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Les villages en -viller

Ormersviller                                                          Photo JAS

A Ormersviller, il y avait deux villas gallo-romaines au lieux-dits Nassenwald, et au Heidenbrunne (à côté d'une source artésienne). De plus dans rue de la chapelle il y avait un lieu de pèlerinage dédié à Hercule
 

Ces découvertes appellent deux remarques, d'une part sur la durée de l'occupation gallo-romaine des lieux, du Il ème au IVème siècle au minimum et d'autre part sur ce nom de Carant (ivs) qui pourrait aussi être Carant (us) signalé par Forrer 3 comme le nom gaulois d'un potier de l'officine de Heiligenberg dans la vallée de la Bruche; d'autant plus qu'un autre Carantus a été signalé à Sion (Meurthe & Moselle) et une Carunta au camp celtique de la Bure à St Dié (Vosges) sur une stèle funéraire portant l'inscription " DM Caranta Conditi filia"," Aux dieux mânes de Caranta fille de Conditus "  

Ces découvertes concourent à confirmer qu'une bonne partie de la population médiomatique, au moins dans les campagnes, tout en s'étant adaptée à la civilisation romaine dans ce qu'elle avait de matériel, mais étant d'origine gauloise, avait conservé ses racines celtiques.


Les deux noms de villages suivants : Nousseviller et Reyersviller, se sont également révélés positifs.

Si à Nousseviller à ce jour un seul site a été détecté comportant des débris de terre cuite, restes de ce qui aurait pu être un four (potier ou tuilier ?), en revanche à Reyersviller trois sites situés en forêt de Lemberg ont été découverts dont un comportant un hypocauste et un autre un sanctuaire, comme en témoignent les éléments de sculpture que nous y avons trouvés: à savoir deux fragments de membres humains dont un chaussé d'une bottine, d'autre part la partie supérieure d'une face humaine avec les yeux, le sommet du nez et le front surmonté en partie d'une chevelure bouclée du plus bel effet, enfin une tête de sanglier dont il manque la partie inférieure, celle où figurait sans doute la main du dieu Vosegus comme sur celle d'Uttenhoffen, du musée de Niederbronn, dieu Vosegus ignoré du Panthéon gréco-romain, dont le culte semblait localisé à la partie Nord-Est de la Gaule chez les Trévires, les Triboques et les Médiomatriques.


Si notre étude se bornait à ces quatre villages la cause semblerait entendue, hélas il n'en est pas de même pour les quatre suivants. Les bans de Bousseviller, Hanviller, Roppeviller et Loutzviller se sont révélés stériles. Certes trois d'entre eux sont situés dans le pays boisé au relief plus accentué, qui d'une part est moins propice à la culture donc à l'implantation de villas rustiques et qui d'autre part rend la prospection plus difficile et les découvertes plus aléatoires. On notera cependant qu'en ce qui concerne Roppeviller, à défaut de villa gallo-romaine, le bas relief du " Dianasbild " ainsi qu'un dépôt monétaire découvert en 1846 à proximité, montrent que les Romains n'étaient pas totalement absents.

Le cas de Loutzviller est différent, il est situé en pays ouvert et les bans des villages qui l'entourent :

Schweyen, Breidenbach, et Eschviller ( villas n° 15 et 102), se sont révélés positifs. L'absence à ce jour de site gallo-romain doit-elle être attribuée à la petitesse du ban, à une prospection trop succincte, trop épisodique, peut-être une villa gît-elle sous le village ? La question reste posée d'autant qu'il y a trois ou quatre ans, j'avais trouvé un fragment de tegula dans un remblai d'ornière de chemin forestier, mais je n'ai pu en déterminer la provenance.


Les lieux-dits en « -viller"


Par ailleurs il faut noter qu'à côté des villages à terminaison 

"-viller" il existe des lieux-dits possédant cette désinence et qui se sont révélés souvent particulièrement intéressants. A Epping existe un "Lutzwiller" où dans les taupinières ont été trouvés du tuileau et un fragment de poterie sigillée, de même qu'à Enchenberg au lieu-dit Efviller ainsi qu'à la Frohmühl aux environs du bois de Derviller, deux sites ont été repérés. Quant au pré d'Anviller près d'Obergailbach, c'est une nébuleuse de quatre villas gallo-romaines qu'il recèle. Sans oublier à Schweyen, le lieu-dit Berweiler, où René Buchheit ramassa une monnaie de Constantin le Grand, gisant parmi des morceaux de tuiles romaines.

Si on consulte une carte, on voit que les cinq sites cités sont situés dans le pays ouvert, mais dès que l'on aborde le pays boisé, sans doute pour les raisons exposées plus haut, à la côte de Woustviller près de l'Ochsenmühle, comme à Prunkweiler à Schorbach, nous n'avons pas trouvé trace de site gallo-romain.


A.Goret

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