1.Caractéristiques géomorphologiques
La Schwalb est une petite rivière du Pays de Bitche s'écoulant du sud vers le nord sur un parcours de 25,6 km avant sa confluence avec la Horn à Hornbach (Rhénanie - Palatinat).
Elle prend sa source à Lemberg, vers 370 m d'altitude.
Son cours supérieur est jalonné de nombreuses retenues dont la plus connue est l'étang de la Loescherbach site d'un ancien moulin.
Elle traverse Lambach, puis Siersthal où elle reçoit à
Schwangerbach son plus important affluent, la Schwangerbach en provenance de Reyersviller (26,5 km de la source du Schwangerbach à la confluence à Hornbach. )
Coupée par la route nationale 62 à Fromuhl, elle
longe Holbach, annexe de Siersthal, puis serpente vers le Nord, arrosant Weiskirch et Volmunster.
A partir du Moulin de Loutzviller, elle forme frontière
avec la Sarre puis la Rhénanie Palatinat avant de quitter définitivement la France 1,9 km avant sa confluence.
Le bassin versant, d'une superficie totale de 108 km2
est relativement étiré. Les affluents, hormis le Schwangerbach, sont d'importance limitée et n'apportent en étiage que des débits faibles.
Ce bassin se subdivise en deux zones nettement
contrastées :
- en amont, le secteur forestier où le plateau argilo-
gréseux est coupé de profonds vallons aux pentes fortes, le grès vosgien et le conglomérat principal y affleurant ;
- en aval, le secteur agricole où les terrains argilo-
calcaires du Muschelkalk inférieur dominent. Les grès à Voltzia, plus argileux que les grès vosgiens affluent en fond de vallée.
2. Hydraulicité
En l’absence de station de jaugeage permanente, les données estimées ont approximatives.
On note qu'en année moyenne de pluviométrie 830 mm/an; la part globalement ruissellée est de l'ordre de 35,3 % pour l'ensemble du bassin, taux augmentant en tête de bassin
(42,2 % à la confluence du Korbach). Le restant s'est évaporé ou s'infiltre dans la nappe.
Le niveau des étiages est relativement faible comparé à celui d'autres cours d'eau du Pays de Bitche. Les valeurs sont de l'ordre de 2 à 2,5 l/s/km2 pour la moyenne d'étiage mensuel quinquennal F1/5, contre le double pour la Zinzel du Nord.
Les crues sont surtout sensibles à partir de Weiskirch,
dans la partie aval du bassin ; la valeur centennale est estimée à 30 m3/s, la décennale à 15 m3/s à la confluence (SOCOSE): La méthode Socose est un modèle hydrologique français créé en 1980 pour estimer les crues décennales sur les petits bassins versants ruraux. Synthèse nationale sur les crues des petits bassins versants.
Les nombreux étangs du secteur, ainsi que les fonds de
vallée mal entretenus (aval de Reyersviller, amont de Urbach) constituent des bassins de laminage des crues, souvent du fait de l'existence de seuils ou d’ouvrages sous dimensionnés (Pont d’Urbach)
3. Qualité de l'eau
L'objectif de qualité est 1B - qualité bonne. Cet
objectif n'est pas atteint, sauf sur la partie moyenne du cours, entre Rothmuhle et Weiskirch.
A l'amont, l'impact de Lemberg (1 600 hab.) sur la
source est important : rejet d'une station d'épuration vieillissante et sous-dimensionnée, présence d'effluents acides de taille du cristal dans les réseaux.
Si l'apport d'eaux pures en provenance de vallons
latéraux améliore la situation à l'aval de la Loescherbach la situation se dégrade à nouveau à Lambach et Siersthal où un programme d'assainissement est en cours, mais pour l'instant sans épuration.
L'autoépuration joue son rôle très favorable entre
Fromuehl et Weiskirch la Schwalb retrouvant son objectif de qualité, puis dégradation à partir de Weiskirch, et surtout de Volmunster, avec augmentation de la charge organique, la rivière ne présentant plus qu'une qualité passable.
4. Usages de l'eau
La Schwalb est une rivière qui fut très aménagée dans
le passé malgré des débits et des hauteurs de chutes réduits.
14 sites de moulins jalonnent le cours d'eau :
moulin | commune | Archives | |
1. LOECHERSBACH | LAMBACH | 1852-1868 | |
2. LAMBACH | LAMBACH | 1885-1895 | |
3. SIERSTHAL | SIERSTHAL | 1848-1852 | |
4. FROHMUEHLE | SIERSTHAL | 1848 -1852 | |
5. ROTHMUEHLE | SIERSTHAL | 1848-1852 | |
6. NEUMUEHLE | HOTTVILLER | 1831-1915 | |
7. URBACH | EPPING | 1867-1868 | |
8. WEISKIRCH | VOLMUNSTER | 1859-1868 | |
9. OLIGMUEHLE | VOLMUNSTER | 1886 -1917 |
10. UNTER-VOLMUNSTER (ARNET ) | VOLMUNSTER | 1885-1908 | |
11. ESCHVILLER | VOLMUNSTER | 1849-1982 | |
12. LOUTZVILLER | LOUTZVILLER | à rechercher | |
13. BLUMENAUER | BRENSCHELBACH | 1849 | |
14. SCHWEYEN | SCHWEYEN | 1906 |
15. Brenschelbach (Allemagne)
16. Hornbach (Allemagne)
Citons encore les moulins de Fabingsmuhle ,
Reyersviller et Schwangerbach sur le Schwangerbach, le moulin
d'Epping et Kleinmuhle sur la Bierbach à Bettviller,
le moulin de Wustmuhle sur le Nesselbach à Volmunster, le moulin d’Ormersviller sur la Trubach
Soit pas moins de 23 moulins, la plupart en activité au
début du 20 siècle.
Moulin Arnet
Aujourd'hui, le moulin inférieur de Volmunster moud
toujours le grain,
et celui d’Eschviller a été restauré et abrite le Centre des Techniques Rurales et deux musées; le moulin avec sa roue à eau Poncelet et la scierie.
L'irrigation des prairies, au moyen de systèmes de
vannes, de canaux latéraux et de rigoles transversales
pratiquée autrefois sur certains secteurs, est aujourd'hui complètement tombée en désuétude.
La pêche de loisirs est encore activement pratiquée ;
des associations de pêche assurent un minimum d'entretien, notamment sur la partie aval du cours d’eau.
5. Problèmes rencontrés
Ce sont, dans l'ensemble, les mêmes que sur les autres
rivières du Pays de Bitche:
- qualité de l'eau : situation non dramatique, mais des
améliorations sont à apporter en engageant des programmes d'assainissement et surtout d'épuration des eaux usées des villages;
- manque d'entretien : la rivière est un cours d'eau
non domanial, dont le lit appartient aux riverains qui doivent en effectuer le curage soit eux-mêmes, soit par le biais
d'associations syndicales. Le SYNDICAT FLUVIAL DE LA SCHWALB, au sommeil depuis plusieurs années, devrait être remplacé par un syndicat intercommunal, structure plus souple qui prendra à sa charge travaux de réhabilitation et d'entretien courant, de manière à lutter contre l'érosion des berges, la dégradation des seuils, et procéder à l'enlèvement des embâcles et de la végétation surabondante :
- au-delà des abords immédiats, qu'il convient de
rendre plus accessibles, extension des friches herbacées ou arbustives sur toute la vallée aux dépens d'anciennes prairies de fauche.
Si des sites intéressants pour la flore ou la faune,
La roselière abrite de très nombreux oiseaux
comme la roselière entre Eschviller et Schweyen doivent être préservés en l'état, il convient d'encourager des opérations de restauration de prairies, comme l'entreprend actuellement la commune de Volmunster autour du moulin d’Eschviller.
- prolifération des étangs, notamment sur le haut cours
de la Schwalb et du Schwangerbach. Pertes de débit par évaporation, réchauffement de l'eau, interruption des migrations de salmonidés vers les zones de fraie, modification du peuplement piscicole théorique de 1ère catégorie, relargages de matières organiques lors des vidanges et à l'automne rendent leur impact globalement négatif.
Publié le 23 septembre 2026 par Joseph Antoine Sprunck
Sources: DDA et JAS
Photos :JA.S.