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L'histoire de la chapelle Sainte-Anne

 La chapelle  Saint Anne Anne de Guiderkirch a été construite en l'AN 1619, suite à une promesse faite par un couple aisé (ou noble) auquel la mort avait arraché successivement leurs quatre enfants.

Mais hélas, la guerre dite de trente ans qui a duré  en Lorraine plus qu'un demi siècle, laisse la vallée de la Bickenalbe toute en ruine et inhabitée pendant plus de dix ans . Lorsque vers 1680 la région commence à se repeupler par des "SIEDLER" venus d'un peu partout, tout est ruine et désolation. L'Abbé Dominique Krebs  venu du Duché de Luxembourg essaie de reformer la paroisse  Guiderkirch-Uttweiler -Erching . Il entreprend en même temps la reconstruction de la chapelle Sainte Anne et y ajoute un clocher et une mansarde qui servira d'abri au frère ermite qui jusque là avait sa "résidence" dans une grotte creusée dans le flanc du Linschelberg. 


« Das Glöcklein » sonne le couvre feu


C'est également à l'abbé Dominique Krebs  que revient le mérite de la cloche de la chapelle dite "das Glöcklein" qui pèse 13 kg et porte une ceinture de bronze dans laquelle est coulée l'inscription en langue allemande: Ich gehöre de Sanckt Anna Capel  in Guiderkirchen  Anno Domine 1714 .

A partir de 1752, sur décret du Duc de Lorraine (Stanislas Leszc-zynski)das Glöcklein sonnera le "couvre feu" pendant un quart d'heure en été à 9 heures du soir et en hiver à 8 heures du soir.

La question se pose: Pourquoi la cloche de la chapelle et non celle de l'église paroissiale? — Tout simplement parce que le clocher de l'église était tellement vétuste qu'il menaçait de s'écrouler.

La cloche enterrée durant la Révolution


Succès des fêtes à la chapelle


Plus tard, pendant la Révolution Française, "das Glöcklein"

a échappé  à la fureur des pilleurs grâce à l'Abbé Gaspard Beck qui l'a enterrée dans le flanc du Linschelberg, à l'approche des vandales. Malheureusement la chapelle a été incendiée après avoir été pillée.

Ce n'est qu'en 1806 que la paroisse a de nouveau un curé l'Abbé

Thomas qui se voue sans réserve à la reconstruction de la chapelle. Mais le manque de finance et son grand âge l'empêchent d'achever son oeuvre. Son successeur, Abbé Cordier,  professeur en théologie au Collège Saint Augustin de Bitche prend la relève et inaugure la nouvelle chapelle en 1829, qui pour une raison d'économie n'a plus ni mansarde, ni clocher. "Das Glocklein" est accrochée à une poudre de la charpente, par une ouverture laissée dans le plafond pend une corde qui permet de faire sonner la cloche  au grand dam des "Lausbuben" qui en profitent abusivement cela pendant plus d'un siècle jusqu’ au 1er septembre 1939


Au fil du temps, le 26 juillet, jour de la fête de Saint Anne; le pèlerinage à la chapelle de Guiderkirch prend une évolution considérable ainsi que "Anne-Märkt »  C’est une foire de marchandises diverses auxquelles s'ajoutent "au temps moderne" le bal des pompiers et autres attractions.


Premiers dégâts de la guerre


Le sanctuaire de Sainte Anne dans la vallée de la Bickenalbe sera très maltraité dès le début de la guerre en Septembre 1939. Le premier obus qui fut tiré  tombe sur la chapelle, il fracasse la charpente qui entraîne dans sa chute la cloche.

Pendant toute la guerre on ne s'occupe plus  beaucoup de la chapelle gravement sinistrée dans laquelle parfois des maquisards se cachent pour dormir. Après la guerre, le colonel Compagnon  raconte dans son journal de campagne:

" .Les vases sacrés de la chapelle de Guiderkirch n'ont pas été emportés lors de l'évacuation de la commune le 1. septembre. J'en ai fait l'inventaire avant de les faire parvenir à l'évêché de NANCY. Nous avons récupéré parmi les décombres de la chapelle une cloche que nous avons convoyé par camion militaire hors de la zone rouge."


Das Glöcklein" est revenue à Guiderkirch.


En mars1945, le curé de Montbronn dévoile à un groupe de réfugiés de Erching-Guiderkirch qu'une petite cloche portant l'inscription: ICH GEHÖRE DER SANCT ANNA-CAPEL IN GUIDERKIRCH, se trouvait dans le clocher de son église, elle est fêlée.

"Das Glöcklein" est revenue à Guiderkirch. La chapelle étant en ruines ainsi que l'église paroissiale, elle a trouvé refuge dans le grenier de l'école des garçons à Guiderkirch jusqu'en 1960 date à laquelle elle s’en ira dans les fonderie de DIEULOUARD en Meurthe et Moselle. Sa masse fondue sera coulée dans les nouvelles cloches de l'église paroissiale, car une cloche fêlée ne peut plus servir.


Occupation des militaires français


Le 95. Régiment d'Infanterie en temps de paix en garnison à Bourges/Cher , commandé depuis 1938 par le Colonel Compagnon quitte le quartier Carnot le 31 Août 1939. pour se rendre au front en Lorraine.

Le 6 septembre 1939 le colonel Compagnon s'installe à Erching, le village évacué le 1. Septembre est plein de troupes.

Sur les  Hauteurs   du Baumbuch, l'artillerie est en position pour bombarder les défenses allemande, tandis que le 95. R .I. stationne à Erching pendant quelques jours, en réserve derrière les troupes françaises qui sont entrées en Sarre et repoussent les Allemands vers l'Est. Le Poste de Commandement du Colonel Compagnon est installé dans une maison au milieu du village (actuel Brühl). Les rues sont transformées en un bourbier de plus en plus profond, au fur et à mesure que troupes et attelages et chars de combats défilent vers les hauteurs, d'autant plus qu'une pluie glaciale tombe depuis des jours.

Le 12 septembre, le 95. Régiment s'engage dans la bataille et le Colonel Compagnon installe son Poste de Commandement à la ferme du Merzenwald (Grünfelder), non loin du monument)  

La mission du Régiment est de rejeter les forces allemandes vers la ligne Siegfried, vers Deux-Ponts  et de nettoyer les crêtes boisées du Hochwald et la vallée de la Bickenalbe. Les bataillons précédés de chars de combats appuyés par l'artillerie, s'engagent vers Böckweiler à travers les bois; vers Medelsheim -Altheim sur les plateaux dénudés, vers Peppenkum par la vallée.

Les unités du 95. Rég. Inf. atteindront Böckweiler Altheim   et Neu Altheim. Le Colonel Compagnon transporte alors son Poste de Commande en plein bois, à la sortie du chemin menant à Medelsheim , un étroit sentier boueux où passeront toutes les communications, le ravitaillement en vivres et en munitions et aussi les blessés, évacués sur le Poste de Secours du Régiment à Erching.

Le  premier  officier du régiment  mort au Champ d'honneur a été tué à Peppenkum.

Fin septembre, le Régiment est relevé, il laisse sur le champ de bataille 12 tués, dont 3 Officiers.

Trente blessés ont été évacués à travers la forêt sous la pluie glaciale qui tomba pendant tout le mois de septembre.

C'est en souvenir  de ces sacrifices  que l'amicale des Anciens Combattants du 95. Régiment d'Infanterie a fait élever à proxi - mité de la Ferme du Merzenwald  à un jet de pierre de la frontière avec l'accord de la commune d'Erching , le monument,  a été inauguré en présence du Préfet de la Moselle, le 25 juin 1961. Le terrain a été offert gracieusement par Nicolas Huver.


Restauration 


Photo J.A.S.


La chapelle Sainte Anne réparée provisoirement après la guerre, sera restaurée bénévolement par les Sapeurs-Pompiers de la commune en 1984.

Voilà la dernière page de l'histoire de la chapelle Sainte Anne de Guiderkirch qui n'a plus ni clocher ni cloche. Elle a servi s de morgue, et une fois chaque année le 26 juillet à la fête de Sainte Anne, elle redevient lieu de pèlerinage et de fête champêtre avec foire et autres attractions.


Rénovation

 


En 1999, le curé de la paroisse, l’abbé Francis Mazerand, a émis le projet de rénover le plafond de la chapelle en y réalisant une fresque représentant les couleurs de l’année liturgique. Il confia la conception à une artiste locale, Marielle Loutz.La mise en peinture fut réalisée par un peintre de Guising. La fresque représente proportionnellement les couleurs la liturgie, l’abbé Mazerand l’a dénommé ‘la liturgie céleste »L’œuvre originale, allie deux styles, « l’ancien » et le « moderne ».

Paroisse de Guiderkirch ou Erching

Le Chanoine Marcel Schneider originaire de Guiderkirch nous explique:

“Comme vous et bien d'autres, je suis étonné  de constater ce changement qui a dû se faire tranquillement, presque à l'insu et à l'indifférence de beaucoup. C'est vrai que jusque dans les années 1980, il était convenu de dire  encore du temps du curé Bichler: l'église de Guiderkirch, paroisse de Guiderkirch-Erching et commune d'Erching.

Progressivement on prit l'habitude de dire : paroisse d'Erching, église d'Erching, expression sacralisée par le curé Francis Mazerand, qui  ignorant le passé et s'appuyant à juste titre sur sa lettre de nomination reçue de l'évêché, qui le nommait desservant de la paroisse d'Erching, refusait de parler de l'église de Guiderkirch, pour lui, Guiderkirch n'étant qu'un petit lieu-dit. Cela se comprend quand on regarde la commune aujourd'hui. Elle  est devenue un tout, qui officiellement s'appelle: commune d'Erching. Les responsables civils et religieux d'aujourd'hui ne peuvent pas imaginer ce que fut la commune jadis. C'était vraiment deux villages bien séparés. Le chemin qui menait de Guiderkirch à Erching, le "Kircheweg", totalement inhabité à l'époque,  séparait bien les deux villages. Erching ayant un nombre d'habitants légèrement supérieur à celui de Guiderkirch. Ce qui n'est plus le cas aujourd'hui. L'annuaire diocésain cite la paroisse d'Erching tout en précisant que l'Eglise est à Guiderkirch. Ces distinctions ne sont plus de mises aujourd'hui, depuis que les différentes. paroisses forment une communauté nouvelle: celle de Saint-Jean-Marie Vianney de Volmunster.“


Joseph Antoine Sprunck


Biographie:

- Document remis par Eugène Heiser

- Fondation du patrimoine

 

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