt, Loutzviller, Nousseviller-lès-Bitche, Ormersviller, Rolbing, Roppeviller, Schorbach, Schweyen, Volmunster, Waldhouse et Walschbronn arrivent dans la région de Sarrebourg et y sont bloqués jusqu’à la mi-novembre 1940 dans des villages de la région de Sarrebourg. Certains sont inquiets et rejoignent leur village au Bitcherland. A leur grande surprise, les Allemands éparpillent les réfugiés mosellans dans différents villages du Saulnois en novembre 1940.
Une famille du Bitcherland rend visite au propriétaire de la maison qu'ils ont occupée de 1940 à 1944 .
Ceux qui sont retournés dans leur village au Bitcherland sont expulsés en novembre 1940 par les militaires allemands du camp de Bitche, et sont tous affectés dans les fermes du Saulnois où les propriétaires étaient expulsés.
Expulsion des indésirables
Les indésirables doivent partir en novembre 1940 au motif qu'ils sont inassimilable et irrécupérables. La police et l'administration allemandes organisent le départ de 80 000 à 100 000 personnes, dans 48 départements et surtout dans la région lyonnaise. Les expulsions touchent l’ensemble du département, mais en priorité le Saulnois rattaché à la Moselle allemande en 1871. Les 9 000 Mosellans du Bitcherland seront affectés surtout aux fermes et les autres à divers postes.
Départ volontaire de 7 000 Mosellans en 1941.
Ne supportant plus la vie avec les Allemands, 7 000 Mosellans demandent officiellement à émigrer, ce qui leur est accordé en 1941. Comme 30 000 personnes ont été expulsées, 70 000 évacués de septembre 1939 ont refusé de revenir en 1940, ce sont 100 000 Mosellans francophones et francophiles, patriotes et anti-allemands qui sont répartis dans toute la zone libre. Les maisons des 18 communes expulsées non occupées sont pillées et ont été bpmbardés en mars 1945 par les Américains.
Les incorporés de force
La loi du 16 février 1943, obligeaient tous les jeunes Français nés entre 1920 et 1922 à un service du travail obligatoire (STO) en Allemagne entre juin 1942 et juillet 1944. C’était également valable pour les Mosellans restés en Charente. Par contre, les jeunes gens des familles non rentrées ne seront pas incorporés de force, alors que les garçons comme les filles des rentrés ont dû passer au conseil de révision, aller à l’Arbeitsdienst (service du travail) puis à l’armée, suite à ordonnance du 19 août 1942. Les jeunes Mosellans ont été contraints d'effectuer leur service militaire dans l'armée allemande. La désertion n’était possible qu’en passant par la frontière suisse. Hélas, elle permettait la confiscation de l’ensemble des biens des évadés et la déportation de leur famille. C’est pourquoi cette répression incita la plupart ds Malgré nous à répondre à l’appel. N’ayant aucune confiance aux recrues alsaciennes et mosellanes, les Allemands ont décidé d’envoyer la plupart des recrues mosellanes sur le front russe, et en Norvège. C’est pourquoi ils étaient très nombreux à être en captivité au camp de Tambov en Russie, dont les derniers ont seulement été libérés dans les années 1950.
Joseph Antoine Sprunck
Sources:
Sources:
- L’arrondissement de Sarreguemines de Joseph Rohr
- Le Pays de Biche par Marie-France Jacops, Jacques Guillaume et Didier Hemmert
- Bitche et son pays de André Schutz
- Site de la communauté des communes
- Collections de photos personnelles.
- Un village lorrain: Bousseviller de Paul Glath
- La Lorraine de Guy Cabourdin et Jean-Alain Lesourd
- La Lorraine annexée de François Roth
